01.01.2012

Petite Détente

continue a être réédité ... faut suivre les liens dans l'Univers.

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21.01.2011

On retrouve les textes de Petite Détente

aux archives, au fur et à mesure qu'ils seront réédités ( prévisions 2011-2012 ).

 

09:48 Écrit par Provisoirement personne | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note |  Facebook |

21.01.2009

Fermeture

decoration

 

Aux dernières nouvelles, ce blog se poursuit aux travers des élucubrations quotidiennes xianesque chez : http://xianhenri.be

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15.01.2009

Tintin

 

Tintin - A very European hero (The Economist)

 

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A Tintin blockbuster is on the way. Baffled Americans hoping to understand him should look at him through the prism of post-war Europe ...

Les derniers secrets de Tintin (Le Monde)

 

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(...) Hergé (...) était lui-même tous les personnages à la fois. Et même, de préférence, plutôt tous les autres personnages que Tintin. Exemples : le capitaine quand il est en colère, Tournesol quand il est dans la lune, ou les Dupont quand ils se trompent, et Milou quand il a envie d'être malicieux ou de jouer des tours. ...

Tintin s'explique (L'Express)

 

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En décembre 1978, à la veille de fêter le cinquantenaire de la création de Tintin, Hergé se livrait, avec brio, pour Lire, à un exercice de ventriloquie quasi schizophrénique : faire parler son personnage. À sa place ...

Of course Tintin's gay. Ask Snowy (Times Online)

 

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His adventures have sold more than 200 million copies and been translated into 50 languages, and this weekend he celebrates his 80th birthday. But how well do we really know Tintin? One thing's for certain... ...

 

Tout le monde en parle, je dirai donc quelques mots aussi, mais faut me laisser le temps de me réveiller, je vais écrire quelque chose là-bas : http://liensutiles.forumactif.com/rue-du-labrador-herge-t...

 

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16.12.2008

Bonjour

Joyeux noel et merveilleux début d'année

Henri et ses amies vous remercient d'être venus les lire et regarder cette année encore.

Henri et les siens seront absents jusqu'au 15 janvier 2009.

Le site http://xianhenri.be reste accessible.

A bientôt pour une nouvelle vraie bonne année !

06:16 Écrit par Provisoirement personne dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

10.06.2008

ailleurs

Blogonaize

 

Le saviez-vous, les billets des amis se lisent aussi ici, en bas dans la colonne de droite, n’hésitez pas à cliquer sur http://www.xianhenri.be/action/blogs.php?lng=fr

 

Il trépigne avant de trépasser

Mister Hyde, enfin, presque

Prof

 

Et aussi d’autres dernières nouvelles : http://www.xianhenri.be/action/news.php?lng=fr

En bas dans la colonne de droite en cliquant sur

Le carnet d'Isa

• Crayon noir

Henri

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21.03.2008

Bientôt

les textes de Petite Détente en pdf ...

 

Joyeuses Pâques.

Xian

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02.12.2007

Héros hergéen

 Envie de vous exprimer à propos de Tintin, en dehors des sentiers battus ?  

Venez le dire là :

 

http://redacchef.xianhenri.be/

 

Ou là :

 http://liensutiles.forumactif.com/rue-du-labrador-herge-tintin-f89/ 

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29.11.2007

Chouette et après on lit une bd

News ...

quotidienne ...

avec  un bon café

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14.11.2007

Sans sucre

News ...

quotidienne ...

Xian sais faire un bon café

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12.11.2007

Réédition

Sans titre - 2 (WinCE)

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09.11.2007

Liens BD

 

De la bande dessinée comme un des beaux-arts, cela se discute à plusieurs endroits, Chez « Petite détente » en cliquant sur les petits carrés rouges et à divers endroits fréquentés par Xian, distingués forums ou http://redacchef.xianhenri.be/

 

 

07:40 Écrit par Provisoirement personne dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

03.11.2007

 

 

Ainsi donc, à l’instar des fils d’Ariane henriesques, la Bd de Xian et des autres s’inscrit dans le mouvement perpétuel de Xian & Henri.

On peut voir le mouvement quotidien en cliquant sur les petits carrés rouges qui s’affichent chez http://petitedetente.skynetblogs.be/ à gauche en entrant et lire des notes concernant Tintin et les autres chez http://redacchef.xianhenri.be/.

 

Et un lien particulier au 24heures ... http://www.24hdelabandedessinee.com/sommaire.php

 

 

Il se passe tous les jours quelque chose chez eux : Le monde surprenant de Xian et Henri

Retour accueil feuilleton

Retour accueil Xian

 

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11.10.2007

Sacré Tintin !

Le belge de plus en plus étonné de  vivre au pays des cons ...

[ La justice et Tintin contraignent la RTBF au silence. ] - [ A.Cide @ 08:10:39 ] - Actualité
Bruxelles - A la demande de la société Moulinsart, société de gestion de l'héritage d'Hergé, la justice a délivré une ordonnance interdisant la diffusion de certains passages du reportage sur le monde de Tintin, réalisé dans le cadre de l'émission "Questions à la Une" sur la chaîne de télévision belge RTBF. Celle-ci a décidé de ne pas diffuser le reportage et d'introduire des recours. Le tribunal de première instance de Bruxelles a délivré mercredi une ordonnance interdisant la diffusion de certains passages du reportage "Tintin a-t-il vendu son âme au diable? " jusqu'à ce qu'un juge se soit prononcé sur le fond de l'affaire. En cause, une caméra cachée et la communication d'un échange de courriels. La caméra cachée mettait en évidence une liste noire de spécialistes d'Hergé que la société Moulinsart ne désirait pas voir apparaître dans le reportage. Bien que seuls certains passages aient été interdits de diffusion, la RTBF a décidé de ne pas diffuser le reportage sur Tintin et compte introduire les recours nécessaires pour permettre à ses téléspectateurs de voir cette émission dans son intégralité. Seul le deuxième reportage de l'émission "Questions à la Une", à savoir "Michaël Moore est-il un manipulateur? ", sera donc diffusé. De ce fait, les émissions suivantes de la télévision publique débuteront avec une demi-heure d'avance. (D'après FLO/ Belga)
 et le merveilleux dessin de notre ami acidulé :dyn004_original_557_822_jpeg_2505418_4a3a83222654ee882efa10eeef9e8a15
 
 

09:47 Écrit par Provisoirement personne dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tintin, moulinsart, gogos, justice |  Facebook |

08.10.2007

BD ...

ici dans la marge de gauche ...

et

chez Xian, dans Histoires ...

07:48 Écrit par Provisoirement personne dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

07.08.2007

Tintin au Congo

Au royaume des imbéciles, les idiots sont souverains ...

 

(Belga) Une information judiciaire a été ouverte au parquet de Bruxelles concernant la célèbre BD d'Hergé "Tintin au Congo" après le dépôt d'une plainte par un étudiant congolais qui estime que cet album "constitue une insulte pour tous les Congolais", rapporte mardi De Morgen.

Mbutu Mondondo Bienvenu a déposé plainte auprès du tribunal de première instance de Bruxelles contre Moulinsart, qui administre les droits sur l'oeuvre d'Hergé. Personne n'a pu être joint au parquet de Bruxelles pour commenter l'information mais une lettre du procureur du Roi adressée à Mondondo Bienvenu semble indiquer qu'une information a été ouverte pour vérifier si la plainte peut être déclarée recevable. Chez Moulinsart, on n'était pas encore au courant du dépôt de la plainte mais on indique que l'album doit être considéré "dans son contexte". Le Centre pour l'Egalité des Chances et la Lutte contre le Racisme met quant à lui en garde contre une attitude "hyper politiquement correcte".

07:42 Écrit par Provisoirement personne dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note |  Facebook |

10.05.2007

Communiqué ...

 

 

10.05.2007


COMMUNIQUE
...
We spelen weer een spelletje: op dinsdag 15 mei om 18u20 geven we 2 opblaasbare raketten van Kuifje (170 cm hoog!) weg. Zoals u kunt zien op de foto hieronder zijn ze maar net iets kleiner dan het type dat ze naar de maan schieten.

En zeg niet zomaar Kuifje-raket tegen dit hebbeding! Een greep uit de mogelijke gebruiksopportuniteiten:

  • dagelijks een Kuifje-raket met de mond opblazen is goed voor het opvoeren van uw longvolume en meteen ook voor uw conditie.
  • vroeger vulden de mensen zo'n Kuifje-raket met lucht. Nadeel is dan dat je ze regelmatig moet bijblazen, want anders zinkt ze langzaam maar zeker een beetje scheef. Daarom is het beter de Kuifje-raket te vullen met geëxpandeerd polystyreen oftewel in de volksmond piepschuim.
  • een Kuifje-raket kan uw leven redden: neem ze ALTIJD mee in een woelige zee wanneer u gaat surfen/zwemmen/varen.
  • uiteraard is een Kuifje-raket een exclusiviteit waar menigeen jaloers op zal zijn. Daarom raden wij u aan dit zeker te signaleren aan uw verzekeraar. Beter is echter deze raket te vullen met water of - indien u absoluut zeker wil zijn - met vloeibare beton. Wanneer deze na verloop van tijd uitgedroogd is, dan gaan ze niet direct lopen met dit meubel. Vergewis u vooraf wel van de plaats waar u deze raket wil tentoonstellen in uw living.
    Opgelet: wanneer de Kuifje-raket gevuld is met beton, mag u deze NIET, wij herhalen NIET, meenemen in zee!
  • ....

Voor het spel is geen kennis vereist. Gewoon een portie geluk meebrengen is de boodschap. Afkomen is al voldoende want deze keer is het een heuse tombola!
No stress... joepiejey!


e-mail: rik@depoort.com

Tel: +32 (0)9 225 31 28

Website: http://www.depoort.com

 

Image1 (Custom)

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29.12.2006

Lettres de mer

 

 

 

 

 

 

 

 

Xian

 

 

 

 

 

 

Lettres de mer

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

Textes et dessins originaux disparus ou conservés par des personnes aujourd’hui inconnues.

 

Les textes actuels sont une reprise de mémoire, basés sur des textes et dessins écrits entre 1959 et 1961 par Xian publiés sous forme d’un recueil de lettres de 365 pages dactylographiées en fin 1962.

(Reprise de réécriture 1991 pour Eau de Cologne, 1993-1994 pour Lumière d’Azur, 1995-96 pour Sweet Sixteen).

 

 

 

 

 

 

 

Copyright by Xian 1962. 1991. 1994. 1996. Autorisation de reproduction en 2000 sous mention :

Ne nous prenons pas la tête : copier un de mes "zécrits" relève d’une admiration sans borne envers moi, que j’accepte.


 

 

 

 

            Charles a rencontré un jour Domi, un jour Jenny, un jour Natacha, un jour Colombe et Claudine est arrivée, sans cache-col, blonde malicieuse.

 

            D’abord Claudine avec un ° sur le i et des noms de garçons écrits sur une latte d'écolière.
En ces temps-là les combinaisons n’ont pas encore tout à fait disparu. La robe enlevée, le mystère reste, qui est construit d'ombres et de voiles, combinaisons, jupons, chemises, la quête du Graal, la recherche du trésor n’en est qu’à sa première étape, mais le trésor est-il sous ce qui reste encore, soutien-gorge, culotte. Le mystère du soutien-gorge et de son attache sur la septième vertèbre, les regards détournés, les seins qui pigeonnent et d'autres qui s’épanouissent depuis les épaules, et le bout ?

 

 

            Alors, la belle s’inquiète, elle oublie qu’elle est la plus belle puisque désirée et la voilà naïve, perturbée,
            — Miroir, suis-je la plus belle ?
note Réflexion

 

 

 

 

 

 

1. Eau de Cologne.

2. Lumière d’Azur.

3. Sixteen.

 

 

 

 

 

 

Les textes et images ci-après sont des reprises de mémoire de parcelles de textes et dessins d’époque.

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Eau de Cologne

 


Claude

 

 

 

 

Eau de Cologne

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

26 décembre.

 

 

 

De passage à Brème.

 

 

 

Meilleures amitiés.

 


 Le 27 décembre.

 

Ma chère Claude,

 

Je suis bien heureux de t’avoir rencontrée et c’est tout plaisir pour moi de t’écrire. J’ai passé une très bonne soirée d’avant-Noël en ta compagnie et celle de tes parents. Tu les remercieras encore pour moi, mille fois.

Ce petit restaurant populaire était vraiment charmant, le repas fut agréable et la conversation pas trop banale; lorsque nos pieds se sont cherchés, évités, collisionnés, j’ai aimé ton sourire de connivence et bien que je sois piètre danseur danse, j’espère ne t’avoir pas trop déçue en te faisant valser dans tous les sens sur tes talons hauts. Un peu trop hauts ? Un peu trop hauts pour tes quatorze ans.

 

Trois bouteilles couchées, d’accord, il aurait fallu boire un peu moins mais cela dissipe la tristesse. Tristesse ? Mais oui, se quitter, c’est mourir un peu.

 

Nous avons pris la mer pour nous rendre d’abord à Brème puis à Hambourg. De Brème, je t’ai envoyé une jolie carte postale avec l’âne, le chien et le coq. Il y faisait très froid. L’hiver s’est abattu soudainement. A Hambourg, il ne fait pas plus chaud. Les nuits de décembre par ici sont drapées de brouillards, les arbres n’ont plus de sens tout déshabillés qu’ils ont été par les derniers grands vents de novembre. Lorsque j’ai pris le quart, la respiration et la transpiration gelaient sur les poils du duffel-coat.

 

Vivement le golfe du Mexique et les petites Créoles brunes qui réchauffent.

 

Sincères amitiés.

 


 Le 28 décembre,

 

Très Chère Claude,

 

Le calendrier des postes, affiché sur la paroi de la cabine se sent mourir comme la saison, comme l’année. L’image représente une belle jeune fille, elle te ressemble un peu, avec des dents saines et blanches, des gencives naturellement rouges, on imagine une haleine fraîche, bonjour Colgate et pourtant la belle demoiselle Wenny propose de faire un voyage dans le traîneau du père Noël et de distribuer dans les cheminées de belles bouteilles de Coca-Cola.

J’espère que tu te portes bien et que tu vas passer une bonne fête de Saint Sylvestre. Que vas-tu faire au juste ?

J’essaye maintenant d’imaginer comment tu vis et comment cela se passe dans des familles comme la tienne, chez nous tu vois, la Saint Sylvestre ce n’était pas vraiment quelque chose d’important, au mieux j’ai passé l’une ou l’autre de ces journées ou plutôt soirée avec des amis de promotion ou des anciens de l’école, des soirées très estudiantines et célibataires, tu vois ?

 

Allez-vous sortir, ne m’avais-tu pas parlé de cinéma ou même de Cinérama, c’est vrai qu’il y a maintenant une belle grande salle derrière la cathédrale.

 

Je te fais la bise depuis le pont supérieur en regardant venir Clem, Clem c’est le second.

Salut,

 

A bientôt ...

 


 

Hambourg, 29 décembre

 

Ma bien chère Claude,

 

Je suis assis, mes doigts guitarent sur le banjo désaccordé de Négrolli, un de mes compagnons de cabine. Non que je sache faire de la musique, mais ça les réchauffe un peu, il gèle à pierre fendre, ici. Et puis, j’essaye de rejouer les airs qui nous ont entraînés lorsque nous avons dansé. J’aimais bien les slows et sentir ton coeur, un seul, battre très fort, et tes seins, deux... seins

Nos corps se sont tout de suite accordés au premier pas, moment de complicité émouvant durant lequel deux épidermes se trouvent des points communs, se reconnaissent comme prédestinés à l’autre, alchimie moderne et séculaire d’un moment précieux qui ne doit pas se produire un grand nombre de fois dans la vie d’un homme.

Cela se passe dans la rue ou sur un quai de gare, une tante par-ci, une évadée de tramway par là, enfin, je me comprends et c’est l’essentiel, n’est-ce pas ? Elle va par là et vous par ici, un regard, une silhouette qui vogue au sud, et vous allez vers le nord, elle descend, vous montez, c’est le long chemin d’une poursuite en ludion jusqu’aux abords de la forêt, ainsi naissent des regrets durables qui trouvent récompense un soir dans un restaurant de quartier ou le juke-box fonctionne gentiment et où il est coutume de faire un pas de danse, ce soir-là avec une mignonne cavalière qui me répondra...

Tu m’écriras, dis, bien que la plume soit lourde disais-tu...

 

Je te salue, remets mon bonjour à tes parents,

A bientôt.


 

Hambourg, le 30 décembre.

 

Claudette,

 

L’hiver n’en finit pas d’hiverner mais au fait c’est notre calendrier qui est détraqué, on croit toujours que l’hiver s’arrête avec l’année alors qu’il ne fait que commencer. Ils avaient raisons ces Romains qui mettaient le début de l’année au premier avril.

 

C’est dommage que je n’aie pas une photographie de toi, nous n’avons pas eu le temps d’y penser.

 

Alors donc demain est le dernier jour de l’année et je suppose que tu vas accompagner ta maman au Kaufhaus où vous achèterez de nombreux cadeaux. Allez-vous rendre des visites à la famille la semaine prochaine ?

Quel jour reprends-tu les cours ? J’aurais aimé être près de toi sur le banc comme cette seule et unique fois du jour de notre première rencontre.

 

J’aurais voulu aller à Saint Pauli, il paraît que c’est dément, il y a même des combats de catch de filles dans la boue, j’aurais voulu voir ça ! mais il paraît que je suis de service plus qu’à mon tour, je me demande qui a fait les tableaux ?

 

Bons baisers de Hambourg,

 

 


 

Hambourg, nuit de la Saint Sylvestre.

 

Énorme bise au douzième coup de minuit, bonjour Claude,

 

Je vais descendre trois minutes boire le traditionnel champagne au carré, puis je reprendrai ma place pour quatre heures à la passerelle mais il ne se passera rien qui mérite d’être raconté alors je penserai à toi, je rêverai de toi.

Et puis on ne dormira pas, profitant de la marée, à cent vingt-cinq tours d’arbre moteur, on quittera ce port un peu sinistre dans la fin de nuit pour entreprendre la traversée. Peut-être stopperons-nous machines à Southampton, mais ce n’est pas sûr. Le vieux n’a pas précisé la route après le passage de la Baltique à la mer du Nord.

 

Les copains sont allés à l’Erotic, c’était sinnlich, schamlos, sündig. A part cela, Hambourg a autant souffert de la guerre que Cologne, sinon plus. En 42, les bombardements incendiaires ont ravagé les trois quarts de la ville.

 

Demain, nous passerons devant les docks célèbres pour avoir construit tant de U-booten, Blohm & Voss et surtout le Deutscherwerft puis nous longerons les soixante-neuf kilomètres de port qui nous séparent de la mer.

Tout mouillé gelé, raidi, raide

 

 

Bonne année Clo-clo.

Je t’embrasse des millions de fois.

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Face au Danemark, début janvier.

 

Clo,

 

Dans cette correspondance très en dehors de la norme, le régal est que la réponse ne viendra que bien plus tard et que je ne t’écris pas pour être lu demain, et que je t’écris sans savoir même si tu me répondras, pas même si tu me liras. Et si toutes ces pages allaient directement au panier ? Il y en a qui en sont bien capables.

 

J’espère que tu vas bien, très bien, heureuse et dynamique en cette fin d’année un peu froide. Remets mon bonjour à tes parents.

 

 

 

Bisous. Gros Bisous.


Mer du Nord, plein hiver.

 

 

 

 

 

 

 

 

Petit poussin,

 

Bon, ben j’ai un rhume, c’était à prévoir, je disais donc : je n’écris pas pour être lu demain mais pour sourire à une image jolie restée au fond de mon coeur.

 

Attention, j’éternue ! Non, ne m’embrasse pas tu risquerais de prendre tous mes petits microbes.

A l’instar de Devos j’ose dire que la mer est démontée et cela n’arrange pas ma santé, je crois bien que j’ai le mal de mer à moins que ce ne soit que le mal de voyage.

 

Quel temps fait-il à terre, comment se porte le Rhin, es-tu rentrée en classe, les manoeuvres prévues se sont-elles déroulées, es-tu allée au cinéma, quelle robe portes-tu ce matin, comment va ta santé ?

Au revoir et toutes ces sortes de choses que l’on dit à ce moment-là.

 

Vaya con Dios


Manche sous les glaces, des icebergs ?

De gros glaçons en tous cas ...

Bonjour amie très tendre,

 

Je ne trouve pas de papier convenable et je ne peux quitter la passerelle, je t’écris donc sur une page déchirée du cahier que le radio a laissé traîner.

Comme je le disais, j’écris pour rêver et me forcer à sourire à mon petit fantôme d’amour.

 

Que fais-tu ce matin ? Et peut-être te poses-tu la même question à mon propos. Pour nous, pour moi, c’est tout simple. Je suis de quart avec le second, et je sais que personne n’y comprend rien parce que nous marins, nous ne parlons jamais comme les autres, le premier est capitaine mais le commandant l’est aussi et ainsi de suite, le quart donc, douze quatre cela veut dire que je travaille chaque jour de minuit à quatre heures et de midi à quatre heures.

Je dors le matin de quatre à huit et le soir de huit à douze.

Le matin, je déjeune le plus souvent d’un oeuf qu’accompagnent tomate et lard. De la confiture et du pain aussi. Le midi tout est excellent et le soir pareil. Le steward est très aimable et nous sert comme des rois.  Quand je ne dors ni ne travaille ni ne mange, je lis, j’étudie, je joue aux cartes, je pense à toi. Et si je te place en bout de liste c’est pour mieux te savourer mon enfant.

 

Je t’embrasse sur les deux joues.

Le grand méchant loup,

celui qui dévore et le pot de beurre et la grand-mère et le chaperon rouge.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

7 janvier            Atlantique nord.

 

 

Mais non, bien sûr le gros glaçon ce n’est pas toi ni gros ni glaçon, bêta,

Brr qu’il fait froid, je frissonne, viens donc me réchauffer très chère petite Claude.

 

Je rosis tes joues de mille baisers. Je fourrage dans tes cheveux et détruis la belle ordonnance de la coiffure. Cheveux ?

Tiens, envoie-moi donc une petite mèche. En voici une de moi qui te portera bonheur.

 

Bonne nuit petite Claude, ici les étoiles montent au ciel.

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

8 janvier            Atlantique nord

Poussin chéri,

 

Cette sorte de rage à t’écrire me rappelle mes chères études littéraires et le très beau et très ennuyeux livre de Monsieur je ne sais plus son nom, qui nous avait donné les liaisons dangereuses, heureusement je ne suis pas Valmont et tu n’as rien d’une petite dinde.

Le temps est exécrable, il neige, il gèle, il vente, s’il fait pareil chez toi, couvre-toi donc bien.

 

Je t’embrasse.

 


15 janvier.

Ma Chère Claude,

Quelle formidable arrivée à Fort Lauderdale, je veux dire : dès que le vaguemestre a pu monter à bord. Je ne m’attendais pas vraiment à recevoir une jolie lettre de ta part puisque lorsque je t’avais donné les adresses courrier du voyage, tu m’avais laissé entendre que tu avais la plume plutôt poussive.

Aussi donc, merci mille fois pour ta très gentille lettre, quel réconfort pour moi après presque trois semaines maintenant.

Je n’ai pas encore rencontré les créoles en question, n’est-ce pas ici une petite pointe de jalousie qui montre ici sournoisement le bout de son nez ?

Que tu veuilles te peindre en brun foncé pour ressembler à ces petites demoiselles d’ici m’emplit de joie. Mais alors, comment ferais-je pour écrire sur ce support divin, te rappelles-tu cet exposé que nous avons suivi ensemble, cette conférence d’exploration du monde qui nous vit nous voir l’un et l’autre pour la première fois et au cours duquel il avait fallu que je prenne quelques notes... Je n’avais pas de papier, seulement un de ces modernes stylos - billes et toi à côté de moi qui m’as laissé faire lorsque d’un mouvement audacieux et incontrôlé j’ai relevé un peu ta jupe sur ta cuisse gauche pour noter deux ou trois mots. Tu n’avais pas osé bouger et pas non plus dit un seul mot. Mon geste ... je ne sais pas ce que ce geste a bien pu provoquer en toi. Si tu es tout brune tu dois être très belle pollution dans ce nouveau maillot que ta maman t’a offert, me dis-tu pour les prochaines vacances que vous prendrez, crois-tu, à Monaco. Mais les vacances d’été sont encore loin et d’ici là, sauf ouragan monstrueux ou torpille de la vieille guerre passée, je serai revenu passer une semaine ou deux dans le quartier.

A demain bien sûr.


Du 16 janvier à Fort Lauderdale, Fla.

Bonjour Claude,

 

Mes souvenirs renaissants d’hier m’ont réchauffé le coeur et le corps. C’est vrai que nous ne nous sommes, en définitive pas beaucoup vu avant mon départ. Cette fois magnifique où c’était toi qui occupais mon écran plutôt que le brave professeur explorateur qui parlait - de quoi parlait-il au juste ?

Et puis une deuxième belle rencontre près du terrain de tennis, dans ce joli petit parc où les tilleuls avaient déjà perdu leurs feuilles où cependant encore le soir des couples silencieux venaient s’asseoir si le temps le permet.

Comment es-tu dans le soleil naissant de ce petit matin ? Tu voulais savoir ce que je pense de toi, eh bien, je pense que maintenant tu en sais un bout. As-tu reçu toutes mes lettres, celles postées à Brème et à Hambourg, et puis, aussi tout le paquet que j’ai remis hier aux bons soins de la compagnie.

J’ai relu mille fois encore ta gentille lettre. Ah ! Comme cela a été un plaisir d’arriver ici.

Trop jeune ? On n’est jamais assez jeune, petit poussin. Ton âge, le sais-tu est un moment privilégié de grande beauté, bien que je n’en susse guère, les lieux et la saison ne s’y prêtaient pas. Je ne te connais qu’emmitouflée sous cuirs et laines, de saison, qui ne prêtent qu’à l’imagination. Sous la jupe d’hiver, les cuisses semblaient aussi amples et rondes que j’en avais pu juger au début décembre, je les ai donc adorées de suite, le mollet bien modelé, présenté à son avantage par les talons hauts m’a séduit. La poitrine cachée doit être sans doute d’une fraîcheur naïve, douce au toucher, m’égaré-je ?

 

Bonsoir et bons baisers

 


Ce matin en Floride, le temps est superbe. Vingt degrés au petit déjeuner.

 

Ma douce Claude,

 

Écrit-on ceci et cela, je parle de mes mots d’hier, à une personne qui se dit ( ou à qui l’on répète ? ) bien jeune, suis-je ambigu, bien jeune ici pourtant pas trop jeune, laisse tomber ta jeunesse sociale et sois donc toi-même.

La poitrine donc, disais-je me semble parfaite sous tous égards. Alors, en plus, le sourire, la silhouette, gentil poussin, tu es très belle, n’aie donc aucun complexe... et nous nous rencontrerons bientôt sous une autre saison et tu pourras afficher tes grands airs de séduction sous des vêtements plus appropriés, qui sait sans vêtements du tout ? Nue

J’ai encore relu ta lettre. Une seule lettre arrivée mais ce soir je la connais par coeur, demain je la réécris les yeux fermés.

 

Très gros bisous sur les deux joues.


 

17 janvier Pèche au gros

 

C’est vrai que j’aurais peut-être pu en savoir un peu plus de toi, si j’avais été l’un de ces Don Juan de quartier; j’aurais profité de ce moment où au restaurant, entre le dessert et les trois tours sur la piste de danse, tu t’es éclipsée pour aller au petit coin, as-tu dit, n’était-ce pas tout simplement « pour faire un raccord » comme disent les filles ? Lavatory retoucher une mèche, redresser d’un trait de rouge le dessin d’une lèvre, se mirer une fois pour savoir, savoir, miroir, suis-je la plus belle ?

Cesse de te poser des questions, poussin, je te le dis, tu es la plus belle !

Je suis un peu fatigué, c’est exténuant ces solos de flûte et un peu embarrassant de constater qu’Aline et Tassis laissent des traces humides sur mes draps.

 

Comment vas-tu, quel temps fait-il à terre, comment se portent tes parents et tes amies, tout va-t-il bien en classe, es-tu encore allée au cinéma, quelle robe portes-tu ce matin ?

Au revoir et toutes ces sortes de choses que l’on dit à ce moment-là.

Le soleil ici en Floride est haut dans le ciel et c’est étonnant de constater à quelle latitude nous sommes.

 

Le soir, nous avons déhalé vers Miami.

 

Bonne journée Clo. Des bisous partout.


 

Le 18 janvier.

 

 

Miami

 

Bien évidemment non, cher poussin, je ne t’aurais pas suivie dans le pipiroom malgré que paraît-il s’y passent tant de choses, comment le croire, peut-on se dire des amabilités ou se faire des câlins dans l’ombre malodorante... et puis sans doute m’aurais-tu fermé la porte au nez et cela aurait été bien fait pour moi.

Quel temps fait-il dans la vallée ? Hier pour la partie de pêche avec les gens de la Warrant & Sunbeam il a fait splendide. Mer parfaite, soleil bien chaud, si chaud que Max en a pris un coup : Il est rouge comme une écrevisse que l’on aurait plongée dans l’eau bouillante.

J’ai mal profité de cette journée, me disant que tu aurais pu être à la place de Max ou de la fille du pilote. Tout bonheur que la main n’atteint pas est un rêve, je rêve donc sans cesse à toi, Clo.

 

Qu’est ce que la bière est chère et pas trop bonne, ici, en plus, elle est en boîte !

 

Bisous bisous.

 


Le 19 janvier,

Miami.

 

Hello, ma petite Claude,

 

Miami c’est surprenant, gigantesque, sans commune mesure entre les images de plages de notre mer du Nord ni même tout ce que nous imaginons. Le Fontainebleau écrase de sa masse les immeubles voisins qui pourtant ne sont pas petits.

A côté de nous est venu s’amarrer le Santa Rosa, sister-ship de l’Andréa Doria qui a coulé il y a peu. Comment des navires pareils peuvent-ils sombrer ?

 

C’est vrai que les Américaines sont supersportives. Il y en a une qui est ici en face, suspendue par les pieds à une barre, près du parking du Cocktail Lounge Bar qui jouxte la capitainerie, elle porte une sorte de justaucorps comme les danseuses et autres artistes de cirque, le serait-elle ? De loin, c’est tout brillant, cela met les fesses en valeur. Le timonier Jeff est ébahi, une fille qui fait de la gymnastique matinale en public, ça le déconcerte. Elle fait deux trois tours de barre fixe puis s’assied dessus, culbute et se retrouve suspendue maintenant par le creux de la jambe droite repliée.

Quelqu’un a semblé l’appeler, elle saute à terre et s’en va. Elle est passée derrière un bâtiment, on ne la voit plus.

 

Une jeunesse comme cela le matin, cela réconforte.

On dirait qu’elle est partie avec le taxi de la Yellow qui était à l’arrêt là-bas au bout, avant la longue file de postes d’essence, des baraques à hot-dogs et des échoppes à melons. A l’autre côté du bout il y a les bâtiments de la capitainerie et il paraît qu’on va construire un immeuble géant pour la police.

Gros baisers


 A Miami, le 20 janvier.

Bonsoir Clo,

 

Je suis tout fiévreux, comment est-ce possible avec un temps pareil ? Aurais-je attrapé un refroidissement sur le Chris-Craft ?

Déjà que les nuits sont chaudes et que j’y rêve de t’emmener par le bras vers des sources fraîches où crisseraient des grillons de fontaine.

Chaudes, oui, en plus, ce soir, je suis fiévreux.

 

On parlait hier de l’immeuble de la police, c’est important ici car la Maffia est omniprésente à Miami, bien plus qu’à New York ou Chicago. Ici on parle autant italien et espagnol qu’américain, de plus la criminalité de la jeunesse (on pense à Blackboard jungle et autres James Dean) est encouragée par le déclin des valeurs morales de la civilisation anglo-saxonne, par le déséquilibre sur le plan culturel de notre société matérialiste en progression géométrique constante.

 

Néanmoins, je pense à toi, je vais dormir avec toi qui m’enveloppes fièvre de fraîcheur partout, bonne nuit tendre Claudette.

 

Bons baisers.

 


Miami,

21 janvier,

Reine Claude,

 

Je suis donc allé plusieurs fois en ville, c’est surprenant. Un monde si différent du nôtre et pourtant tellement pareil. J’ai vu un joli poudrier et je l’ai acheté mais je ne te l’enverrai pas, je préfère te l’apporter. Je serai bientôt en Europe, encore un petit tour dans le golfe, un détour entre Cuba et je ne sais où, un rond dans l’eau devant Tampico ou Vera Cruz et on retraverse la grande baille. Est-ce qu’il n’y a pas le carnaval un de ces matins chez toi ? Attention pas de flirts inconsidérés pour le Rosenmontag. Je me demande où on sera, nous, le jour du carnaval : si c’était à la Nouvelle Orléans, quelle chance !

 

Je t’embrasse sur les deux joues. Chaud

 


22/1

Bonsoir Claudie,

 

Nous sommes allés au seaquarium, c’est un endroit extraordinaire, je n’ai jamais rien vu de comparable.

J’ai fait des photos avec l’appareil que je me suis acheté, un minikodak comique, en plastique. Tu verras.

 

Ce seaquarium est la présentation dans des aquariums géants de poissons tropicaux tout à fait magnifique et au bout du parcours, il y a une immense piscine dans laquelle s’ébattent de superbes naïades et aussi rassure-toi quelques très beaux garçons. A un moment donné, ils sont rejoint par des dauphins, oui, de vrais dauphins, avec lesquels ils exécutent de splendides chorégraphies.

 

 

Je te laisse,

je te fais la bise et je glisse de la joue à la lèvre.

 

 


 

24 janvier.

Bonjour Clo,

 

Nous sommes partis en autobus aux Cypress garden. D’abord, le bus était bondé et il a fallu que je me dévoue pour prendre une passagère sur mes genoux. Ne sois pas jalouse inutilement, elle était plus lourde qu’autre chose. Tram

 

La manière dont on considère les distances est surprenante ici. Le temps aussi, temps météorologique et temps compté à faire les choses. Je me demande ce que j’aime ici, rien et tout, tout et rien, cela serait certainement plus beau si nous y venions un jour ensemble.

 

Sur la bouche à l’américaine ou à la russe, baisers multiples.

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

T’ai-je dit petite amie,

 

A Cypress garden il y avait de magnifiques shows aquatiques, des merveilleux skieurs nautiques sous la direction d’Esther William, tout cela dans un magnifique parc où déambulent de très jolies hôtesses en robe de l’époque de la guerre de Sécession, quand le Sud était encore franco-espagnol d’âme.

 

Mes lèvres sur tes lèvres.

Passe une très bonne nuit en pensant beaucoup à moi.


Ma Chérie,

 

 

 Ce 28 janvier

 

Je t’ai parlé de ces belles robes, dites « Evangélyne » que portaient quelques belles filles aux Cypress Garden. Alors, avec Albert et Max, nous avons observé un peu la mode dite normale de ce côté de l’Atlantique, eh bien ! Il n’y a rien de normal.

 

Les femmes sont en général mal habillées et la mode voulant qu’elles soient rondes, on vend par correspondance (ou dans des boutiques spécialisées, sans doute) des fausses hanches, faux derrières etc.. On dirait qu’un homme ici doit déballer pas mal avant d’arriver à sa belle mais ça ne fonctionne probablement qu’à partir d’un certain âge parce que les jeunes de nos générations sont eux habillés super simplement : les garçons d’ici portent chemisette débardeur (ils disent Tee-shirt) et blue-jean, les filles le plus souvent une sorte de short court et des blouses bouffantes.

 

Baisers.

 


Le 30 janvier en route vers Singing tower,

 

Bonjour toi,

Oui, l’écriture n’est pas fameuse, mais je t’écris dans un bus de la Greyhound qui roule vers une plantation d’orangers.

C’est un endroit assez touristique en même temps qu’une orangeraie d’exploitation, les fameuses oranges Sunkist, je crois. En tous cas, quelle différence extraordinaire entre les fruits que nous mangeons ici et ceux que l’on trouve dans nos magasins. Aucune comparaison de goût !

 

Tiens, goûte une orange avec moi, je te la pèle, je te dépose quartier après quartier au coin des lèvres.

 

Bouche à bouche;

 


 

 

 

 

 

 

 

Petite jupe plissée de coton bleu, chemisier blanc de soie, les bras nus, les genoux découverts, chaussures plates à boucle, belle comme un printemps tout neuf, je vois passer ici une jolie fille et si elle n’avait pas ce visage, ce serait toi en ce premier février.

 

Un tongkus pour te plaire

 


 

 

 

 

 

5 février

Entre deux ponts, entre Max qui brique et la passagère du quatre qui ne sait plus où sont les enfants qu’elle devait garder et redemande un Coca-Cola avec une très puérile paille pour téter, bonjour et bye bye Clo Clo !

 

Cela m’a un peu ennuyé d’ailleurs de lui porter cette boisson, je suis arrivé pile sur un couple, je voyais un couple enlacé mais sans détails tout d’abord les seins c’est comment les seins de vrais seins de femme comment est-ce fait ?

Quel effet cela fait il lorsqu’on pose la main dessus

J’ai su plus tard que le troisième officier mécanicien s’était comme on dit bien placé auprès de cette dame-là.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le                                                                             7 février

 

De moi à toi,

 

 

                                      Des baisers partout.

 


Tampa, Golfe du Mexique, 10 février

 

 

Une autre lettre, youpee, assez longue celle-là, merci Clo

 

 

Vue de l’extérieur, ma jeunesse se déroule apparemment sans contrainte, quelques joyeuses sorties, un bel uniforme, des randoris et des parties pongistes à la sortie des vestiaires quelques amies de nos amies avec des amis de nos amis. Et de grands vides... Et toi, Clo, aujourd’hui. Toujours l

Magnifique, au coeur de l’enveloppe, deux photographies de toi, comme c’est gentil, comme c’est formidable !

 

Sur le court, sur la photo première i, si je la reconnais bien, c’est ta maman dans cette très jolie tenue de tenniswoman. Dis-donc, elle a des jambes à faire damner toute la colonie militaire autour de votre lotissement, quel fouetté, et ici ce n’est pas du geste sportif dont je parle mais bien de la croupe, quelle cambrure insolente.

J’ai fini par l’épingler au mur, toi pour moi, elle pour les « rwétans » comme on disait dans les campagnes.

 

C’est comme une journée de printemps ici tant il fait bon mais hier il pleuvait dru et la mer est froide mais les gens du cru disent que c’est présage d’un super grand soleil.

 

Enfin je regarde deux petits amoureux assis les pieds ballants sur le wharf, on dirait toi et moi gentils et pelotonnés l’un contre l’autre et je t’embrasse et tu renverses la tête en arrière pour te laisser embrasser et il se passe quoi dans ta tête une fille qui embrasse pense-t-elle au baiser, à celui qui est près d’elle, à cet autre à qui dans quelques jours peut-être elle accordera la même faveur. Elle laisse la main du garçon jouer sous sa robe et l’arrête lorsque les doigts frôlent la culotte, doucement, en enfermant les doigts entre les cuisses. Elle se relève brusquement, elle doit lui dire qu’elle a promis à ses parents de rentrer. Il lui dit quelque chose qui doit ressembler à on ne va pas se quitter comme ça, mais elle marche vite court presque ils sont au bout du chemin qui contourne le petit bâtiment de la douane je ne les vois plus.

 

Bon, tout arrive en même temps, je sortais de la douche, tout nu évidemment, je m’approche du grand miroir qui est près de la marche qui mène à l’écoutille quatre, l’immense drap de bain aux armes de la compagnie sur l’épaule, tiens, une érection ! Ce sont des choses qui arrivent aux meilleurs, et crac voila cette passagère qui arrive, fait celle qui ne remarque rien, ni ma nudité ni mon état général avancé et me demande si on peut réparer la fermeture de son hublot. De saisissement, je laisse tomber la serviette qui vient coiffer ma hampe, cela fait très petit drapeau. Au lieu de faire semblant de rien comme toute personne bien élevée, est-ce que celle-là ne s’esclaffe pas ! et me voila donc dans la position idiote de celui qui est surpris au bain avec ses mains sur son bas-ventre, sur ce arrive Clem !

 

Oui Monsieur, je fais réparer le hublot ensuite, je surveille le winch;

 

Au revoir Claudie.

 


Tampa

Ville de Floride, États-Unis, 115.000 habitants avant guerre, environ 160.000 maintenant, comme deux quartiers de ta grand’ville, quoi !

 

On est reçu ici gîte et couvert bon gîte et couvert comme on disait à la belle époque papa maman américains et la fille de la maison. On mange des bidules inhabituels mais Albert bien élevé explique tout et même qu’on ne dit pas de « grâces » avant de manger. Le bénédicité, depuis les jésuites de Saint Pierre, j’ai oublié. Le reste aussi et les jésuites presque.

Je reviens un peu à hier et moi j’ose à peu près le dire, pourquoi pas alors pourquoi pas je t’aime ? Moustique et Nous Deux, Confidences et Marie-Claire le proclament haut et fort : les jeunes ont le droit de s’aimer. Alors ?

 

Un groupe de boutonneux regarde les filles qui passent en short, elles traversent la rue pour se rendre de leurs classes au gymnase municipal qui est bâti en face de l’école, les filles pouffent les boutonneux ricanent, c’est si classique qu’on se croirait chez nous.

 

Je regarde les nombreuses photos que j’ai fait développer, en couleurs ! De cela, je vais t’en envoyer tout un paquet, tu verras comme c’est joli ici. Et maintenant que je sais me servir de ce box, je ferai de toi aussi de très jolies photos couleurs, après les vacances, par exemple, ton joli petit corps bronzé, ce sera ravissant.

 

A bientôt,


 

 

 

 

 

Tampa

 

La nuit a été chaude, équatoriale, lourde, humide, malsaine même.

Je n’ai pas fermé le hublot heureusement la mer est calme et il n’y a pas de moustiques, on dirait même qu’il n’y a pas d’insectes et pas non plus d’oiseaux, on ne voit rien voler Ah si !  Par l’orifice, qui vois-je, toi qui entre et qui me voit. étendu

Bon, rêve ou cauchemar, je rêve à toi, de toi et ici c’est Saint Valentin, la fête des amoureux, j’ai trouvé une jolie carte de Peynet et je te l’ai expédiée, je ne sais pas quand tu la recevras parce que je crois bien que j’ai omis de noter « airmail ».

Alors on s’aime et tu en parles dans ta famille pour qu’on puisse se rencontrer aisément dès mon retour.

Ben oui, alors ? Alors tu leur dis que maintenant c’est ainsi, quelle importance la famille de l’autre, un père clochard, une maison en désordre et pas de voiture ne sont pas des critères, n’est ce pas, a fortiori si le père n’est pas et si la maison est autre !

 


Février

Plage Clearwater

 

 

D’abord, la plage est à cent kilomètres ou presque, ensuite le stop fonctionne bien et troisièmement, il n’y a pas grand monde. Mais nous nous y sommes bien plu. A midi on a mangé des poissons grillés et le soir, Max a suggéré qu’on sorte voir comment c’est un night-club de station balnéaire en Floride.

 

C’est comme partout, plutôt c’est partout comme en Amérique, des musiques trépidantes, des images fascinantes et du doré, du clinquant du boucan. Albert n’a pas son pareil pour envoyer aux nues des cavalières d’un moment dont la jupe s’envole haut en s’ouvrant, tout le monde rit, les garçons regardent, les filles souhaitent danser avec Albert. Il manque un peu de rythme (et de souffle) pour tenir tous les rocks d’affilée et Chuby Chekker s’époumone; les filles paraissent très libres, légères, offertes, souples moins chastes qu’en Europe,  plus même que celles de ton patelin de militaires en perpétuelle goguette ... et puis, il faut dire qu’il y a les Cuba Libre, le rhum coca, boisson nationale des bars-dancings de la côte.

 

Après avoir montré leurs dessous, la lisière de leur culotte et des fesses en tout genre, les filles d’ici se blottissent volontiers dans des creux d’épaule contre des dossiers de voitures « belle américaine » qui reposent de la houle du rock’n roll et soupirent d’aise sous des caresses très précises et très localisées qui leur permettront l’instant d’après de retourner émouvoir un garçon, le sentir croître et devenir impérieux dans un slow langoureux sans risquer défaillir elles-mêmes : le jeu américain du necking, petting. Ca sonne mal mais ça dit tout.

 

Tes parents ne doivent pas s’affoler, ben oui alors, je sors de temps en temps avec des jeunes gens de mon âge et de ma classe sociale qui peuvent répéter que j’ai un bon métier, je ne bois pas plus que les autres au même moment, d’accord je ne suis pas toujours bien peigné mais c’est fini, je suis passé chez Jeanne d’arc et hop le bol depuis avant-hier ainsi ma casquette ne tient plus sur ma tête, bon allez je te laisse,

 

Les enfants qui s’aiment ne sont là pour personne chante Jacques.

 

Je me roule à tes pieds

 

Ton Valentin qui t’a acheté un joli petit truc, je ne dis pas quoi, ce sera une surprise.


 

 

 

Clearwater,

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A la plage à nouveau,

 

 

Chère biche, chère fleur,

à la plage, mais oui, nous y sommes retournés, c’est logique, la plage en février, pour nous tu imagines !

 

Bravo pour cette sorte de poème que tu m’as fait parvenir, c’est très joli !

 

 

 

Baisers,
Hollywood,

Oui, Hollywood, ce qui doit vouloir dire forêt enchantée mais c’est une forêt de peu d’arbres, une plage un peu plus loin que celle de Clearwater qui s’est donné le même nom qu’une ville de cinéma de la côte pacifique.

 

Tout de même, pas pour rien, viennent ici, disent les autochtones, pas mal de vedettes, la plage est belle, de sable très blanc et très fin, l’eau est à bonne température et à cette saison le soleil simplement chaud, il ne brûle pas trop.

Fin de journée, Max nous réinvite à sortir, pour voir si les vedettes sont comme les autres, dit-il.

C’est gag, il y a celles qui sont en robe à grand tralalas et d’autres en shorts on ne peu plus collants aux fesses.

Quelques unes se laissent lutiner dans des coins un peu plus obscurs, laissant aller des doigts de garçons jusqu’à la dentelle bruissante d’un jupon de nylon rêche, en allant doucement paraît-il on arrive bien à l’entrejambe de la culotte, et après ? Crois-tu que c’est pour en arriver là que l’on danse ? Il faudra qu’on perfectionne notre manière de faire, toi et moi qui ne sommes que sages, très sages trop sages, semble-t-il. Sages

 

A bientôt,

 


Des bisous de la plage. On a encore fait du stop et nous sommes allés voir un village Séminole.

 

Bons baisers,


Entre copains, nous avons un peu parlé de filles, celles de nos écoles, celles qu’on a rencontrées.

 

On a comparé leurs charmes et leurs mérites, on a parlé de leur élégance et de leur conduite en général, quelles sont celles qui accordent des baisers et celles qui permettent d’autres choses. Alain avait dormi dans le même lit que Rose-Andrée, mais elle avait gardé slip et soutien-gorge, la joue et la gorge de Greta étaient d’une douceur émouvante mais je ne suis pas allé plus loin, dans la hiérarchie des comparaisons, le visage vient bien après les fesses et les seins. Et chacun d’avoir des idées précises et contradictoires. Je n’en sais pas trop, je n’ai pas encore vu de sein de fille de près, encore moins de fesses et je n’ai du sexe que l’image effrontée de celui que dessinent les shorts moulants. On en retiendra que les filles sont embellies de ce qu’elles peuvent ou veulent donner.

En définitive, chère Clo, tu es la plus belle et la plus gentille et

je t’embrasse.

 


 

 

 

Encore une belle journée à la plage, quel soleil !


Bonjour Clo,

 

Nous avons quitté hier la plage de sable pour venir mouiller à Mobile puis de là nous sommes partis vers un endroit d’épouvante qui s’appelle Port Sulfure.

J’en suis encore tout jaune et les ponts devront encore être lavés deux ou trois fois avant de reprendre leur couleur naturelle.

Nous avons donc dit au revoir à nos amis et amies de Tampa et de Clearwater où nous avions été si bien accueillis.

A l’heure du départ quelques uns sont même venus sur le quai pour nous saluer, il y avait le grand Bob et le gaillard qui faisait des études à l’Académie militaire, le tenancier du Boubou était là aussi et j’ai reconnu dans le groupe des filles la petite Dixie et sa blondeur nordique, ses rondeurs très Praxitèle sculptées complaisamment par son tee-shirt, sa silhouette amphoresque renforcée par une ceinture de cuir blanc, ses hanches épanouies appétissantes et son sexe dessiné dans les moindres détails par son short bleu acier lui collant à la peau.

L’image de la petite américaine restera longtemps dans ma mémoire et Albert me dit que pour tout savoir d’elle, d’elles, il faut que je lise un livre que la bibliothèque du bord vient d’acquérir, même si cela se passe à trois mille cinq cents kilomètres d’ici sur l’autre côte : Gidget.

 

Je vais le lire.

Je t’en parlerai.

 

BISOUS.


 

 

De Port Sulfure, au travers du delta du Mississippi, on ne met pas trop longtemps pour arriver à la Nouvelle Orléans où m’attend ce 20 février un nombreux courrier, mais pas trop de toi, et même, la dernière lettre, dis-donc,  ...

et l’avant dernière !...

Et une autre, trois lettres en fait.

Je t’embrasse tout de même trois fois, un baiser pour chaque lettre même si je ne peux plus.

Lisons à l’envers.

Que se passe-t’il, quoi donc ?

Voici un mot long, il est vrai mais très buro’s style. En étais-tu presque à m’écrire : J’ai bien reçu votre honorée du ...

Ah ! ? Ta maman a lu mes lettres et les trouve un peu, beaucoup paraît-il osées pour une conversation de jeune homme à jeune fille. Mal élevé, dit-elle même ?

La chose est simple et la cause entendue, tout se passe sur papier chère Madame Mère et la liaison d’une solitude au-delà de l’océan avec une nymphe du Quartier Lieutenant Général Berben ne peut guère prêter à confusion : Il n’y a pas là de liaisons dangereuses, n’est-ce pas. Le service postal et l’armateur nous mettent à raisonnable distance bien que je compte les jours, les heures et les minutes pour se revoir, vous y compris, chère madame, n’en veuillez à mon léger persiflage, mais je vous aime bien aussi.

 

Le coeur et l’esprit du marin parti en lointaine pêche, aurait écrit Loti, bon écriloti, je déraille, on me met l’amour en tête et l’amour en tête c’est girouette et compagnie.

 

A l’art du Maître de barreau, j’essayerai, tant bien que mal et je vois déjà que ce sera mal, de vous faire changer un peu beaucoup tendrement d’avis, à la folie pour Claude.

 

La page d’écriture, chère Madame, vous a fait frémir ?, A ce point ? Mais était-il, était-elle plus belle écritoire ?Quel moine copiste ne m’eut envié, n’ai-je été que piètre de n’y avoir pas gravé pour l’avenir des enluminures luxueuses, je n’ai pas dit luxurieuse, pardonnez-moi, il en est peut-être de plus riche, d’écritoire, vous, sans doute, chère colonelle dont j’ai pu apprécier quelques détails, lors d’un rarissime et solitaire morceau de jazz lent et sur une magnifique photographie - revenons-y ? Pas maintenant ? Si vous voulez. Et si je voulais me souvenir de tout, et si je me méprenais sur un geste esquissé lorsque Claude est descendue vaquer à l’obligation futile et rituelle déjà du raccord de rouge et de poudre dont le but est de se faire désirer, mais la chère ne sait pas encore que parfois qui va à la chasse perd sa place.

A tout dire, avec toute l’insolence dont vous me gratifiez, oui, je réécrirais toutes mes lettres sur les divines cuisses de votre fille Claude, et dans mon château du Monténégro ou dans celui d’Écosse, attendant avec Tom le retour de mes vaisseaux, je vous coucherais bien sur une soie des Indes, fesses nues à l’air et y écrirais des poèmes arabes et des contes hindous dont on dit qu’ils sont plus insolents que moi, parlant sans détour de lingam et de yoni.

Vous rougissez, madame, et vous regrettez que vous ayez laissé ouvrir le courrier par Claude ?

Elle lit donc, elle a donc lu qu’un garçon se doit obligatoirement de faire sa cour à Madame mère pour pouvoir investir à tout loisir la jeune fille, c’est l’usage, mais qu’avons-nous à faire des usages, nous qui nous aimons comme les deux pigeons, d’un amour tendre.

 

Et vous persistez à dire « trop jeune ». L’est-on jamais, trop ? Y a-t-il donc un âge plus propice ou plus prédisposé à être adorée ?

Adorer : aimer avec passion (Larousse du bord) et avec votre esprit chagrin aujourd’hui n’allez donc pas imaginer que cette rousse dit des bêtises.

Il n’y a pas d’âge pour aimer avec passion encore moins pour être aimée avec passion.

 

Choquant ? Et pourquoi donc ne jugerais-je pas des cuisses et des seins de Claude, sont-ils à votre usage exclusif, ne peut-elle en être fière comme vous semblez l’être des vôtres, que vous ne dissimulez pas trop de honte bue, savez-vous que vos appas (c’est ainsi que cela se dit, n’est-ce pas ?) sont ici objet de culte et qu’affichée au-dessus de ma couchette, votre photographie sur le court est fortement appréciée.  Eh oui !

Eh oui, j’ose aussi parler de mollets et de rotondités, de nudités, de nu, de fille toute nue.

Auriez-vous préféré que je parle de bustes musclés, de biceps, d’hommes, mêmes nus ? Oui, évidemment, peut-être, enfin pour vous, veux-je dire qui devez voir les choses sous un autre angle, angle, en parlant de messieurs nus, n’est-ce pas aussi inconvenant, vous voyez, chère madame, que quel que soit le côté où l’on se tourne, fatalement, on dérange toujours quelqu’un, nous ne sommes pas sur une île déserte.

 

Aline et Tassis ? Ah ? Tiens, vous ne voyez pas ? C’est vrai qu’ils ne figurent sans doute pas dans les dictionnaires, mais avez-vous les encyclopédies, en tous cas, non ce ne sont pas des copains matelots vulgaires, loin s’en faut, Tassis ne peut être que descendant de l’organisateur des douanes, ah ? Vous voyez maintenant, oui, ce Tassis là de Tour et Taxis, mais enfin, pas vraiment non plus, seulement celui du royaume fabuleux du roi Pausole.

 

Vu ?

Affirmatif dirait votre mari... Lui en parlerez-vous ?

La blanche Aline était nue parce que rien encore n’aurait pu lui faire penser à mal, à partir de quel âge pense-t-on mal ? Vous ne répondez pas Ève ? Est-ce la pomme ou Ève qui est tentante, la bible reste muette.

Mais Ève est nue avant le péché de gourmandise. C’est donc lui, gravissime et je le crois bien qui déforme les chairs et vous ne me démentirez pas, vingt kilogrammes de plus et la photo sur le court eut été ratée (ou la jupette, longue comme celle des amies de Monsieur Lacoste.)

 

Quand à suivre les filles dans les toilettes, non, ce n’est pas une idée saugrenue, elle n’est pas même de moi, allez donc à la prochaine fancy-fair de l’école, au prochain meeting-fastes du régiment de votre cher colonel et vous réviserez ainsi un jugement tant soit peu erroné à propos de ces lieux, c’est vrai malodorants mais forts fréquentés.

 

Et si nous ne nous faisions pas de mauvaise querelle ? Que craignez-vous ? Ou que ne craignez-vous pas, je suis l’ai-je dit à sept mille kilomètres ou presque et je regarde votre photographie, ou plutôt, enfin, laissez moi faire, celle de Claude, celle où elle est avec vous et celle où elle est seule, en maillot de bain, photographiée au jardin, lequel, je n’en sais rien et vous n’en saviez rien non plus, de cette seconde photographie qu’elle avait joint à la première.

 

Merci, ma Cloclo pour cette très belle image qui jouxte aujourd’hui sans cesse mon coeur, je caresse jour et nuit tes quatorze ans, toi, superbe en maillot de bain, que tu es belle avec ton visage souriant, tes cheveux un peu au vent, d’admirables épaules rondes, une poitrine fraîche, un ventre tout mignon où se démarque un nombril en caracole, un jeu de hanches agréable, et je ne dirai plus rien d’autre, ta maman risquerait encore de me taxer de toutes sortes de qualificatifs...Serait-elle jalouse ? Ne lui dit-on pas à elle que ses hanches sont belles, que ses fesses sont désirables, rougit-elle comme une jeune fille de pensionnat si son cavalier la serrant lui laisse entrevoir, le mot juste serait sentir, un émoi que son corps très beau lui procure.

Allez-vous, désormais, vous regarder dans le miroir et vous pourchasser comme en ce conte que Walt Disney a si bien mis en scène.

 

 

Merci pour la petite mèche, moi, je t’en envoie une autre toute bouclée que tu rangeras où tu veux, le plus près possible de ton coeur, mon coeur.

 

 

Les amis se sont fait une tête de joyeux lurons normal puisque c’est la fête au vieux carré, je devrais écrire cela avec des Majuscules parce que ce Carré-là est la partie espagnole de la ville devenue française puis anglo-saxonne sans jamais devenir jamais américaine, à New Orleans, on est noir, à la patate ou au dodo, je mange des gumbos et des machins et des trucs dont les noms ne me restent pas en tête, les crevettes sont géantes, préservation est à la rue, des filles aux dents propres et à la bretelle de soutien gorge itou marchent près d’un flic sans moustache avec chapeau cow-boy et bottes, colts et foulard adéquats, il a une promise cajun qui est fâchée parce qu’il est de service un jour de liesse et il passe des gens connus et des ingénues, un inconnu et monsieur Deneumoustier ferronnier chanteur de blues, de country de dixieland et de soul southsoul, bon père de famille quatre filles en age de scolarité un gosier bien en pente, il y aura même la jarretelle de la mariée puisque les cloches de Jackson sonnent, des dragées, des hamburgers, j’en ai mangé six et je suis malade, à demain, je m’endors sur ma feuille au café du coin.

 

 


 

Bonjour Claude chérie,

 

Je n’ai pas bien su décrire Miami, je ne peux mieux pour La Nouvelle Orléans mais voici toute une série de photos et de cartes postales, de quoi faire un album de cinquante pages. Tu verras Albert et Max, tu reconnaîtras des endroits dont je t’ai parlé, les photos sont bien d’Amérique avec le show et le business et le showbusiness omniprésents. Un Tropicana moderne n’empêche pas de préférer Bourbonstreet et tu verras les rives du Mississipi, en les regardant écoute Sixteen tons, short tons mais enfin, relis la case de l’oncle Tom et pense qu’ils sont à peu près tous descendant d’esclaves et de maîtres. Et les voila employés municipaux, conducteurs de bus, groom de grand’magasin, steward sur le Natchez dont les roues à aubes enchantent encore les rives jusqu’à Bâton Rouge.

On se sent ici léger comme plume au vent, l’air du printemps est déjà là et la fête de hier ( et d’aujourd’hui et de demain, elle dure trois jours ) est une répétition d’un crew de carnaval car dans cette ville comme à Rio et à Nice, Roi Carnaval est un moment particulier et incontournable. mais je ne sais pas si nous serons encore ici à ce moment là.

 

Hier, par bravade et par gloriole j’ai tenu jusqu’a sept tchin tchin et on m’a parlé de faire dodo, je ne savais pas tout à fait bien ce que dodo signifie particulièrement en Louisiane, je ne le sais toujours pas, je me suis réellement endormi en me demandant qui es tu toi que j’ai rencontrée par hasard montrant tes jambes de poseuse aux autos scotter derrière le square et qui m’a dit comme les trois qu’on avait déjà rencontrées, Dixie.

 

 

 

New Orleans.

 

Pâle soleil aujourd’hui au gran dam de Max qui n’était pas du tout de service.

 

Soyons clair, malgré ta maman, (lit-elle encore les lettres ? ) je voudrais te caresser et te baiser sur toutes les faces avec beaucoup de dévotion pour tous tes petits points sensibles. Ne peut-on être tendrissime, amoureux, pelotonnés l’un contre l’autre comme des petits lapins ?

 

A demain Claudie.

 


J’ai encore mangé des hamburgers et j’ai encore été un peu dérangé par les oignons.

Bonjour Claude, comment vas-tu ce matin, tu as bien dormi, que fais-tu donc aujourd’hui ?

 

Tu me raconteras, au revoir.


Premier mars, c’est vraiment le printemps ici et dans mon coeur aussi.

J’ai bu une coupe pleine de champagne puis deux à la santé de tes prunelles, je me suis saoulé de ta photographie. De la première déjà, en déesse tennistique qui m’inspire beaucoup mais alors, je la range et je me plonge dans ton maillot de bain noir, très divine.

 

Et super-extra, malgré la censure, alors donc tu piques des lettres directement dans la sacoche du facteur, pas toutes, celle-ci j’espère, une troisième photo.

 

 

Quel joli petit paquet-cadeau, une Claude toute belle sous un ruban rouge, merci pour l’attention, merci pour la photo réponse reçue ici donc à La Nouvelle Orléans que nous allons quitter, je ne sais exactement pour où, suis le mémo de la compagnie pour envoyer tes lettres, cela suit de toutes façons.

 

 

A demain Clo, je monte faire mon quart et pour le moment il y a pas mal de boulot à cause du départ prochain.


 

Le 2 mars,

Claude chérie,

 

 

Une troisième photo,

que je regarde avec un rien de pointe de jalousie pour le photographe ...

je n’ai que du papier sous la main alors que lui, t’avais toute entière.

Et qu’est-ce que cette mise en scène, dis-donc, coquinne !

Ai-je donc tant parlé de short serrant ? celui là serre, pour serrer, il serre sacrément et la photographie ainsi prise avec tes deux genoux relevés, serrés dans tes bras est d’un délicieux équivoque, si tu ne précisais pas, on pourrait imaginer qu’il n’y avait rien d’autre que ce short sur toi. fente

J’ai donc un début d’album qui commence avec une vision blanche au cours (t) de tennis, une vision noire au jardin ( ici c’aurait été à la piscine, ai-je dit qu’ils ont tous une piscine dans leur jardin ? ) et puis une paire de cuisses serrées sur un minishort, où portes-tu ce trucmuche ?

Mais au dos de la troisième, une phrase:

« je t’aimerai toujours éperdument »

C’est fabuleux ça .

Je ne m’attendais ni à la phrase ni à l’image, j’aurais plutôt pensé recevoir une pose très familiale, à la limite, la fille laissant couler sur l’herbe elle et sa robe à fleurs pour jouer à la timide, à l’ingénue, riche de socialisantes fréquentations, pleine de suffisance, sait-on jamais et surtout de virginité de conserve.

 

 

Gros

gros gros bisous

 

 

Dix mars.

 

Chérie Claude,

 

 

Maintenant raconte toi plutôt que de me raconter tout ce qui t’entoure et pas trop de ta maman, si elle a quelque chose à dire, tu lui donnes la liste des adresses, fais moi des confidences j’ai besoin de toi quotidienne pour vivre loin de toi.

 

Ciao, et toutes sortes de choses, les plus gentilles possibles.

 


Houston, le

15 mars,

 

Petit tanagra,

 

 

 

Je suis content que tu aies aimé les photos prises au seaquarium de Miami, tu as vu, c’était vraiment quelque chose dont nous n’avions pas idée chez nous.

Et je suis autrement content que tu me laisses vraiment glisser de la joue à la lèvre, aux lèvres, je t’embrasse très fort et plonge ma langue en toi, cela va faire frémir ta maman si elle le sait, mais tu lui dira que ce n’est pas plus par là que par l’oreille, disait Agnès ou quelqu’un qu’elle connaît certainement, une colonelle se doit d’être un peu cultivée, tiens file lui deux doigts de persil.

Je te rassure, celle que j’ai supporté pendant dix kilomètres sur mes genoux n’était pas en super mini short, bien au contraire elle était en robe assez longue comme on en vend chez Sears au rayon des teenagers, c’est ainsi qu’on appelle les élèves des écoles dans ce sud chaud chaud à nouveau aujourd’hui. Ici c’est un ville encore plus spéciale qu’ailleurs. Tous est spécial aux States.

 

Bien sûr je ne te tiens pas rigueur de tes pudeurs  qui sont vraies et fausses à la fois et je me doute que tes confidences sont les premières confidences et à vous maman de la-dite ci-dessus qui lisez par-dessus l’épaule, ou dans l’ombre d’un secrétaire à secret, comment est votre maison, où est la boîte à lettres, qui la lève ? comment se donne-t-on le courrier, qui décachette les enveloppes ? attention ! soyez aimable sinon je puis devenir discourtois n’est-ce pas. A quatorze ans, elle n’ont point de cellulite, mais à , à combien au fait ? suis-je indiscret n’est-ce pas, allons, souriez moi, souriez nous, la vie est belle.

 

Non, je n’ai pas eu l’occasion de faire du ski nautique, et je ne sais pas si j’aurais osé, je suis assez piètre nageur, on ne peut pas être bon en tout, n’est-ce pas ?

Je regarde encore cette dernière photo où tes lèvres sont semi-ouvertes en une puérile mimique de boudeuse... on copie !

On prépare un barbecue, c’est ainsi qu’ils nomment leurs grillades puis après le boeuf, on mangera des desserts, moment toujours délicat, doit-on ou non refuser et pour les filles de la maison, sont-elles comme toutes ? Les desserts dégrisent les petites filles c’est bien connu et elles ont moins bu de vin que prévu car leur papa leur a bien dit de ne pas trop en boire comme tous les papas, le vin d’ici est californien et cher paraît-il mais on en a débouché en notre honneur; je détourne mes regards de la voisine venue aider et je reluque vers la cuisine ou se prépare le punch, très spécial aussi ! Tout était très bon, j’ai eu peur que le Tbonesteak soit un machin caramélisé aux fayots, rien de cela, que du délicieux, fondant dans la bouche, une viande rouge rare. Dixie, encore une qui s’appelle Dixie a revêtu la robe d’Angeline pour plaire à Max. Les voix ralentissent,  la fête file à l’ennui, le barbecue commence à ressembler à une réunion pour vieux retraités, John arrive avec un mange-disque et des 45 tours. On chauffe la colle et on reboit un coup, tout va bien.

Non, non, je ne sais pas si elle porte des fausses fesses, ce n’est pas du tout de la blague ces trucs et le plus célèbre est bien sûr le Wonderbra qui leur fait des seins à la Maewest. Maewest, en langage de marin, cela veut dire bouée de sauvetage.

 

Alors, donc, ni toi ni ta maman n’avez su ce qu’est un tongkus, alors, messieurs de la cour, je n’avouerai rien un truc chinois, je ne sais pas, mais je vais en refaire un, un long tongkus, et si j’osais, tiens, un long tongkus à chacune, ta maman et toi - mais quand elle saura elle dira que je suis un voyou, bon alors, je me retire.

 

Ah oui, il y avait six passagers à bord, tu sais, c’est un cargo mixte, ce vieux bac, c’est d’ailleurs à cause de cela que nous dormons dans des cabines à plusieurs, les cabines uniques sont réservées aux passagers. On a eu jusqu’à Miami un curé ( à moins que ce ne soit un pasteur ), un couple de retraités des postes et une dame de compagnie dame avec deux enfants de médecins qui viennent de s’installer si j’ai bien compris en Caroline ou en Alabama, je ne sais plus, je regarderai dans le livre-journal.

 

Des baisers partout ? Évidemment cela veut dire partout, partout quoi,

sur le front, sur le nez, au creux de l’oreille, dans la nuque et puis dans le cou, sur l’épaule et sous l’aisselle, au creux du coude et dans la paume de la main, des deux mains, sur l’omoplate et sur la clavicule, plus bas, je n’oserais pas, pourquoi pas, bien sûr plus bas, sur le rebondi de la poitrine et puis sur le sein gauche, c’est celui du coeur puis sur le sein droit, sur la pointe bien sûr. C’est assez pour aujourd’hui. Alouette.

 

Bien certainement je dis la vérité quand j’annonce que vous êtes épinglées, on dit pin-up, ta mère et toi au mur de ma cabine et je t’assure que Max reluque les jambes de ta maman et qu’Albert pense des choses inavouables, cela se voit très bien quand il est en caleçon.

Bye.

 

Claude chérie,

superbisous

de Galveston,

 

                                   Le 20 mars,

 

Ainsi la photographie est très vraie et cachée derrière tes genoux, tu as une gorge magnifique, bien attachée, deux seins, deux dis-donc, quel régal pour le bébé. Quelle saveur ont-ils, comment sont-ils sensibles, comment donc un grain de beauté, là, tout juste près du mamelon gauche, ah ! Le gauche, ce grain de beauté là l’embellit vraiment, tu me montreras, dis, tu me montreras, n’est ce pas ?

Crac, une érection me diras-tu encore ou encore me diras-tu, voila donc un mot que l’on doit taire et tu rejoins ici un peu ta maman dans le savoir-vivre du savoir-parler... tant pis, mais comment dire, oui cela arrive, des frères et des cousins sont souvent solutions techniques provisoires à ce mystère, enfin un tout de même plus ou moins compris, ce n’est pas comme ceux de la Trinité, blasphème ? Non, non, nature, mais il est vrai que l’on n'explique jamais rien tiens, dans notre bon vieux dictionnaire de bord, je me dis que je t’appelle petite fée et que peut-être petite fée prête à confusion, encore un mystère, on n’explique rien, si, si qu’est-il écrit dans ce dictionnaire ? Fée : du latin fata, ça nous avance beaucoup, puis, être fantastique, du sexe féminin, doué d’un pouvoir surnaturel et donc la confusion commence, est-ce ce fameux sexe féminin qui est doué d’un pouvoir surnaturel ? bon, ta maman ne pourra qu’être d’accord, je dis oui et c’est ça qui fait magique la baguette, on ne rit pas avec cela mais alors de quoi à quoi rit-on, non ce n’était pas à cause de la passagère l’autre fois et aujourd’hui non plus, d’ailleurs, pour le moment il n’y a plus de passagère et la marine est chiche de filles et de femmes à bord... Vite, consultons : pendant qu’il se réenroule, c’est dit tout de même : action d’élever, état de tension de certains tissus ... bon, alors c’est de la couture, on se retrouve bien en milieu féminin, calmons-nous une érection n’est pas la tempête !

 

Je suis heureux que tu aies reçu la carte de Saint Valentin  et qu’elle t’ait fait bien plaisir, je suis plus heureux encore de savoir que je te manque un petit peu, que mon absence est un vide.

 

Je confie la lettre au vaguemestre pour qu’il la dépose dans une boîte républicaine, je t’ai mis de très jolis timbres pour ta collection.

 

Sur les joues sur les lèvres sur le ventre et partout des bisous,

oui, partout et même où tu n’imagines pas.

 

 

 

A très bientôt.


 

Petite Sirène,

 

Nous voici à Tampico, nous sommes le 30 mars, dans quelques jours ce voyage se termine, ici m’attendaient deux ou trois lettres de toi qui m’ont fait tellement plaisir. Quelques lignes m’ont surpris et une lettre d’une écriture inconnue mais avec un beau timbre de la Bundepost était dans le paquet... tu ne devines pas qui m’a écrit aussi ?

 

Sauf si demain un courrier avion arrive au marin, il n’y aura plus rien de lisible, demain la mer, la bleue la verte la grande en mer le facteur ne passe pas il ne sonne même pas deux fois.

 

Tu te demandais par quel bout me prendre et voilà une question qu’une jeune fille assurément ne peut en aucun cas poser de crainte ou par bonheur de s’en voir donner réponse, c’est bien d’oser la poser tout de même, mais qu’y faire comme réponse, est-il possible à ton petit marin sans pompon de répondre à certaines phrases dites alors que j’en suis certain, maintenant, Madame mère lettre ouv compulse ses feuillets très reconnaissables, l’enveloppe, le timbre du Mexique, bien qu’on soit de garnison, ils doivent être rares chez toi ! Alors n’est-ce pas que ta maman rougirait de lire des détails de ces lettres-ci, c’est pour cela qu’elle t’envoie chez ton confesseur. Je ne savais pas que cela ce faisait encore, qu’il y avait encore des confesseurs privilégiés, de ceux qu’on rencontre un peu comme son médecin et qui ausculte pareil. La fille du colonel et de Madame, à genoux racontant son grand péché : Des images d’amour de son marin au-delà des océans ! Est-ce sérieux ?

Je serais bien heureux d’être lutin et d’entendre ce que tu lui dis, mais aussi de voir ce que lui, derrière son moucharabieh fabrique. Il est en soutane, là-dedans ?

 

Ah! Ah ah! Quels détails dites-vous de suite, chère Madame mère !

 

Je ne sais, je ne sais ... tout de même l’érection, me pardonnerez-vous ? Il faudrait qu’on ne bande pas pour n’importe qui, c’est vrai, mais je suis jeune n’est-ce pas et vous n’avez rien contre la jeunesse, vous en parlez si bien !

 

Non, je n’ai pas précisément vu de grandes vedettes à Hollywood, enfin à cet Hollywood là qui n’est qu’homonyme, le sais-tu; il y a aussi quelques Paris et un Brussel, il y a des noms de villages surprenant, à certains endroits du Massachusetts, c’est quasi la Hesbaye, en d’autres de l’Oklahoma c’est la Beauce.

 

Alors la maman affirme que ce n’est pas pour arriver à l’entrejambe que l’on danse, je ne ferai pas querelle, disons que c’est pour l’entrechat. Fermez le ban ! Souriez maman, vous aussi êtes tellement plus belle lorsque le sourire court vos lèvres et vos yeux.

 

Alain ? Rose-Andrée, Greta, mais, mais qu’est-ce à dire, seriez-vous juge d’instruction ? Et à quelle heure et quel jour ? Et combien de fois mon enfant ... le vicaire passera demain pour un rosaire complet. Amen.

Chère petite fleur

pourquoi n’aurai-je pas l’effronterie d’appeler un chat un chat, ta maman est-elle hypocrite, aie ! Que dis-je là, je me la mets à dos, bah ! Comme on dit chez nous les marins la meilleure manière de faire taire une femme est de lui emplir la bouche.

 

D’accord, ce n’est pas du meilleur goût, enfin, chacun le sien, les goûts et les couleurs ne se discutent pas.

 

Comment vas-tu, comment vont-ils tous chez toi, quel temps y fait-il ?

 

Bientôt finie, l’école ? Vacances de Pâques assez proches ? Je t’emmènerai voir des tas de choses.

 

On se passera cependant d’aller à la mer, je sors d’en prendre, encore que c’est une belle occasion pour vérifier le bon état de fonctionnement d’une amie, les maillots ne laissant guère de doute quant à la bonne configuration et à l’état de marche.

 

Oui, je suis un peu méchant, bien sûr que si, je te conduirai à la plage si tu le souhaites, mais chez nous il doit faire plus frais, non ? Et alors tu portes un beau maillot comme celui dont tu as parlé, ou celui comme sur la photo que j’ai, l’as-tu encore ? Mais alors il faut le porter sexy, comme ici les Américano-hispaniques les portent. A demain, bisous.

 


 

Golfe du Mexique

 

 

Puce

 

 

Maillot américano machin, non pas vraiment spécial, en fait il devrait être bien plus pudique que le bikini éclatant dont tu m’as parlé l’autre jour, et pourtant ...

 

Pas d’étonnement scandalisé s’il vous plait, il semble que les baigneuses d’ici sont atteintes de cette mode que je croyais parisienne du plus que nue elles se rasent le pubis qui est sous le maillot une découpe plate ou rebondie mais si différente si fendue que le regard y est constamment attiré. Et elles commencent à devenir nombreuses, les journées sont de plus en plus belles.

Il est grand temps que l’on s’en aille, ce qu’on fait vers quatre heures tout à l’heure.

A bientôt.


Golfe du Mexique

 

Pucelle,

 

Donc tu penses que tu vas travailler au bureau, chez ton oncle, dès après les grandes vacances, finie l’école et fini le temps du vrai rêve alors ? et qu’en disent papa-maman, eux qui te voulaient, elle surtout, pensionnaire à Lausanne ou du côté de Montreux. Tiens, si tu y allais, je me ferais pêcheur de féra, on dit qu’il abonde dans le lac Léman. Tu n’en as jamais mangé ? C’est une espèce de truite saumonée, c’est bien bon.

 

Tu sais, les bureaux c’est cru, c’est parfois sale, ça ne respecte rien et on y appelle les choses par leur nom, le stylo-bille, le tampon encreur mais aussi la description des avantages comparés du mari d’Annie ou de Ginette, du petit ami de Christiane ou du grand Pol qui conduit la camionnette : qu’en est-il du concombre ou de la carotte, et la banane, que faire de ses dix doigts, et pourquoi appelle-t-on celui-là l’annulaire. on essayera de te tripoter les seins dans l’ascenseur et on te dira que c’est bien bon de se les faire sucer en passant derrière les archives.

Oui, je n’ai pas une haute opinion du personnel de bureau, et pis encore des femmes y employées. Huit heures par jour face au sous-chef, c’est plus que face à son mari ... Qui y pense ? Et les heures sup et les corvées pour la petite nouvelle et tout le toutim...


Pucelle,

Atlantique nord

 

Le bateau vibre de tous les côtés, je suis incapable de dormir tant je suis harcelé par des rêves érotiques et aussi parce que paraît-il je vais devoir faire un stage dans une école militaire, un officier de marine doit dit-on aussi bien connaître le maniement des armes que celui des hommes. La voile, la mer, toi et le reste je m’en fiche mais si ton colonel de père lit cela, c’est seulement alors que toute ta famille va me vouer aux cinq cent mille diables.

 

A te regarder sans cesse dans ton joli maillot, la crampe de l’écrivain me gagne.

J’ai bien aimé les couleurs de tes papiers à lettres, papier bleu et papier rose cela fait bonbons en sucre de baptême pour petites filles et petits garçons tout mignons. Les angelots de l’amour avec les flèches de Cupidon.


Premier

            avril .

                                                         Atlantique

 

 

Quel temps fait-il à Cologne ?

Comment peut-on être née un premier avril, mais puisque c’est le cas :

Bon anniversaire Chouchou.


Deuxième jour d’avril, il pleut, bonjour toi.

 

 

Alors, il faudra que je batte ma coulpe pour plaire à ta maman, bon bon bon ...

je me mettrai à genoux devant elle, dans le gazon bien coupé et propre de préférence, je lui prendrai les mains et je lui dirai oui c’est moi l’auteur de toutes ces lettres, oui c’est moi qui ai écrit toutes ces vérités indicibles, si elles vous ont fâchées je vous en demande mille pardons, pardonnez - moi s’il vous plaît bien, mais ce que j’ai écrit, je suis prêt à le dire jusqu’au dernier jour de ma vie,

 

J'aime Claude.


Le 7 avril,

 

 

Bonjour Chouchou,

 

Tout à l’heure, nous serons au quai de la Joliette et Notre Dame de la garde brillera là-haut.

 

J’envelopperai de silence cette fille, cette femme, qui attend face à l’église, belle, mienne ou quasi et c’est ce quasi qui est espoir de vie, charme de l’instant présent, vie qui vaut d’être vécue, je l’aime plus qu’il n’est autorisé de dire, je sens que monte le meilleur sur terre, je suis à elle, les élingues se mettent en place, une aussière est tirée, sa robe rouge éclate dans le gris docker. Échelle de coupée, dix pas vingt mètres silence tacite pudique moment

Je dirai :

            — Bonjour Mireille.

            — Bonjour.

Je poserai ma casquette sur sa tête et elle ressemblera à Dixie, non, comment s’appelait-elle encore ?

 

Un taxi est là qui attend, merci, tu es belle. Tu as lu mes lettres ?

Ah ! Maman nous attend ?


 

 


 

Lumière d’azur

 


 

Mireille

 

 

 

 

Lumière d’Azur

 


7 mai

De passage à Gênes.

 

Meilleures amitiés.


8 mai

 

Ma chère Mireille,

 

Je suis bien heureux de t’avoir rencontrée et c’est tout plaisir pour moi de t’écrire. J’ai passé une très bonne soirée d’avant-Pâques en ta compagnie et celle de ta maman. Tu la remercieras encore pour moi, mille fois.

Ce petit restaurant populaire était vraiment charmant, le repas fut agréable et la conversation pas trop banale; lorsque nos pieds se sont cherchés, évités, collisionnés, j’ai aimé ton sourire de connivence et bien que je sois piètre danseur danseur , j’espère ne t’avoir pas trop déçue en te faisant sauter dans tous les sens sur tes talons hauts. Un peu trop hauts pour tes quinze ans ?

 

Trois bouteilles couchées, ta maman, toi et moi ... bon, d’accord, il aurait fallu boire un peu moins mais l’ivresse dissipe la tristesse. Tristesse ? Mais oui, se quitter, c’est mourir un peu.

 

Nous avons pris la mer pour nous rendre d’abord à Gênes puis à Barcelone. De Gênes, je t’ai envoyé une jolie carte postale. Il y faisait très chaud. L’été semble précoce. A Barcelone, il ne fait pas plus frais, surtout avec les habituelles brumes du golfe du lion. Les nuits de mai ici sont drapées de brouillards, et les cornes de brumes trompent plus qu’à leur tour. On a failli couper un Espagnol en deux.

Vivement les côtes d’Atlantique et les petites Peuhls qui vous apportent dit-on, de la fraîcheur depuis Dakar jusqu’au fond du Gabon.

 

Sincères amitiés.


9 mai

Ma chère Mireille,

 

 

Le calendrier des postes coca , affiché sur la paroi de la cabine est illuminé de soleil. Ce qui est dommage, c’est qu’il n’y a pas de facteur et sans nouvelles de toi, la boîte à lettres de mon coeur tourne tout carré, je m’ennuie sans ta main, j’attends sans vivre, de respiration digestion revitalisation automatique. Je t’aime, sauras-tu m’écrire de belles choses comme ces lettres toutes simples : Je t’aime. Sans nouvelles de toi, je me meurs et plus encore de peur que tu ne conviennes que j’ai cinq ans de plus que toi et qu’à l’heure où tu jouais à la poupée, je naviguais déjà aux soleils. Chère petite Mireille, j’attends de toi la suite de notre roman-feuilleton, écris-moi, écris, écris, écris-donc ! Je me languis d’attendre, attendre, attendre l’arrivée au premier port à courrier (Matadi ou Pointe-Noire voire Abidjan, je ne sais pas bien où l’on aura la première escale), bien triste qu’il n’y ait pas le téléphone à bord de ces vieux rafiots d’avant-guerre, j’ai tant attendu ce mois-ci, dans la rue, dans ta rue, au téléphone, devant chez toi, derrière chez toi, attendre ces deux fabuleux jours hebdomadaires où tu es venue au bar du club, au quai de Rive-neuve. J’en étais arrivé à ne plus vivre que deux fois la semaine, et merci pour ce dimanche exceptionnel et quelques autres heures grappillées deci-delà et les samedis et les rencontres merveilleuses à l’appartement. Je t’ai attendue, je t’attends avec la force des enfants qui rêvent au père Noël.

Ouvre et plie les jambes, montre moi de deux doigts dociles et complaisants la petite source à miel.

 

Je t’embrasse, petite fleur à miel.

 

Je te fais cette bise depuis le pont supérieur en regardant venir Clem, Clem c’est le second.

Bisous, bisous, bisous partout.

 

Je t’embrasse de la pointe des cheveux au bout du gros orteil, et sais-tu par où je passe, non ? Je vais te le dire :

Un coeur de baiser sur le front et si j’avais du rouge à lèvres indélébiles, je t’aurais marquée, ainsi, à vie.

Des ribambelles de bisous de l’oreille à la nuque en faisant le tour du cou et en déposant un suçon long et fort à chaque creux d’épaule.

 

Dans le dos, au creux des reins puis sur les cuisses, retour à chaque ornement de poitrine, un peu autour, en dessous, au-dessus, encore autour et puis une longue sucette sur le petit bout qui se tend.

Au nombril, trois petits tours et puis s’en va.

Je t’embrasse sur la hanche te pousse et te retourne, me revoilà au creux des reins et sur les fossettes de chaque fesse, mais alors, tu es toute nue[1], oh ! Voyons ! Est-ce sérieux, est-ce convenable, nue, ma chère devant un garçon encore habillé !

De la fesse à la plante du pied, de là au creux poplité puis un sur chaque vertèbre. La collection s’épuise, Madame.

Madame, je ne vous ai pas prise, dirait le chevalier grand siècle mais, je vous ai baisée, humée léchée savourée goûtée caressée sans arrêter sur les seins, le ventre, les hanches, les fesses et je vous veux nue à mon déjeuner, toute nue, mais coiffée, soyons civilisés.

 


 

Gibraltar 10 mai

Dans la Floride de maman belle, revenant de Cassis, trop court parcours, sans savoir pourquoi, tu as levé la tête vers moi et nos lèvres se sont rencontrées. Nous étions assis tous les deux sur la banquette arrière, très serrés l’un contre l’autre, se serrant plus fort encore à chaque virage. On s’est regardé sans trop savoir quoi dire parce qu’il n’y avait rien à dire. Et je t’ai embrassée comme je pense que les acteurs le faisaient, on a vu ça au Superciné.

J’ai adoré ce vieux cinéma de quartier qui ressemblait plus à une salle pour patronage qu’à une salle de spectacles, mais les patronages organisent aussi des fêtes. Un peu décrépis tout de même avec le bon vieux John Wayne à l’entrée, tout décatis, les plâtres des murs assez décorés mais sans génie sont obscurcis par si peu de lumière du jour qui y pénètre, et un vrai corridor tout noir d’où ne peuvent surgir que des Sioux ou des Cheyennes porteurs de scalps sanguinolents conduit aux meilleures places.

 

C’était bien gai ces deux séances, loin du troupeau des familles, au centre. Les strapontins arrières étaient tous bien occupés par toute une ribambelle se souciant peu de l’écran et bien plus des jeux de mains et de lèvres. Ah! Le noir. Nous nous sommes rapprochés l’un de l’autre et j’ai posé mon bras droit sur tes épaules et l’autre un peu au hasard sur tout ton corps défendu par des armées de fermetures-éclair.

Tu as peur et tu as joie. Tu ne sais plus qui je suis, tu ne sais plus qui tu es. Je suis beau, tu es belle, il fait chaud, tu fermes les yeux, le soleil est dans ta tête.

Je suis à tes pieds, ne gémis pas trop ce soir, elle viendrait voir !

Je te salue, remets mon bonjour à ta maman,

Oui, je sais, elle n’en veut pas trop de mon bonjour, mais je ne comprends pas bien pourquoi.

 

J’avais pourtant été charmant avec elle, un bouquet de fleurs le lendemain du restaurant, un petit cadeau aussi pour Pâques et lorsque je t’ai offert cette belle nuisette en nylon rose et dentelles de Calais, je n’ai pas manqué de lui apporter de ces chocolats dont tu m’avais dit qu’elle était friande.

 

C’est vrai qu’il y a eut des incidents avant la grande scène du bout de la rue mais je n’ai pas eu l’impression que ces événements de médiocre importance influençait en quoi que ce soit en notre défaveur, en ma défaveur, plutôt.

Au contraire dirais-je même, le soir de la nuisette on s’est bien amusé, tous. Tu te souviens, je suis venu apporter mon petit cadeau - et les chocolats. Nous avons, elle et nous bu du porto puis du mousseux et on a décidé que tu essayais le présent que je t’avais fait.

Tu es montée dans votre salle de bains et rapidement redescendue, belle comme la fée de Broceliande, sous le voile diaphane, tu étais joliment nue, princesse de rêve, rose et volants de feu, brume de nylon, la nuisette à longues manches t’entourait d’un halo d’ombre dans la lumière de l’escalier où tu es apparue, les jambes bien mises en valeur par le tissu de la robe de nuit un peu courte. Ta maman et moi on en est resté un peu baba comme on dit.

 

Bonne nuit, dors bien au creux de ton petit lit, pelotonnée sur le centre de ta vie.

 


 

Atlantique comme les deux jambes d’Alphonse.

 

J’aimais bien, petite fleur à miel que tu explores mes poches comme tu savais si bien le faire, c’était bien gai et cela me manque beaucoup, tes doigts malhabiles et si doux trop doux, un homme aime un peu de rudesse.

Et je regarde dans le miroir et je me dis que c’est marrant le miroir sert à regarder et que tu n’avais jamais regardé - as-tu dit, ton petit fruit, ta petite bouche cachée dans la fourrure abondante. Et je suis encore tout troublé de savoir que mon seul regard peut huiler, graisser, mieller cette serrure secrète.

Les filles d’aujourd’hui ça fait croire à la liberté mais si elle semblent en révolte, il y a tout de même les mais ... mais on a encore peur de maman de papa des enfants de la morale et de l’enfer et surtout des on-dit.

Des images démentes me traversent la mémoire, ma main et ta main, l’escalier de la chaufferie, toi plaquée contre le mur un peu sale, un peu moisi de cet immeuble de location, moi très contre toi, très jaloux du cousin coussin dont tu m’as parlé qui jouait avec toi à cache-cache dans les chambres de vos enfances.

Je t’embrasse à pleine bouche, avec la langue partout et encore ailleurs.

Écarte-toi bien pour moi que je sente jusqu’ici ton odeur chaude, l’odeur marine de ton sexe mouillé au bord du plaisir. Donne moi tous tes secrets de fille ai-je murmuré dans cette cabine de bain océanique des années trente ! Encore heureux que ton bikini rouge vif soit bien d’aujourd’hui. Tu ressemblais un peu à Brigitte comme cela.

 

Je passe ma main partout et aussi entre tes fesses.

Bonne nuit petite fleur à miel.

Las Palmas 12 mai

 

Je te caresse les jambes en te gobant la gorge, tu me traites de vampire, je te nomme amour. Nos bouches sont rouges du sang des baisers à la sortie du Super.

Rita Hayworth n’en a pas fait tant.

Tu as passé quatre années à Avignon chez les soeurs de l’Immaculée conception, tu y as entendu parler de beaucoup de choses et tu en as vu qui ne t’ont pas tentée. Tu es belle, tu as chaud ce soir. Tes épaules rondes et tes bras minces sont par-dessus les draps, tu te tournes et te retournes dans ton lit, tu soupires puis tu te découvres un peu plus. Allonge-toi sur le ventre que tu as si joli, laisse ma main courir sur ton dos, glisser sur les fesses, les doigts souples jusqu’à toucher les petits poils follets et la fente humide. Tu es rentrée ce soir-là à la maison, distraite, hors du cours habituel du temps, inattentive, tu as demandé à ta mère de répéter une question, tu étais dans la lune disait-elle, tu avais les mains brûlantes et les lèvres gonflées, que se passait-il dans ta tête? Tu as cassé ton peigne et tu t’es couchée sans faire ta toilette intime de chaque soir, tu as négligé de passer ta chemise de nuit, tu as allongé et replié tes jambes. Une chaleur, un feu est en toi. Et c’est, c’est tout à coup la montée d’une sève irrépressible, la sourde brume du printemps devient source de miel. Demain matin, tes draps porteront ainsi des traces de ton rêve.

 

Et puis la source fut intarissable.

Bonsoir bébé.


Las Palmas 13 mai

 

Tu te souviens, quoique le trolley fût désert on joua à l’heure d’affluence, à se serrer l’un contre l’autre, je fis une grimace à un vioque qui nous souriait de tout son dentier de pébroque de quarante ans.

Tu portais une robe claire, légère, assez courte il faut dire - en général il te manque toujours un petit centimètre par rapport à la norme, hein, Tom pouce ? Nous faisions un joli couple, toi avec tes jambes bronzées mises en valeur et moi avec mon pantalon blanc et ma chemise blanche impeccablement repassés, amidonnés, omo lave plus blanc.

On est secoué, on tourne et on se penche un peu plus, on est très serré l’un contre l’autre et j’ondule un peu du ventre contre des hanches rondes, ton jeune corps tiède ne me laisse pas du tout indifférent, cela se sent, n’est-ce pas ? Une tierce présence semble pousser contre tes cuisses, grimpe à l’assaut de tes reins et te fait frissonner; ah ah ! la petite fabrique à miel se met en marche ! ma main part en exploration sur une fesse, je caresse une croupe qui ne se dérobe pas, je retrousse la jupe le jupon et millimètre par millimètre les doigts remontent sous la robe, parviennent à la lisière de la culotte de coton blanc, ils frôlent ton intimité et atteignent le sexe, je vais aux renseignements d’un doigt dynamique et je sens la liqueur de bienvenue au rendez-vous, petite humidité de miel. Au Super, ce serait super. En bus c’est encore plus super. Il est des inondations qui ne s’inventent pas, ma chère quelles cascades !! Je veux bien croire que madame mère fit une réflexion le soir venu !!

Où est-on ? Car ou strapontin de ciné ?

Il y eut un grand bruit dans les travées au moment où je posai ma main sur tes genoux, rien n’est plus exacerbant que la cloche d’une jupe où se cache la caverne d’Ali Baba. Tu as croisé les jambes, mes doigts sont air et souffle sur tes cuisses, tu as tiré ta robe pour cacher cette main étrangère qui partait à la conquête d’une culotte de soie à la douceur religieuse d’un ventre chaud. Une main alanguie sur les seins, l’autre montant le long d’un élastique grimpe les jambes, touche le tissu de la culotte, l’élastique ! Elle tressaute, se débat, lutte sans parole, la main recule rampe concessionne réapparaît se cache violente soudain, les bouches se musellent aveuglement, la main desserre une cuisse l’autre se ferme sur un sein, la main enjambe s’étonne, se rend folle et ma Mireille s’affale auréolée d’un désir d’enfant peureux belle plus belle encore.

 

Elle rentrera chez maman avec des rougeurs d’enfant bien élevée qui a couru pour ne pas être en retard, elle porte l’amour comme une deuxième peau, elle rayonne, ils ne voient rien, dans son lit elle se serrera très fort pour être miel plus encore.

 

Et ce jour-là où je t’ai renvoyée sans soutien-gorge, qui l’a vu, te regardent-ils, chez toi, lorsque je t’ai dit au revoir, plongeant mon regard dans le jacquard brun, j’y ai bien vu, moi, deux seins ronds dont le lainage agaçait les pointes qui se dressaient fières au bout de leur mamelon. Tu avais été surprise que je t’envoie ainsi chez l’épicier du coin et puis surprise du regard qu’il t’avait lancé, et chaque fois, la source à miel avait fonctionné !

 

A demain, si les vents du large le veulent bien.


 

Face aux îles du Cap vert, mi-mai.

 

 

Ma Mireille chérie, Vite, vite, deux mots, pas le temps d’en écrire plus, il y a du boulot, cela secoue un peu. Je pense à toi sans cesse, à tes yeux, à tes cheveux, à tes seins, à ton ventre et à mon petit jardin secret où bourdonnent les abeilles. Caresses à tout cela qui me manque, et moi, je te manque ?

 

Dans cette correspondance très en dehors de la norme, le régal est que la réponse ne viendra que bien plus tard et que je ne t’écris pas pour être lu demain, et que je t’écris sans savoir même si tu me répondras, pas même si tu me liras. Et si toutes ces pages allaient directement au panier ? Après l’altercation avec ta maman, c’est bien possible !

 

Mireille, tu trouvais des raisons ingénieuses de t’absenter, et du club et de la maison et du bureau, trouveras-tu les bonnes raisons pour piquer le courrier avant tout le monde ?

 

Je rêve à ton corps joli, petite amie, et de l’avoir dénudé me fait frissonner encore, l’image de la fille nue que j’ai découverte demeure lumineuse perpétuelle sur le fond de ma rétine puis devient cette belle plante qui est près de moi chaque soir, arrivant souvent en courant, emportée par le fou désir d’être serrée dans mes bras et puis tous les deux on n’ose pas trop bouger. Elle ferme les yeux et tremble quand je l’embrasse, elle est délicieuse.

Où sont tes émois et tes pudeurs, maintenant, dans quels rêves ? Je suis langoureusement tien et j’espère les occuper tout entier, sans partage.

 

A vrai dire, je n’ai rien dévoilé du tout la première fois. Tu es venue dans ce petit deux pièces que j’avais loué et j’ai dit : Je nous prépare un café. Revenant de la cuisinette, je t’ai trouvée allongée sur le lit, entièrement nue, les jambes ni serrées, ni écartées, nue, simplement et je ne sais si tu t’es doutée du cadeau merveilleux que tu m’offrais et pourtant, je ne sais comment dire, mais tu n’étais pas une femme nue, tu étais, tu es Mireille, simplement, et sachant ton vrai désir, je t’ai respectée, petite Puce, pucelle.

 

Je me suis assis près de ta tête, j’ai caressé tes boucles souples, effleuré l’angle du menton, emprunté du dos de la main un parcours sinueux qui m’a amené sur une belle poitrine ronde où palpitait un coeur emballé, tu as bougé la tête et tu l’as déposée sur ma cuisse et tu as dit d’un air si émerveillé :

— Tu bandes.

 

Plus tard, chavirés tous les deux, nous sommes allés boire un verre au café du coin et tu es montée dans un taxi pour te faire reconduire à la maison.

 

Et de penser à ta maison me fait penser à la soirée cadeau nuisette. Serait-elle là, la faute. Ta maman avait trouvé mon cadeau très joli, puis lorsque timidement d’abord, glorieusement ensuite tu es venue te montrer, elle a battu des mains, magnifique avait-elle dit ! Quelle belle fille, n’est ce pas et devant mon acquiescement, elle a proposé de voir comme dans le conte laquelle serait la plus belle et tout soudain elle est montée passer une de ses robes de nuit.

Tu te le rappelles ?

 

Bisous. Gros Bisous.


En mer, courant des homards, côte à côte avec un Chinois,

 

Mireille choupinette,

 

C’est bien vrai n’est ce pas, que je n’ai rien dévoilé du tout, enfin, le premier. Il y avait eu des jupes un peu soulevées, des culottes et des soutiens un peu bousculés mais pas de grandes plages de nudité vraie. Tu es venue dans ce petit deux pièces que j’avais loué et je t’ai trouvée allongée sur le lit, entièrement nue, les jambes ni serrées, ni écartées, nue, simplement et je t’ai adorée comme tu le souhaitais, en te respectant jusqu’au bout, petite Puce, pucelle.

 

La fois suivante, tu es entrée en coup de vent et le plus simplement du monde, tu as fait passer ton beau gilet vert et mauve par-dessus ta tête. Tu ne portais ni chemise ni de combinaison, tu as tordu les bras pour dégrafer le soutien-gorge et puis, innocemment, torse nu, en jupe brune tu as raconté je ne sais plus quoi. Je t’ai demandé de venir près de moi et tu as souri, tu t’es approchée et je t’ai serrée par les jambes; C’est toi qui ce jour là a commencé à me caresser, le visage d’abord. Puis pendant que tu défaisais mes habits, moi, je t’ai caressé les épaules, les seins ... déjà avec comme un peu d’habitude, les vieux couples se forment vite, j’arrondissais tes flancs, ici et là je m’égarais dans ton dos, je descendais sur tes fesses, tirais sur la fermeture de la jupe, cette jupe quittait le paysage, et tu t’es redressée pour enlever toi-même ta culotte que tu as jetée en l’air. Elle est tombée sur la petite posture qui était sur le meuble où je rangeais les quelques assiettes et couverts que j’avais. Vêtue de ta splendeur mate du midi, tu m’as bousculé et nous sommes tombés tous les deux allongés, toi pelotonnée contre moi, corps chaud et gracieux ronronnant de bien-être.

 

Nous avons vécu des jours merveilleux, fantastiques, très surprenants, qui donc imaginerait qu’un garçon et une fille sont restés nus durant tout ce temps à simplement, seulement se caresser, lui toujours surpris de la fontaine à miel, elle toujours étonnée de la vigueur sans cesse renouvelée du sexe masculin.

 

Trente jours, comme au premier jour, j’ai caressé de gestes légers le petit corps qui gisait; lorsque la caresse arrive sur la hanche, le petit corps ondoie un peu, se tord et la petite voix dit :

— Oh ! oui, j’aime, j’aime.

 

Bon, ben j’ai un rhume, c’était à prévoir, avec le vent qu’il y avait hier, je disais donc : je n’écris pas pour être lu demain mais pour sourire à une image jolie restée au fond de mon coeur.

 

Attention, j’éternue ! Non, ne m’embrasse pas tu risquerais de prendre tous mes petits microbes.

 

A l’instar de Devos j’ose dire que la mer est démontée et cela n’arrange pas ma santé, je crois bien que j’ai le mal de mer à moins que ce ne soit que le mal de voyage.

 

Quel temps fait-il à terre, comment se porte le Rhône, les grands travaux autour de la gare Saint Charles sont-ils finis ? Vas-tu sans moi au cinéma, quelle robe portes-tu ce matin, quel plaisir ce serait de te l’enlever, comme la première fois où nous fûmes nus dans les bras l’un de l’autre et ce fut si merveilleux, ce plaisir de la peau était un plaisir de surcroît sur lequel on n’avait pas compté, les auteurs n’en disent rien qui ne parlent que d’âme ou de bitte et de con mais de peaux.

 

Comment va ta santé, pas trop de miel pour rien, cela fatigue, paraît-il, c’est Christa qui me l’a dit, Christa un soir que j’étais resté chez ta cousine, toi, tu venais de partir avec ta maman.

Ta maman qui, oui, maintenant, cela semble plausible, ne m’a plus vraiment aimé, semble-t-il, après ce soir-là où elle est descendue dans une époustouflante chemise de nuit et s’est mise dans le canapé de votre salon, à côté de toi.

 

J’en suis resté un peu étonné, je ne voulais pas te mettre en compétition avec quiconque et comment choisir, que choisir entre ces deux femmes qui étaient légères vêtues devant moi très petit garçon, un peu embarrassé tout de même. Je nous ai servi un nouveau verre de rosé et je me suis assis entre vous deux, nous avons gaiement devisé, on a ri et on s’est retrouvé plus ou moins étendus au bord de la terrasse, ta tête sur mes genoux et la mienne sur les fesses de ta maman. Très tard, plus tard, je m’en suis allé, c’est vrai qu’elle ne m’a pas dit au revoir, mais je ne me souviens plus très bien. Une semaine plus tard, c’était le drame !

 

Je te dirai comment est l’Afrique noire, tu sais, ce sont des contrées que je ne connais pas encore.

 

Au revoir et toutes ces sortes de choses que l’on dit à ce moment-là.

 

Vaya con Dios

 


 

En mer face à des côtes de pirates, 17 mai

 

Petit poussin,

 

Je ne trouve pas de papier convenable et je ne peux quitter la passerelle, je t’écris donc sur une page déchirée du cahier que le radio a laissé traîner.

Comme je le disais, j’écris pour rêver et me forcer à sourire à mon petit fantôme d’amour qui court toute nue du sofa à la cuisinette.

 

Que fais-tu ce matin ? Et peut-être te poses-tu la même question à mon propos. Pour nous, pour moi, c’est tout simple. Je suis de quart avec le second, et je sais que personne n’y comprend rien parce que nous marins, nous ne parlons jamais comme les autres, le premier est capitaine mais le commandant l’est aussi et ainsi de suite, le quart donc, douze quatre cela veut dire que je travaille chaque jour de minuit à quatre heures et de midi à quatre heures.

Je dors le matin de quatre à huit et le soir de huit à douze.

 

On ne répondait pas aux coups frappés à la porte de la cabine, j’ai décidé d’entrer, tout peut arriver avec des passagers qui n’ont pas le pied marin et la petite gouvernante des deux hollandaises avait pu tomber, se blesser, que sais-je ? Pour être indiscret, et surpris ce fut gagné, je vois d’entrée le radio qui embrasse la passagère dont je ne vois que le dos, la jupe souplement relevée par une main exploratrice.

— Excusez-moi, dis-je mais on va faire un exercice d’abandon.

 

Allez, je te laisse.


18 mai

Abidjan, Côte d’Ivoire

On est allé en autobus pour visiter une réserve naturelle, des singes et tout ça, il y avait des touristes et des civils. En face de moi, un joli couple comme nous avons dû être quelquefois dans les transports en commun. Nous conduisions-nous comme ceux-là, moi comme lui, qui lancé à corps perdu dans un bouche-à-bouche revitalisant saccageait la jupe ample de sa compagne en caresses envahissantes. Son chemisier fut un moment même déboutonné sur des seins ronds et dans les mouvements désordonnés de la main en bas apparut furtivement un ventre tendre et bombé. Heureusement, ils commencèrent à regarder le paysage dès que l’autocar roula dans la savane.

 

 

Je t’embrasse sur les deux joues.

Le grand méchant loup,

celui qui dévore et la grand-mère et ton petit pot de beurre et le chaperon rouge.

Je me dépêche de fermer l’enveloppe, le courrier part, vite le dernier mot, écrire seulement pour lui dire.

je t’aime.


Le 21 mai,

Pointe-Noire,

 

 

On a déjà joué un peu les omnibus et il paraît qu’on va faire du tramping tout autour de la pointe africaine. On a vu Douala et Libreville, on a stationné au large de Port-Gentil, nous voici à Pointe-Noire.

 

A Pointe noire où une silhouette qui passe me rappelle ton image et de suite me viennent les images d’un après-midi beau comme aujourd’hui où tu étais allongée sur ce sofa où tu t’es tant égratignée les fesses, je suis à genoux sur la moquette râpée jaune sale et je te caresse les mollets, je te fais pivoter et te tourne vers moi, te disposant jambes écartées, écartelées même perpendiculairement au mur que nous avions appelé pompeusement bibliothèque à cause de la petite étagère où l’on déposait nos livres et journaux.

Alors, calant ta tête sur un coussin et te soulevant pour que le deuxième coussin soit sous tes reins, tu m’as dit :

— Pose ta tête sur mon ventre et ainsi a commencé une litanie d’ordres exécutés de suite qui dura trois heures, trois heures bonheur plaisir.

— Mets ta bouche sur mon nombril, glisse un peu vers le bas, non garde les lèvres fermées, glisse vers la cuisse gauche, dans le pli de l’aine, lentement, doucement, plus lentement, laisse les lèvres un tout petit peu ouvertes, glisse sur les poils maintenant, de gauche à droite, sur la bosse du pubis, prends entre les lèvres quelques petits poils et tire, repromène ta tête de gauche à droite sur le haut du sexe, maintenant, descends délicatement, oui, là, sur la fente, fais bouger un peu la peau et les poils, doucement, non seulement les lèvres entrouvertes, souffle un peu comme un vent chaud du désert, comme le kahmsim, je me sens gonfler de l‘intérieur et toi amour, tu gonfles aussi, tu es tout dur, je te sens contre mon pied, pose une main sur la cuisse un peu à l’intérieur puis l’autre sur l’autre cuisse, glisse lentement vers le haut doucement tout doucement de la pulpe du pouce, de la pulpe des deux pouces glisse vers ma source d’amour, ma source à miel.

 

Et c’est ici que tu as dit ce mot pour la première fois, il nous est resté très commun : miel.

 

Ah, cette source !

Je me suis décerné après cette découverte le titre de docteur erotis causa, je ne pouvais pas moins.

 

Alors l’habitude, disais-je, le vieux couple, tu entrais et sitôt :

— Déboutonne toi donc un peu de grâce il fait si bon ne reste pas emmitouflée.

Non, pas aujourd’hui, je raconte, reste habillée dis-donc ! Nue, seulement pour moi, tu sais.

 

Tiens, envoie-moi donc une petite mèche de ces cheveux-là que j’ai tant embrassés. En voici une de moi qui te porteras bonheur.

 

J’ai bu un verre de vodka au mess des officiers de la compagnie, et je nous sommes porté un toast, tu te rappelles quand tu es venue avec la bouteille que tu avais chipé dans le bureau de ton oncle, d’abord et comme à l’accoutumée j’étais nu sur le sofa et tu as appuyé cette bouteille qui sortait du réfrigérateur contre mon dard qui contrairement à toutes les idées reçues s’est mis à se dérouler, prendre de la hauteur, devenir as-tu dit presque plus grand que la bouteille. Tu as enlevé ta jupe, pour ne pas la chiffonner, et tu t’es assise en tailleur en face de moi avec ta bouteille et deux verres. Déjà depuis une semaine, lorsque tu venais, tu ne portais pas de slip, à moins que tu ne l’aies enlevé dans le taxi ou en montant l’escalier et qu’il soit roulé en boule dans ton sac, je n’ai jamais posé la question. Le chatoiement de ta petite chatte est un excitant fabuleux, tu nous sers, on choque les verres à notre santé et les yeux dans les yeux et les bras mêlés nous avons bu un peu, renversé beaucoup, ce qui fit des petites rigoles à boire sur ton ventre chaud et froid, sur ta poitrine et je te dévorais des yeux, le sexe surtout et puis j’ai léché en te disant attention, si l’alcool arrive à la mimine, tu vas hurler !

Encore un coup à ta santé,

Je lèche puis je repose les pouces, tu aimais cela, délicatement pour étirer un peu le petit orifice, puis je glissais l’index, gentiment, les deux parfois, pas trop loin, puis on revenait s’endormir un peu sur la fourrure, et tu restais à rêver, je ne sais de quoi avec ma respiration chaude et courte contre ton sexe.

 

Respiration chaude et courte ... et ce soir-là dont nous avons déjà parlé ? Elle était étendue, on saura plus comment on en est arrivé là, à plat ventre, elle avait les jambes un peu écartées, ses fesses qui sont belles tu sais, c’est vrai, visibles sous la soie sauvage très fine, je sais que j’ai été à un moment presque sur elle, tu me pourchassais, je ne sais plus bien pourquoi  et je suis arrivé avec le visage contre son derrière, souffle chaud et court, certainement, mais, je me suis tourné et j’ai posé une main à côté d’elle, l’autre il vrai près de son entrejambe, pour me soulever, prendre appui, basculer vers toi qui glissais ...

De quoi se souvenir encore ?

A demain.


 

 

 

 

 

 

22 mai

 

Laisse-moi dormir disait-elle ...

Et cette image-là ne me quitte plus est-ce toi ou est-ce ta maman qui dormait nue, plus tard au cours de cette nuit là ?


 

23 mai Banane

Ma chère Mireille,

 

Quel formidable arrivée à Banane, je veux dire : dès que le vaguemestre a pu monter à bord. Je ne m’attendais pas à recevoir une jolie lettre de ta part puisque lorsque je t’ai donné les adresses courrier du voyage, tu m’avais laissé entendre que tu avais la plume très poussive sinon ultra paresseuse.

Je n’ai pas encore rencontré les Peuhls en question, d’ailleurs ici, elle n’ont déjà plus cours, on voit des bacongo et des bantoues aux seins d’ébène, très fières noires, n’est-ce pas une petite pointe de jalousie qui montre ici sournoisement le bout de son nez ?

 

Que tu veuilles te mettre quasi nue pour ressembler aux petites noires d’ici m’emplit de joie. Mais alors, comment ferais-je pour écrire  ? comment écrire, penses-tu, mais oui, souviens-toi de ce soir-là où nous avons suivi ensemble une présentation de mode et où ayant voulu prendre des notes, je me suis rendu-compte que je n’avais pas de papier, me tournant alors vers toi, j’ai dans la pénombre et sur tes cuisses somptueusement découvertes écrit quelques mots. Une écritoire divine !

Si tu es toute noire tu dois être très belle dans ce nouveau maillot que ta maman t’a offert, fait-il assez beau au Prado pour que tu puisse le mettre déjà. J’aimerais repasser à Cassis un moment de vie. A bientôt, sauf ouragan monstrueux ou torpille de la vieille guerre passée, je serai revenu pompier pour les grandes vacances.

Caresses multiples.

 


 

 

 

25 mai

Boma

Lettre de grand fleuve, lettre de miel

J’ai relu mille fois encore ta gentille lettre. Ah comme cela a été un plaisir d’arriver à Banane.

Trop jeune ? On n’est jamais assez jeune, petit poussin. Ton âge, le sais-tu est un moment privilégié de grande beauté, et c’est très bien que tu ne te maquilles qu’avec parcimonie comme je le demandais. D’ailleurs, pour quoi faire, tiens, par exemple le rouge à lèvres, on connaît mieux, non ? comme lorsqu’on se mordit les lèvres dans la ruelle, un bus passe puis un train au loin qui brinqueballe la longueur d’un baiser hollywoodien.

Long long baiser.


26 mai

Boma

 

T’ai-je dit qu’ils ont tiré au canon dans le cinéma ?

Je ne comprends rien aux guerres sinon qu’elles ennuient tout le monde et que je me demande bien à qui elles rapportent - vraiment quelque chose ?

 

J’ai encore aux lèvres le goût de tes lèvres, je t’aime autant que les deux bouteilles de champagne bues à ta santé au barbecue, c’est ainsi que les Américains nomment ces parties de campagne où l’on mange de la viande grillée et les Européens d’ici sont plus fada d’Amérique que les Américains eux-mêmes.

 

Je pense à toi au chaud de ton petit lit. Tu es ma vie, tu es mon corps, tu es mon sens.Tu m’as donné la douceur tendre de tes lèvres, le toucher de soie de tes doigts, le ciel bleu de ton regard.

Je te serre dans mes bras.

Un brouillard équatorial étouffe tous les bruits, entourant d’un halo les grues du port, dans cette brume, je m’imagine te serrant, t’embrassant interminablement comme lorsque je me suis risqué à élever mes doigts gantés à hauteur de ta poitrine pour les poser l’instant d’après sur un arrondi tiède, emmitouflé. Un seul baiser, une seule caresse et je suis parti tandis que tu courrais vers la voiture de ta maman, stationnée au parc, derrière le restaurant. Nos gestes ont été heureux et confidentiels, beauté à jamais consommée des premiers gestes.

 

Supposons qu’on soit couchés tendrement toi et moi supposons que je glisse ma main entre nous et toi tu fais de même et nous nous apercevons des grands sentiments que nous nous portons. Je pousse un peu mon avantage et il t’en vient des larmes de bonheur, un doigt puis deux puis peut-être le petit annulaire autour de l’anneau auquel il est naturellement destiné tu n’es plus qu’un marécage et tu n’as plus toute ta raison j’investis trois doigts et l’essentiel devient la présence la cadence.

 

Et si ce soir-là dont on a déjà parlé , j’avais glissé en prenant appui, et si ma main gauche, maladroite avait ripé, et si c’était la vérité que ce soir-là la rivalité était telle que mère et fille en soies et nylon étaient, mais oui, ce fut ainsi, sans culotte ! Mais à un moment donné, nous étions bien emmêlés tous les trois, et un homme et deux femmes sans culotte, est-ce raisonnable ? Ai-je été timide ou au contraire trop audacieux ? Ai-je dit que j’avais quitté à la fin de la soirée ? Tu dormais, nous t’avions portée, ta maman et moi dans ta chambre parce que, oui, tu t’étais endormie, trop de vins et d’apéritifs ... et nous t’avions mise au lit, ta robe trop courte dévoilait à chaque instant la fourche de ton corps. Sitôt que tu as été étendue sur ta couche, nous sommes redescendus, ta maman et moi, je crois bien. Et parce qu’il n’était pas trop trop tard, nous avons encore débouché un peu de ce vin sec qu’elle a dit avoir rapporté de chez des oncles et tantes de la haute vallée du Rhône.

Le chant des oiseaux nous a éveillés, elle et moi. Moi le premier, je suis allé à la cuisine pour faire du café, elle s’étirait quand je suis revenu à l’entrée de la terrasse, elle caressait voluptueusement son corps au travers de la soie, comme une chatte paresseuse. M’apercevant, elle m’a pourtant fait un sourire en disant:

— Tiens, vous êtes encore là, vous !

 

Et je suis toujours là, mon coeur.


Mireille,

 

28 mai Matadi

Écrit-on ceci et cela, je parle de mes mots de chaque jour dans ces lettres, c’est vrai que je n’en peux de penser à toi, à ton corps, à cette source intarissable de ton bonheur, à une personne qui se dit ( ou à qui l’on répète ? ) bien jeune, suis-je ambigu, bien jeune ici pourtant pas trop jeune, laisse tomber ta jeunesse sociale et sois donc toi-même.

 

Aimer

Aimer tous les jours d’un amour quotidien qui ne peut se passer de lui-même, dis lui, à elle, ce que je pourrais lui dire et peut-être l’ai-je dit ?

Vous ne savez pas qui je suis vous ne saviez même pas que j’existais mais moi je vous connais tu te rappelles que je lui ai peut-être dit cela, Mireille, alors à toi comme à elle, j’ai envie de vous écrire une longue page d’harmonieux coeurs à l’une et de tendres fleurs d’apaisement à l’autre, Mireille tracée à la ronde une page avec seulement ton nom et cela suffirait car cela voudrait tout dire et tes yeux de ciel et tes cheveux de blé et ton visage soleil, tout est triste sans toi, sans toi que j’aime Mireille je t’aime .

J’ai encore relu ta lettre. Une seule lettre arrivée mais ce soir je la connais par coeur, demain je la réécris les yeux fermés.

Très gros bisous sur les deux joues et puis sur toutes tes lèvres.

 


29 mai  Matadi

 

 

Ma Chère Mireille,

 

Avec des copains, je suis allé boire un verre à la Boule rouge, marrant, le barman de Brazza et une petite noiraude du nom de Maria dont je te parlerai. Tu sais qu’ici les hommes dansent plus volontiers entre eux ? Maria

Un petit chemin derrière la case de Maria m’a fait penser à notre petit chemin et au film, tu sais, «  La Française et l’amour  »

Ma main sur ton épaule, ma main sous ton aisselle, ma main contre ton sein.

Et je pense à tes seins dénudés par et je suis fâché que Gilbert ait pu les contempler, ton cousin, tes seins nus au bureau, dis-donc ! impardonnable ! Gilbert, je l’ai tué mille fois.

Ciné, Superciné, on avait même lors d’une dernière séance poussé le bouchon assez loin, tu t’en souviens, tu avais enlevé ta robe, ton corps était à dix centimètres de mes yeux, tu étais au début de la travée les bras levés et tu achevais de te dépouiller d’un entonnoir marron ligné que tu passais par-dessus ta tête, le rejetant au fur et à mesure par pulsations, en fait tu voulais changer de tenue pour aller dans ce petit bistrot. Devant mes yeux et mes mains sont apparues dans la semi-obscurité de la salle vidée, tes cuisses, tes fesses sanglées de nylon blanc, mes mains te chatouillaient les hanches, les cuisses, les jambes. J’étais étonné devant un slip schématique presque réduit à ses coutures. Tu m’as dit que la mode les voulait désormais petits minis.

En portes-tu toujours de pareils ?


30 mai Matadi

 

 

Ma chérie,

Qu’est ce que la bière est chère et pas trop bonne, ici, en plus, Primus ou Polar, il faut l’acheter au litre !

 

Je ne peux plus vivre sans toi c’est très clair cela, je me disais cela l’autre fois, je l’ai vue cet après midi je l’ai revue encore et voila que ce soir je veux te revoir et demain encore et ici à combien, six mille kilomètres ? Je te voudrais tant contre moi.

Te voila chez toi je refais la route sans toi je rentre me coucher; pour amadouer ta maman j’accepte le verre de vin qu’elle m’offre, comment ne pas confondre tout et je n’ai pas trop aimé ce retour de Cassis la première fois quand on y est allé en bande avec elle et ses amis et des gens du club et des gens que je ne connaissais pas, je n’ai pas trop aimé ce Verbandert, quel est son prénom, encore ? Gaston, qui est entré si cavalièrement chez vous et a renversé ta mère sur le lit, soulevant si haut sa jupe qu’on a vu sa culotte. Et j’ai aussi trouvé curieuse la relation avec Luc, mais ne m’avais-tu pas dit qu’il était le frère de ton père, c’est compliqué les familles, je ne comprends rien à la mienne alors j’y entends encore moins à celle des autres.

 

Je reste une demi-heure dans le tournant de la rue je n’irai pas plus loin qui m’éloigne trop d’elle; elle m’a accompagné jusqu’au carrefour et m’a dit à jeudi c’est un rendez-vous, un rendez-vous, n’oublie pas que c’est jeudi qu’elle a dit, jeudi et que nous sommes lundi.

 

 

 

 

3 juin

 

Mireille

 

 

Ah Super ciné que je ne parviens pas à oublier !

A l’entracte nous avons quitté la terre pour le septième ciel dans le septième art, la main errait partout par-dessus les habits, tu ne se défendais pas trop.

Et la piscine, tu te rappelles ? A cette piscine municipale l’eau de Javel et l’eau chaude composaient un bouillon âcre aux yeux une odeur fade de soupe à l’urine discrète transpirait sur les carreaux des murailles, les nageurs à peaux pales s’emplissaient d’in out inspi expi et grands gestes bien désinfectés.

Ton deux pièces de laine vert pomme t’épousait tellement qu’à un moment, tu semblais plus nue que nature, heureusement, la fois d’après nous avons pu aller à Port Miou pour nous baigner.

 

Et voici qu’aujourd’hui comme le lendemain de la piscine je me sens un peu fiévreux, mais c’est pareil, je suis allé à la piscine ce matin, oui nous avons cela ici au club house et j’ai transpiré puis séché, sait-on jamais dans un courant d’air alors ici sous l’équateur ou chez toi à Marseille, c’est pareil, rhume peut-être fièvre ?

Oui, me voila tout fiévreux et cela me rappelle lorsque tu es entrée dans le petit appartement en beauté alors que j’avais une fièvre carabinée au moins 40°, tu te souviens ? Tu as posé ta main sur mon front et fais une petite grimace, j’ai un peu repoussé le drap humide de transpiration et tu t’es exclamée même malade, pas de pyjama c’est honteux.

 

Je suis fiévreux

 

 

Néanmoins, je pense à toi, je vais dormir avec toi qui m’enveloppes fiévreux de fraîcheur partout, bonne nuit tendre Mireille.

 

Un gecko est entré dans la cabine et le top top top de ses pattes m’énerve. L’Afrique c’est très beau en images, en réalité, cela nécessite souvent un masque sur les narines et des boules Quies dans les oreilles. J’ai rencontré de tout, des colonels ivres, un chef de tribu qui a marié sa fille à Max, un organisateur de soirée jazz en brousse. J’ai visité une palmeraie, un cacaoraie - je ne sais comment on dit au juste, j’ai rencontré des hommes d’affaires intéressants et quelques petits blancs, j’ai bu pas mal et très sec et j’ai regardé tomber la pluie équatoriale tous les soirs. Tu sais, ici à 6h1/2, il pleut chaque jour.

Jean-Luc me dit que l’on écrit cacaoyère, il doit avoir raison, il y a des mots comme ça, on ne les attend pas et ils existent.

Sais-tu ce qu’est le bouvril ? C’est là où on parque les boeufs avant de les embarquer ou de les conduire à l’abattoir.

Et une batelée ? C’est le contenu du bateau. Et l’accent ^ sur le a de bâteau, tu le mets toi ? T’as raison, il n’en faut pas. On écrit bateau et château. Vive le français de chez nous.

Et le cul, ma vieille, c’est dit le dictionnaire la partie de l’homme qui contient les fesses et le fondement, de l’homme ? Est-ce que cela voudrait revenir à dire que la femme n’a pas de cul ? Culons donc. ça n’a rien de vulgaire, culer chez les marins et les charretiers, c’est simplement reculer.

 

Bisous partout et même sur ton cul.


 

 

 

 

5 juin, on déhale, demain on culbute le chaudron de l’enfer et on se retrouvera à Lobito sous peu.

 

Je t’embrasse sur les deux joues. chaleur

 

 


6 juin

Lettre de mer, lettre de miel

Les doigts s’affolent à la lisière des bas, jouent avec les jarretelles, éprouvent la douceur de la chair entre le nylon et la culotte et glissent un peu plus vers le haut, un peu plus loin, un peu plus en avant. Je mouille, dit-elle, tu sens comme je mouille, comme j’ai envie de toi, oui, mets-y le doigt, les doigts, attends que je m’avance au bord du siège et que je m’écarte un peu plus encore. Tandis que je te caresse, tu avances la main vers moi, tu la glisses dans ma poche, tu sens mon vit, en pleine érection. Cela t’émerveille de me sentir dur comme cela et nous avons, toi et moi vraiment du feu au ventre, entre les cuisses, entre les fesses. Tu te tortilles sur le coussin et je me dis que ce serait plus simple si tu enlevais la culotte, c’est vite fait de se soulever un peu, personne n’y verras rien que celle qui se cherche une meilleure position pour un long voyage dans une automobile un peu étroite, en définitive pour quatre personnes. Te voici donc le derrière nu et la mine ouverte sur le velours rêche de la banquette arrière de la Floride. Ça nous excite encore plus, et plus encore lorsqu’on regarde la nuque de ta mère et de ta tante, aux places avant.

Je te laisse,

je te fais la bise et je glisse de la joue aux lèvres, tu sais lesquelles, n’est-ce pas.

 


Lobito, le 7 juin.

 

Je regarde à gauche, un hublot ouvert sur une cabine montre des draps défaits, tu te souviens de ma tête que tu avais tirée sous les draps. Je regarde à droite, une automobile remonte le long du quai. Tu te souviens de nos deux trois jours en voiture.

 

Tu roules trop vite m’as-tu dit inquiète.

On s’est donc arrêté, on a marché deux ou trois minutes.

Nous avons regagné la voiture et nous sommes repartis, rieuse, les yeux illuminés, tu te tournais sans cesse vers moi. Tu avais placé ta main sur ma cuisse et moi-même, je conduisais d’une main, laissant l’autre vagabonder sur ton genou poli que la robe découvrait. Sans t’en dire un mot, je prenais soudain une voie de parcage et tu demandais : « qu’est ce qu’il te prend ? » alors que tu le savais fort bien, je bloquais la voiture, je te prenais dans mes bras , je t’embrassais fougueusement, je te serrais contre moi, je te caressais et tu disais «  mais Monsieur, laissez-moi, que faites-vous là, que sont ces mains -là ? » tu te dégageais après leur avoir laissé un peu de temps et nous repartions du soleil plein le coeur.

Quoique tu fasses, mon lit dans ce petit appartement derrière la mairie du deuxième arrondissement se souviendra de ton corps, avant de partir, je me suis agenouillé et j’ai longuement respiré l’endroit où se posait le plus souvent ta tête, plus bas, il y avait même un poil tout recroquevillé.

 

Bisous partout, petit coeur de miel.


 

 

 

 

8 juin Lobito le matin, puis route vers Port Alexandre.

 

Envoie moi donc l’une de tes petites culottes que j’aie jusqu’ici la vraie odeur de ton miel.

 

Bouche à bouche;


 

 

9 juin, vers Luanda

 

Une, deux, trois lettres de toi et des photographies.

Sur la première photo photograph, si je la reconnais bien, c’est ta maman dans cette très jolie tenue de baigneuse olympique, est-ce à Monte Carlo ? Dis-donc, elle a un corps à faire bander tous les officiers du bateau, je le savais déjà mais voici la confirmation, je l’affiche au carré !

 

Sur une autre photo, je te vois avec cette robe chinoise. J’ai adoré quand tu as porté cette belle robe vietnamienne ou chinoise vert foncé, avec cette longue fente latérale. Tu as été éblouissante au restaurant du Cintra et le garçon n’en est pas encore revenu, je suis sûr qu’il a vu quand tu t’es assise que tu ne portais pas de culotte. La vue de ton ventre nu, une fraction de seconde l’avait même fait trébucher, t’en souviens-tu ?

 

Bisous partout partout, petite fleur à miel.


11 juin Luanda

 

ma petite fleur à miel,

 

Je suis heureux que tu aies reçu la belle carte postale que je t’ai envoyée, de belles cartes, ici en Afrique c’est rare, et qu’elle t’ait fait bien plaisir, je suis plus heureux encore de savoir que je te manque un petit peu, que mon absence est un vide.

 

Tu sais, ton histoire avec le militaire, cela ne m’a pas beaucoup plu et je n’ai pas bien compris quand est-ce que cela c’est passé, comment as-tu pu finir par être dénudée debout face à cette crapule puis assise sur son divan et c’est un eunuque ou quoi, ce soldat qui n’a soi-disant [2] rien fait, il ne t’a pas touchée et ta maman n’en sait rien, voilà qui m’étonne, elle sait tout ce qui te concerne petite fabrique à miel !

 

Ciao.


13 juin En route pour Walvisbay

 

Ma chère chérie Mireille, je pose ma main magique sur ton ventre, je te prends dans mes bras tout entière et je te fais ronronner en peignant ta fourrure de mes doigts, dix, tu te rends compte, dix, ma vieille, ça change tout n’est ce pas !

 

J’entends à la radio une mélodie que nous avions écoutée en voiture, pendant que je conduisais, je caressais son ventre nu et c’était bien agréable, pour toi et moi.

Je serre ton bras, c’est ton bras, c’est ta main ta main ta main dans la mienne ta main dans ma main qui joue avec tes doigts tu connais Bécaud bécot bisous sur la joue ta main ne me quitte pas ta main à quinze ans en leur appuyant sur le ventre les poupées disent maman elle ferme les yeux quand on la couche elle dit maman quand on la touche tu connais Brassens je serre son bras elle entrouvre la bouche merveille de la technique  je t’aime Mireille, bisous.


Walvisbay

 

 

Ici, nous sommes au pays des Blancs et Noirs, des Boers et des Anglicans, du vert et du désert, la Namibie, c’est un coin de Monde très à part. Des recherches minières particulières transforment un peu le pays en gruyère mais ils ont raison contre tous, c’est sûr qu’on trouvera quelque chose ici, n’a-t-on pas déjà trouvé du Wolfram, du chrome et de l’uranium.

Hé !

Que se passe-t’il, quoi donc ?

Voici un mot long, il est vrai mais très buro’s style. En étais-tu presque à m’écrire : J’ai bien reçu votre honorée du ...

Ah ! ? Ta maman a lu mes lettres et les trouve un peu, beaucoup paraît-il osées pour une conversation de jeune homme à jeune fille. Mal élevé, dit-elle même ? et pire, en fait, elle dit cochonnes, le dit-elle sincèrement, elle a tout lu ? Elle ne veut plus te donner les lettres ! Elle l’avait déjà dit mais cette fois ci elle met en pratique, deux lettres encore sont arrivées que tu n’as pas lues

 

La chose est simple et la cause entendue, tout se passe sur papier chère Madame Mère et la liaison d’une solitude au-delà de l’océan avec une nymphe de quartier ne peut guère prêter à confusion : il n’y a pas là de liaisons dangereuses, n’est-ce pas. Le service postal et l’armateur nous mettent à raisonnable distance bien que je compte les jours, les heures et les minutes pour se revoir, vous y compris, chère madame, n’en veuillez à mon léger persiflage, mais je vous aime bien aussi.

Le coeur et l’esprit du marin parti en lointaine pêche, aurait écrit Loti, bon écriloti, je déraille, on me met l’amour en tête et l’amour en tête c’est girouette et compagnie.

Mais de compagnie, restons, de bonne compagnie assurément.

Premio, Mireille est une grande fille, à son âge quelques femmes déjà régnaient sur la France, d’autre mourraient martyres crucifiées par des Mérovingiens ou bêtement des kapos allemands, polonais voire français.

Deuxio, vous êtes vous même une grande fille et savez bien que le courrier postal fait partie de ces droits incompressibles qu’on ne dénie pas même aux prisonniers des culs de basses fosses d’états zoulous, j’y suis, communistes, il y en a ou extraterrestre, mon ami a vu une soucoupe volante près de chez vous attention que les petits hommes verts ne viennent vous tirer par les pieds.

Tertio. Qu’ai-je diable bien pu vous faire ?

                        ou ne pas vous faire ?

Revenons au début : interdit d’écrire à Mireille, interdit de voir Mireille, interdit de ...

Assez d’interdit, je vous interdis toute interdiction me concernant. Pourquoi n’irais-je pas chez vous ? Votre maison est belle et votre fille aussi, voila deux bonnes raisons de continuer à la fréquenter ... et il y en a d’autres et c’est très méchant de me dire de ne plus écrire.

A Mireille.

Mais écrire à Mireille, ai-je bien compris, c’est un peu vous écrire aussi puisque vous lisez tout et demander explications et détails de tout, je vais vous les fournir, croyez le bien, nous n’avons rien à cacher n’est-ce pas ?

N’est-ce pas ?


15 juin vers Durban  et ce n’est pas la porte à côté

A Mireille pour sa maman,

Chère Christine,

                        Si vous ne vous appelez pas Christine, c’est la gaffe irréparable, sans doute la dernière à faire, mais il me semble bien que c’est Christine, - bien que Mireille ne dise que Maman.

                        Ainsi donc, voilà la cause de notre mal, une sorte d’indécision, mais vous posez mal la question, avons-nous été nus ensemble me paraît délicat comme question, ou plutôt la réponse me semble alternativement dangereuse, on reviendra sur le sujet.

Que veux-je dire avec : je m’ennuie sans ta main, j’attends sans vivre, ... Mais rien d’autre que ce que je dis, j’écris sans arrière pensée, Chère Christine, et Mireille a des doigts merveilleux, rien à en dire de plus que ce qu’elle pourrait peut-être en dire elle-même. Quant à l’appartement dont il est question, c’est un assez sordide logement d’une pièce plus deux réduits que le propriétaire loue à prix d’or à des étudiants, marins, infirmiers, hôtesses de l’air et autres passagers du temps. Mais n’importe où se conjugue le verbe aimer entre le soleil et les pièces sombres s’illuminent, les arrière-cours deviennent paradis. Mireille y est venue vivre, je crois, de belles heures toute nue et vous qui l’avez fabriquée et regardé vivre quinze années durant, vous ne pouvez que comprendre l’immense attrait qu’elle exerce, votre fille est belle, toute belle, très belle.

Souvenez-vous donc de cette soirée où précisément l’on chercha à savoir qui était la plus belle.

Qui ?


15 juin feuillet 2

Mireille chérie, dans cette enveloppe, une lettre pour toi, une pour ta maman, qui donnera l’une à l’autre, la première chez le facteur se donnera-t-elle la peine d’informer l’autre je ne sais, je sais que je vous trouve très spéciales et que je ne sais plus très bien à quels seins me vouer.

J’aimerais certainement être dans cet appartement dont elle demande compte et l’heure qui suit nous retrouverait au creux d’une bergère profonde devant un feu de bois dehors, les fantômes...qui ne peuvent être pire que ceux qui nous guettaient quand je te raccompagnais, justement vers la maison de Christine, est-ce bien Christine, nous sommes marchant, tu me tiens par le bras histoire de sauvegarder ta gravité sans cesse menacée par des aiguilles fragiles, tout près de la demeure, je ne tente pas de t’embrasser, les maisons noires trapues les haies vives le décor d’un réverbère le halo la nuit, il reste cinquante mètres mais on n’y tient plus, glisse tes deux mains dans ma ceinture, je fais pareil et je suis contre tes hanches, descend un peu, pas trop, mon pantalon pour le voir tendu magique vibrant pour toi oh! réveille toi ...

Tu es réveillée avec une formidable envie, faire l’amour tu es mouillée, j’arrive ma chérie et nous ferons l’amour je viendrai dans tes reins bouillants on regrettera un peu notre timidité, tu te rends compte, je suis parti et nous n’avons pas fait l’amour je t’aime si fort j’aurai de l’audace et tu en auras aussi tu seras ma fiancée, ma femme ma maîtresse reste au moins dans mes rêves et ce soir faisons la noce une noce à faire chavirer ce bateau.

 

Partout, des milliers, des millions de baisers.


 

16 juin

Honneur à la plus âgée, disons, la plus ancienne,

Chère Madame,

 

Puis-je donc vous appeler chère, ce n’est ni grand siècle ni frotte manche, chez nous à la marine, on dit lèche-cul, mais à une dame, cela prêterait peut-être à confusion.

 

La gifle dont m’a gratifié votre fureur ne m’a pas calmé et la menace de ne pas donner les lettres n’a pas suffi pour que je n’écrive pas, d’ailleurs, vous les avez données mais vous les donniez après les avoir lues, coquine !

Les choses ne se déroulent pas simplement avec les enfants, même les siens. Ils font souvent autrement  que ce que l’on croit. Oserais-je vous avouer ce que vous avez compris, ce que je confirmais hier, le séjour de Mireille à Fréjus chez Christelle n’a pas eu lieu, ce Fréjus était ce petit appartement de deux pièces et demie derrière le vieux port. Pourtant le téléphone ? Mais c’est toujours Mireille qui a téléphoné, le flanc bien calé dans les coussins du sofa brun, les genoux ramenés en angle, elle tenait divinement le combiné, une vraie pose pour publicitaires, elle était ainsi panoramique et impudique car toute nue, voyez-vous, la fente bien nette au milieu d’un buisson dégagé par mes soins de coiffeur occasionnel, je me souviens bien que je caresse ce sexe broussailleux pendant qu’elle vous racontait ses démarches fictives, puis, je l’ai un peu poussée, vous avez dû entendre, une fois au moins, un bruit puisqu’elle vous a incité à parler plus fort, tandis que je buvais son petit miel tout à la source. Ce n’est pas méchant, ce n’est pas obscène, c’est seulement le grand amour où tout est permis. L’avez-vous connu aussi ?

Si vous l’eussiez voulu je vous aurais écrit aussi mais le séjour à Cassis n’a pas remis les pendules à l’heure, et je reste à me poser des questions sur le fonctionnement des dames : Est-ce seule la ruche de Mireille qui produit du miel ?

Encore des explications ?  Des détails, mais, ne lisez-vous pas tout, si, alors vous savez tout n’est ce pas et vous trouvez tous ses baisers un peu idiots... non, ce n’est pas possible, aucune belle femme sur cette terre ne trouve idiots des baiser partout, et pas même les moins belles... Mais peut-être simplement vous en manque-t-il un peu, je me suis trop intéressé à Mireille et aurais-je dû vous courtiser un peu, et vous donner quelques baisers ? Mais, n’est ce pas gênant de baiser à la fois la mère et la fille, enfin, c’est vrai il n’y a pas que les baisers d’amour, il y a aussi ceux d’amitié, de sympathie... Il y a même l’amitié amoureuse qui a été dans la collection rose ou verte un succès de librairie. Madame, je ne vous l’affirme, Mireille est toujours la gentille et jolie fillette que vous connaissez, mal mais assez : Je l’ai mise à nu pour voir son coeur, je l’ai regardée, embrassée, humée, léchée, savourée, goûtée, caressée jusqu’à en avoir doigts et langue usés,

voila...

rien d’autre.

Comprenez maintenant que je ne puisse plus rien dire aujourd’hui et que je vous fais confiance pour remettre à Mireille le feuillet ci-après :


 

 

 

16 juin

 

Bonjour Mireille, tu vas bien j’espère.

 

Oublions la gifle magistrale la colère maternelle qui n’a été qu’un moment de réaction vive, allez,

 

Tu as besoin de l’accord de maman pour encore trop de choses, file lui faire un petit plaisir petit oiseau en cage tu es en cage va va vite laver la vaisselle...

 

Puis tu passeras ta belle nuisette, celle que je t’ai offerte et tu te regarderas dans le miroir, moi, ici je regarderai dans le miroir et c’est toi que j’y verrai, bellissime...

Et pour qu’elle ne soit pas jalouse, entrera dans l’image par la porte du fond, Christine avec la même robe de nuit, disons que j’en aurais offert deux.

 

Baisers de feu.


Kleinsee 17 juin

 

Pour dire qu’il n’y a rien, il n’y a rien ici c’est presque pis qu’à Korham shar !

 

Alors, j’ai bu une coupe pleine de champagne puis deux à la santé de tes prunelles, je me suis saoulé de ta photographie. De la première déjà, en maillot de bain noir très divine, éclaboussante de soleil avec ta maman, était-ce à un concours de plongée, quelle belle piscine, je ne la vois pas dans votre quartier, avais-je raison, c’est celle du rocher ?

La deuxième photo est très belle, elle calme l’esprit, et très digne, puis la troisième est-ce à l’école l’année dernière ? Il me semble que j’y reconnais la copine Bernadette à qui tu m’as présenté un soir.

 

Et puis, une nouvelle photographie dans la dernière lettre, très coquine, qui donc t’a filmée ainsi, quel joli petit paquet-cadeau, une Mireille toute belle sous un ruban rouge, merci pour l’attention, merci pour la photo nouvelle et les réponses à mes lettres par une très gentille très longue et un peu triste, non, je me trompe, lettre de 14 pages.

Une réponse avec photographie en nuisette, celle précisément dont on a tant parlé, dans un geste joli très étudié pour faire très naturel devant le miroir de la chambre de ta maman, est-ce elle la photographe, alors, l’entente est revenue, non ? Je la scotcherai à la paroi de ma cabine, j’ai désormais une cabine pour moi seul et t’ai-je dit que j’ai la fonction de navigateur adjoint, maintenant, au dos, je t’aimerai toujours éperdument c’est fabuleux ça, grand merci pour ton amour immense et maintenant raconte toi plutôt que de me raconter tous les potins et les faits divers du quartier, fais-moi des confidences j’ai besoin de toi pour vivre loin de toi.

 

 

Ma chérie,

 

Je regarde à nouveau toutes tes photographies et je relis tes lettres. Dis, sur la dernière, il me semble tant les transparences existent que le coiffer est revenu ? Dis donc, quel coiffeur ?

Mais c’est vrai qu’à certains moments, il faut mettre un peu d’ordre dans tous ses petits poils, pour mettre des maillots et des bikinis, c’est plus joli.

Ah oui, je lis que c’est toi qui les as coupés, c’est encore heureux, je ne veux plus qu’on vienne tourner autour de ma ruche à miel.

Ainsi, tu as un peu élagué les poils de ton pubis comme tu me dis que tu as coupé ceux sous les bras et sur les jambes. Depuis la haute antiquité, toutes les écoles s’affrontent sur les poils n ‘est ce pas et des Hébreux barbichus aux Romains strictement rasés, toute la statuaire hellénistique nous gave de poils et d’imberbes, certains disent qu’il est impie de priver la femme d’une pilosité naturelle d’autres disent qu’il n’est pas courtois de cacher ce que chacun veut admirer je me demande ce qu’en pensait Pausole, il faudra que je relise mes classiques et rêve à la blanche Aline.

Je n’ai pas trop de temps ce matin pour faire une lettre à ta maman, mais que lui dire encore :

Que oui, c’est vrai que tout à vraiment commencé dans la Floride, que c’est vrai qu’on ne commande rien à son coeur et à ses sentiments,  et que tout a continué en s’accélérant géométriquement, hyperboliquement au cinéma où l’obscurité est propice aux déclarations et aux gestes. Et tout serait à refaire que je le referais, avec vous deux, pleins de bisous et de caresses et un bouquet de fleurs et un petit cadeau et cette belle nuisette, tiens je la prendrais plus courte encore, mais c’est vrai pourquoi pas une chacune !

 

Ancré au large de Mossel bay 19 juin

A-t-on parlé hier des poils que je suis en train de me demander comment c’est quand elle est tout rasée et voila que je me dis que la maman risque encore de s’offusquer, surtout si je dis qu’elle ne l’était pas, elle, le soir de la nuisette, voila un détail qui ne m’avait pas échappé.

Et elle dit que je suis imprudent, ah non.

C’est vrai qu’on était pressé, c’est vrai que je roulais d’une seule main, l’autre caressant somptueusement les jambes de ma Mireille au ventre nu sous sa jupe orange, frôlant sans cesse le point sensible de l’intersection des cuisses. C'est vrai qu’on a foncé du parking à l’ascenseur dans lequel j’ai profité du moment d’intimité pour introduire un index questionneur dans ton petit con tout doux, immédiatement tout humide, mais il l’était déjà, n’est ce pas petite fleur de miel.

Et on a joué coiffeur, c’est ce jour-là, précisément. Mais rasée ?

Bon, mais rasée, comment est-ce ? Comment est ce sexe de femme que l’épilation dénude vraiment, comment une femme est-elle en offrant cette image insolite d’un sexe fendu, charnu de petite fille ? J’essaye de t’imaginer comme cela et tiens, pour rire j’imagine aussi ta maman ainsi. Elle va encore m’en vouloir un peu plus.

 

Allez,

la main tire doucement la fermeture-éclair du chandail, glisse à l’intérieur, je te fais une gentille caresse et sur ce que tu as conservé de ta petite fourrure aussi,

 


Port Elisabeth 21 juin

 

 

Je ne me lasse pas de regarder tes photographies et de me rappeler que vraiment donc tu as une gorge magnifique, bien attachée, deux seins, deux dis-donc, quel régal pour le bébé. Voila, je les caresse, je les goûte, je chatouille un grain de beauté, là, tout juste près du mamelon gauche, ah ! le gauche, ce grain de beauté là l’embellit vraiment, tu ne le montreras à personne d’autre, n’est-ce pas,dis, tu me promets, n’est ce pas ?

Je confie la lettre au vaguemestre pour qu’il la dépose dans une boîte sud-africaine, je t’y ai collé de très jolis timbres pour ta collection.

Sur les joues sur les lèvres sur le ventre et partout des bisous.

 

Une ligne d’apaisements pour madame Mère, tu crois, mais que dire qui n’est pas déjà dit ?

Tu es montée dans votre salle de bains et rapidement redescendue, belle comme Cendrillon le soir du bal, sous le voile diaphane, tu étais joliment nue, brouillard de nylon, la nuisette à longues manches t’entourait d’un halo d’ombre dans la lumière de l’escalier où tu es apparue, les jambes bien mises en valeur par le tissu de la robe de nuit un peu courte, à chaque pas, sur les marches, on entrevoit ta petite chatte. Ta maman et moi on en était resté pantois et c’est alors qu’elle a dû se dire qu’elle aussi était très belle, et c’est diantrement vrai.

 

Madame, je vous trouve jolie.

Je vous embrasse toutes les deux,

partout.


Durban 22 juin

 

Tu me gâtes, Pucelle, une lettre de huit feuilles ! Chapeau bas

 

Donc tu penses que tu vas travailler chez cet armateur, au bureau des dédouanements, c’est un lointain oncle de ta maman, dès après ces vacances, finie l’école et fini le temps du vrai rêve alors ?

Tu sais, les bureaux c’est cru, c’est parfois sale, ça ne respecte rien et on y appelle les choses par leur nom, le stylo-bille, la perforatrice, la mouillette à timbres-poste, les feuilles pelures, les rubans, les gommes, le tampon encreur mais aussi la description des avantages comparés du mari d’Anita ou de Georgette, du petit ami de Christelle ou du petit Louis qui conduit la camionnette et qui doit en avoir une fameuse, même qu’il boîte quand il regarde une fille : qu’en est-il du concombre ou de la courgette, et la banane, que faire de ses dix doigts, et pourquoi appelle-t-on celui-là l’annulaire, emploies-tu des Tampax ou laves-tu tes dents avec Diamant; on essayera de te tripoter les seins dans l’ascenseur et on te dira que c’est bien bon de se les faire sucer en passant derrière les archives où on te fera grimper pour voir si tu as une culotte rose ou verte ou pas du tout.

Et vous, chère madame mère, qu’en pensez-vous ? Toujours votre petit sourire en coin chaque fois que je dis les choses telles qu’elles sont ? Si, si, je me souviens bien, déjà lorsque nous avons dansé ensemble, car nous avons dansé ensemble, vous vous rappelez ? Deux fois, la première au restaurant du Perroquet borgne, la seconde lorsque Mireille a étrenné sa nuisette.


East London

24 juin

 

Le siècle dernier plein de pudeurs et de frayeurs portait honte de la chair de l’homme et de la femme en notre civilisation occidentale. Ceux qui allaient l’un vers l’autre cheminaient lentement, d’abord en éclaireurs puis selon tout un rituel de galanterie et de formes. Venait ensuite un jeu du verbe et de l’esprit qui progressait vers des privautés intellectuelles puis physiques volées, permises réclamées. Le don final n’intervenait qu’après des mois, des années d’une cour assidue.

L’imagination prenait appui sur un serrement de main, un baiser sur la tempe et l’échafaudage des pensées grimpait vers des images féeriques qui hélas trouvaient souvent déconvenues.

On est allé plus vite et on s’est retrouvé, vous sans culotte, moi entre vous deux, puis elle sur le ventre et moi sur le côté et toi sur le dos on raconte comment un enchevêtrement, nous avons déjà parlé ? Elle était étendue, elle avait les jambes un peu écartées, ses fesses qui sont très belles se dessinaient en courbes désirables sous la soie sauvage très fine, je ne sais plus bien comment il se fait que je sois arrivé avec le visage contre elles, plus tard, on a un peu bu à toi, à moi, à nous, à nous trois et il a fallu te mettre au lit, je t’ai portée; nous sommes allés sur la terrasse, ta maman et moi puis au creux du grand fauteuil pour parler un peu de toi, de moi, d’elle aussi je crois, oui, je crois bien qu’elle m’ait fait des confidences et que nous avons un peu dormi dans les bras l’un de l’autre, le chant des oiseaux l’a éveillée, tandis que j’étais parti nous faire une boisson chaude., elle s’étirait quand je suis revenu à l’entrée de la terrasse.

 

 

27 juin

Witsand toujours chez les noirs et blancs

Je t’avais guettée, Mireille, chaque jour où tu as fait des courses avec ta maman, je t’ai suivie jeune fille dans les rues de la petite banlieue marseillaise, je me suis approché de vous dans les files d’attente, je vous ai frôlées dans les magasins et je reçois un grand coup au coeur chaque fois que j’aperçois une jupe qui vole :  c’est la sienne, c’est elle, c’est sa mère, ce sont elles deux, c’est ce jour là que j’ai acheté cette nuisette.

Quelques mots rien que pour elle, pour ta maman qui ce matin là caressait voluptueusement son corps au travers de la soie de sa chemise de nuit qu’elle tenait à la main. S’étirant comme une chatte paresseuse, elle leva les bras au ciel et fut instantanément nue, et au lieu de penser qu’elle avait un corps superbe, je me suis dit : Mais quand s’est-elle déshabillée et moi, et moi je me suis regardé dans le miroir du corridor qui laissait entrevoir le living, l’entrée de la terrasse, le fauteuil, cette belle femme nue qui se tournait maintenant me présentant ses fesses que j’avais trouvé tellement adorables, tout cela faisait un tableau très pudique genre repas à la campagne de Renoir, sauf que j’étais nu et que j’avais un sexe plus haut que la tour de Notre Dame de la Garde, quelle comparaison, j’ai déposé le plateau et j’ai ramassé mes habits, elle a murmuré quelque chose et j’ai quitté les lieux où je ne suis plus revenu depuis. Un peu plus tard, tu es venue me voir et ta nudité flamboyante m’a distrait de l’image du dos de cette femme que j’avais vue le matin.

Toi, tu étais là, tu es là

tu es chaude odorante et toute mouillée et je t’ai caressée jusqu’à ce que j’oublie que nous ne sommes pas les seuls au monde !...


28 juin   Cape Town

 

Ainsi tu restes farouche, dérobant l’apparition de ton corps et tu n’enlèves tes lingeries qu’une fois couchée, drap tiré jusqu’au menton, encore, rien que la combinaison.

Tu te défends lorsque je tente de déboutonner ton chemisier ou de dégrafer ta jupe, au début j’avais cru que tu voulais me cacher quelque défaut dont les imaginations des femmes se parent mais non au fur et à mesure que je t’ai connue tu m’as révélé des formes parfaites des globes de seins menus mais d’un arrondi tendre et suffisamment gonflés, fermes et ronds droits et hauts attachés, pas de cicatrice monstrueuse sur le ventre, pas l’ombre d’une graisse aqueuse difforme pas de pilosité déplacée quel soulagement, lorsque tu t’es mise nue, seule.

Un bel après-midi. Beaucoup de beaux après-midi volés à l’école, à la mère, à la mer ...avec toi, Mireille, rien que de belles journées, de belles heures...

 

Tu étais rose et pimpante, tout excitée par l’aventure qui s’annonçait : un beau voyage à la mer du côté des plages languedociennes, là où il n’y a strictement personne, une belle journée s’annonçait, nous allions pouvoir jouer Adam et Ève comme je l’avais annoncé, le ciel était bleu et rose sans un nuage, la campagne autour de l’embryon autoroutier embrumée légèrement, présage d’ensoleillement.

Tu avais ta main coincée sous ma cuisse, et pour eux deux, devant, tu semblais distraite.

Nous avons pique-niqué nus au soleil.

L’après midi s’évanouit déjà et le calme arrive la grande paix après la chaude, la torride journée, je suis bien merveilleusement bien et toi ?

 

Je suis bien heureux de t’écrire et c’est vraiment intéressant d’avoir ainsi une vraie amie au loin.

Ressens-tu au fond du ventre cette marée qui t’envahit ? Attention, demain matin, ta maman fera encore des remarques.

 

Lui as-tu remis les parties de lettres qui sont pour elle, et se contente-t-elle de celles-là, où, monstre des temps modernes, ce n’est pas Mireille qui me lit, mais vous, mais toi et tu ne lui remets rien comme tu as dit que tu ferais. J’ai envie de t’écrire tant de méchancetés et d’horreur que tu ne liras plus jamais ce que j’écris et la minute d’après, je me dis qu’il faut que j’écrive des mots qui épuisent le coeur pour que l’on se regarde à nouveau, que l’on se parle, sans Mireille interposée. Oui, je tutoie, comme ce matin-là, je veux dire, entre trois heures et le café chaud.

 

 

M’as-tu dit : Je rêve de ta queue, de la prendre en main, m’as-tu dit : non ne te déshabille pas maintenant, je préfère imaginer, je suis sans homme depuis longtemps, je préfère me toucher...

 

 

Ainsi donc toutes les femmes ont une petite source à miel.

 

Je t’aime je t’embrasse très très tendrement à bientôt mon chéri

 

 


 

Port Nolloth ou il ne pleut jamais

30 juin

 

Bon, la bourde géniale, ce n’est pas Christine !

Oui, je me demande bien où je suis allé imaginer cela. Oui, mea culpa, n’est-ce pas, alors, définitivement rayé ?

Hélas donc, chère, permettez tout de même que je dise chère, Ginette dite Ninon... Comme c’est charmant, Ninon, cela vous va très bien et j’aurais dû le trouver moi-même mais j’étais ébloui par Mireille, n’est-ce pas qu’elle est éblouissante...

Et quelque part c’est magnifique que je vous écrive cela et par ailleurs cela vous fâche plus encore, vous auriez bien voulu que je dise que vous, vous Ninon, êtes éblouissante.

Mieux que cela, très chère, vous êtes beaucoup mieux, vous êtes troublante, admirable. Ne vous l’ai-je pas dit l’autre jour, l’autre soir ?

L’autre matin,

te l’ai-je dit ?

On avait découvert un vieux tourne-disque, abandonné par ton mari sans doute et je t’ai appelée Dim en pensant à cette publicité pour les lingeries Dimanche, et le hasard à voulu qu’en plus, je tombe juste : c’est la marque de la chemise maintenant assez froissée que tu portes, on a mis une plaque sur cet appareil qui jouait des 16 et des 33 des 45 et des 78, même les plus vieux et précisément il y avait une pile de vieux airs.

Nous sommes arrivés sans y penser dans les bras l’un de l’autre et lorsque la mélodie est presque arrivée à son terme, les épaulettes de ta robe avaient glissé sur tes belles épaules rondes.

 

Premier juillet, en Atlantique Sud.

 

 

Mireille, la dernière soirée a été plutôt chahutée, tellement gaie jusqu’à la gifle finale. Nous étions attendus au coin de la rue par une Ninon en colère, qui l’a plus été encore quand j’ai dit : Mais enfin, cesse- donc, Dim.

 

Nous étions allé chez Jules et Jim, comme on appelait le couple Badelin, Jules c’est elle, Jim c’est lui, il y avait aussi Delattre et sa femme, elle nous a ouvert la porte seulement vêtue de ses cheveux, on savait le couple spécial, pas à ce point !

Ils avaient un mange-disque, avaleur de 45 tours avec chargeur automatique, le dernier cri de la technique, et une de ces caisses de disques comme je n’en avais jamais vu. J’ai enlevé ta robe quand ils ont bu le vin et la sangria qui chauffe les coeurs et les corps sous la fausse tonnelle, j’ai chahuté ton corsage dans les laines du Far-West, des prairies à moutons dessinées sur le mur du salon chez Jim et c’est un sacré menteur Adrien quand il a dit que sa femme était la plus belle de la soirée : j’ai fait glisser ton slip et Jules a dégrafé ton soutien-gorge, j’ai titillé des pointes de poires et de scoubidous J’ai goûté ton miel à Troussechemise.

Quelle soirée ...


 

 

 

 


 

Deux juillet

 

Quelle rentrée ! donc ce soir là

 

C’est du bonheur c’est du délire c’est de la folie c’est dingue c’est absurde il n’y a pas eu d’au revoir

 

Mireille est nue sur le lit étroit du deuxième étage et mange une pêche, il fait chaud elle pose sa tête sur mes jambes et mêle ses cheveux aux poils de mon sexe elle jette le noyau du fruit et colle sa bouche sur le bout de mon gland turgescent elle embrasse à petit coup elle suce lentement puis j’ai bloqué la tête  et j’ai dit viens on va se baigner, il fallait que je me baigne et que mes esprits reviennent, j’ai trop bu hier et je m’en ressens encore.

 

A Orange, le mistral soufflait, vent du haut et de glace, tranchant comme le fil du sabre, décapant de l’âme. Les joues brûlées, le regard perdu dans nos regards, nous avons joué comme des enfants dans les gradins du théâtre, nous embrassant entre chaque couloir. Nous avons continué vers Avignon, presque chez ta tante. La nuit était tombée lorsque nous nous sommes arrêtés et que nous avons pris chambre à l’hôtel des frênes Tu as battu des mains du plaisir de trouver autre chose que ces hôtels laids et modernes en béton. Une douceur tiède enveloppait la chambre et en tournemain tu fus nue et réfugiée sous les draps. Quel supplice de dormir à côté d’une femme nue. Ce fut notre nuit, notre seule nuit. Et tu suggéras de prendre un dîner dans la chambre. J’ai commandé des mets que nous ne connaissions pas et quand le serveur apporta le plateau, tu as tiré le drap jusqu’à ton menton, il a compris tout de suite que tu étais nue là-dessous.

Comme cela va vite, comme la nudité est si naturelle, il y a si peu de temps je fouillais dans ton corsage dans l’obscurité d’un vieux cinéma, une des premières fois, j’ai dû me battre contre tes mains et contre un zip tenace, je fis jouer la fermeture éclair tout de même et ces incursions manuelles me ravissaient on eut dit un gamin fouillant le tiroir de sa mère et cela me rappela moi devant le miroir de la grande garde-robe avec les culottes et les combinaisons maternelles; la main s’affirmait impersonnelle nous parlions d’autre chose alors que seule cette vie chaude retenait notre esprit  il fallait durcir cette poitrine sous peine d’être taxé de maladresse ou d’impuissance, j’ai toujours été récompensé, tes seins, Mireille passaient du mou tremblant à la fermeté marmoréenne des statues du bauhaus aussi rapidement que ma verge bougeait, gonflait, durcissait.

 

Ce soir-là, Ninon avait bien senti, comment ne l’aurait-elle pu, que cette verge était d’acier.

Tu es restée nue, Dim, un bon moment immobile pendant que je me demandais s’il convenait de replacer un disque sur la platine.

Comprends-tu, Ninon, mon émoi ? Et toi, femme ex-mariée, tu aurais dû savoir le pouvoir de la femme qui paralyse l’homme. Le grand pouvoir.

L’homme a la baguette magique mais c’est la femme qui est la fée.

Laisse-moi croire qu’on s’est endormi, tout bêtement après que tu t'es caressée sous mes yeux découvrant des gestes inconnus.

 

Ce n’est pas toi qui pouvais me gifler, c’est Mireille qui aurait le droit de te dire, alors quoi, où va-t-on si les mères se caressent devant les amis de leur fille ?

 

Au revoir, sources à miel.


 

3 juillet atlantique

 

Je pense, je rêve à cette soirée là ou nous n’étions pas encore comme d’habitude, nous venions du cinéma toujours le même cette petite salle amusante et folklorique qui ne vivra plus très longtemps et c’est dommage, tu as cherché ma queue dans ma culotte, tu l’as sortie et je me suis penché sur toi, on s’est mis à se déshabiller n’importe comment on est nu, on est a quatre pattes l’un sur l’autre qui au-dessus qui au-dessous on se renifle je suis comme Zeus Jupiter Adonis et tous les autres, même Pan et tu restes vestale pure me prenant pourtant dans ta bouche. Tu m’écris que ce fut une sensation terrible mon sexe dans ta bouche pour la première fois, un goût puissant qui excite au plus fort du plus fort et tu me dis que tu rêves tant à cela qui ce soir là en resta là, grand sachem se réenroulant après que tu as toi vraiment joui, tu suçotais les jambes ouvertes et c’est ta propre main ma chérie qui fit exploser ton sexe et je suis allé boire à la source pour la deuxième fois, te rappelles-tu la première dans cette chambre obscure où nous étions quatre, ta mère et ta tante qui dormaient dans le petit lit de l’hôtel à Cassis et toi dans le petit lit en fer et moi dans le lit d’appoint comme disent les hôteliers.

Une fille qui joue des doigts sur l’instrument de son plaisir, voilà ce que je ne connaissais pas avant de prendre la mer... J'ai écouté distraitement Albert me parler de Minouche, ils n’ont pas fait le quart de ce que nous avons fait et je ne pense pas qu’il connaît ce grand mystère du grand pouvoir, une fille qui se caresse.

 

 

 

 

 

 

 

Juillet, le quatre

 

 

Je te vois, je vous vois vous en aller belles, vous remettant du sang factice sur vos lèvres assassines.

Seul soleil tes lettres merveilleuses qui m’apportent tant de chaleur je sens bien à présent combien nous nous aimons et combien je suis totalement à toi je t’embrasse de toute ma tendresse d’amour.

L’espace qui nous sépare aujourd’hui est large froid infranchissable mais un jour enfin nous ferons l’amour et je serai en toi et tu ne seras plus pucelle.

J’ouvre ta fleur avec d’infinies précautions et j’y goûte mon content de miel, ma ration quotidienne.

 


 

Le 17 juillet

Chouchou,

 

Tout à l’heure, nous serons Pier 14, tu es encore dans l’appartement, probablement, nous subissons le peigne fin de l’immigration et Empire State veille sur l’urbs. Je te voudrais déjà là, abricot bien mûr dans ma bouche, un abricot tout chaud fendu d’où coule un jus onctueux, un miel tendre, tu es une figue en train d’éclater, ta soeur verra encore les traces de ton plaisir dans ton lit et cherchera encore à savoir :

— Alors, tu le vois encore ?

 

Je t’envelopperai de silence, belle femme, qui attend face à la baraque du service des docks, belle, mienne ou quasi femme prés et c’est ce quasi qui est espoir de vie, charme de l’instant présent, vie qui vaut d’être vécue, je l’aime plus qu’il n’est autorisé de dire, je sens que monte le meilleur sur terre, je suis à elle, les élingues se mettent en place, une aussière est tirée, ta robe rouge éclate dans le gris docker. Échelle de coupée, dix pas vingt mètres silence tacite, pudique moment

Je dirai

Bonjour Elaine.

Bonjour.

Je poserai ma casquette sur ta tête et tu ressembleras à ces petits mousses qui font le délice des ogres-capitaines.

 

Un taxi est là qui attend, merci, tu es belle. Tu as lu mes lettres ?

Ah ! Tu es avec ta soeur ?


 

 


Sweet Sixteen

 


Elaine

 

 

 

 

Sixteen Sweet sixteen

 

 


7 novembre

 

 

De passage à Boston.

 

Meilleures amitiés.

 


Le 8 novembre

 

Ma chère Elaine,

 

Je suis bien heureux de t’avoir rencontrée rencontre et c’est tout plaisir pour moi de t’écrire. J’ai passé une très bonne soirée d’avant-Toussaint en ta compagnie et celle de ta soeur. Tu la remercieras encore pour moi, mille fois.

Ce petit restaurant italien était vraiment charmant, le repas fut agréable et la conversation pas trop banale; J’ai aimé ton sourire de connivence lorsque je me suis senti obligé d’inviter Gwen Gwen , je suis si mauvais danseur ! j’espère ne lui avoir pas fait trop mauvaise impression en la faisant tourner à l’envers sur ses talons hauts.

Trois bouteilles couchées, à trois, plus les apéros, on a descendu sec !

 

Nous avons pris la mer pour nous rendre d’abord à Boston puis à Baltimore. De Boston, je t’ai envoyé une jolie carte postale. Il y faisait encore assez chaud. A Baltimore, il fait plus frais.

 

Vivement le pacifique puis les côtes du Sud-Est où des petites Philippines vous apportent dit-on, de la fraîcheur chaude, un jeu à la mode dit-on !

 

Sincères amitiés.

 


 

 

9 novembre

 

Le calendrier des postes, affiché sur la paroi de la cabine est illuminé de soleil. Ce qui est dommage, c’est qu’il n’y a pas de facteur et sans nouvelles de toi, la boîte à lettres de mon coeur tourne tout carré, je m’ennuie sans ton corps près du mien, sans ma queue en toi en elle , j’attends sans vivre, de respiration digestion revitalisation automatique. Je t’aime, sauras-tu m’écrire de belles choses comme ces lettres toutes simples : J’ai envie de toi dans mon ventre. Sans nouvelles de toi, je me meurs et plus encore de peur que tu ne rencontres un prince tellement plus charmant que moi, il n’y a qu’un poète comme Fallet pour croire aux amours de tous âges, et quand René mourra, les femmes pleureront mais le monde est dirigé par des hommes !

 

A seize et quinze ans, avec vos seins comme de beaux pamplemousses, vous avez dû exciter bien des garçons du quartier allemand, et même du Bronx. Et vos deux croupes rondes qui dansent devant les regards des automobilistes de la 3è avenue, ce n’est pas non plus un spectacle pour indigents de la masculinité.

 

J’espère que vous vous portez bien toutes les deux et je vous souhaite un très bon jour. A bientôt.


10 novembre

 

Ma chère Elaine,

 

Dans cette correspondance très en dehors de la norme, le régal est que la réponse ne viendra que bien plus tard et que je ne t’écris pas pour être lu demain, et que je t’écris sans savoir même si tu me répondras, pas même si tu me liras. Qui de Gwen ou toi relevez le courrier ? Lirait-elle les envois que je t’adresse ? Elle en est bien capable !

 

Dès notre deuxième jour, tu as butiné mon sexe démentiellement grandi, tu l’as happé et tu n’as pas eu mal comme tu croyais, comme d’ailleurs, le jour précédent tu n’avais pas eu mal. Mais tu m’as dit plus tard que c’était curieux de sentir cette chair vivante en soi. C’est donc cela, faire l’amour et pour toi et moi ce fut bien et neuf. Nous avions lu des ouvrages savants, et j’avais lu Cécile à la ferme, livres truffés de mots épineux effrayants : coït, éjaculation, orgasme, sodomisation, fellation ...

Et en définitive, c’est doux, tendre, heureux, simple, bon, il y a les mains qui caressent, les yeux qui mendient, la bouche qui embrasse et cette vie qui palpite.

Gwen est rentrée de la highschool et elle a simplement dit que nous étions des anormaux que par un temps pareil bien sec avant l’hiver il fallait en profiter pour encore prendre l’air à Coney ou à Central. Mais elle nous a servi un bon jus d’orange dans des gobelets de carton lorsque nous le lui avons demandé.

 

Je vous embrasse bien fort toutes les deux.


 

 

 

 

11 novembre

 

Dis le, dis-le encore :

 

Fort et longtemps, dis, comme l’autre fois ? Plus longtemps encore.

 

Et lorsque je m’épuise un peu, une petite plainte divine : Encore ! Encore s’il vous plaît.

 

Je te fais la bise depuis le pont supérieur en regardant venir Clem, Clem c’est le second.

Salut,

 

à bientôt ....

 


12 novembre

 

Ma tendre Elaine,

Tu m’écriras, dis, malgré que la plume soit lourde disais-tu...

Il y avait tant et tant de soleil dans notre tête et dans notre coeur que nous n’avions pas vraiment envie de sortir. Serre toi contre ma poitrine jusqu’à étouffer, je veux respirer ta bouche à n’en finir jamais je pars en mer mais je veux que vive en toi longtemps longtemps ma vie, mon souffle et que tu te souviennes de nos jours et de nos nuits, chaque nuit où le conquistador te violait belle indienne après t’avoir séquestrée, torturée, parfois c’était le pirate des mers du Sud ou le corsaire français qui capture la grande d’Espagne.

Et je regarde dans le miroir et je me dis que c’est marrant le miroir sert à regarder et que tu n’avais jamais regardé - as-tu dit, ton petit fruit, ta petite bouche cachée dans une fourrure abondante. Et je suis encore tout troublé de savoir que mon seul regard pouvait huiler, graisser, mieller cette serrure secrète et plus encore de savoir que tu ne pourras plus désormais regarder d’un oeil innocent un concombre une belle carotte un petit salami sans attendre passionnément mon gros gourdin ma bonne trique branle toi au moins trois fois par jour en m’attendant et ne me dis pas que tu ne meurs pas d’impatience.

Il paraît qu’on faisait du bruit alors Gwen déménagea ses livres, ses culottes et ses candies dans la pièce du fond.

Je vous embrasse bien fort toutes les deux.


 

13 novembre

 

Bonjour Elaine,

Tu vas bien ?

 

L’amour ce doit être comme un gâteau bien moelleux, il faut avoir envie d’y mordre à belles dents. Mais voila, mon gâteau est loin, zut alors, je n’ai pas même une photo d’elle. C’est dommage que je n’aie pas une photographie de toi, nous n’avons pas eu le temps d’y penser.

 

Tu avais seize ans et quelques heures supplémentaires, tu es née un premier avril comme un gag, fille d’ouvrier évolué et d’une dactylo qui a épousé le patron, dans la cambrousse puis est venue une soeur puis les deux soeurs sont venues à New York sous le patronage d’une lointaine petite nièce  qui travaille chez un avocat, elles fréquentèrent l’école du quartier, l’une est maintenant à la highschool, l’autre s’est jetée dans la vie comme employée de bureau chez un fabricant de pizzas industrielles, petite bonne femme d’un mètre cinquante-cinq attaches d’épaules légères mais cheville un peu épaisse qui se rattrapait par un galbe de mollet doux à caresser une taille fine une poitrine bien ronde  une poitrine vraiment majeure bien visible parfois arrogante bel oreiller pour y sommeiller.

A y penser ... mes doigts glissent sous tes bras, hésitent un peu sur la poitrine, et une fois, cela a été la première fois, la première fois c’est fantastique et déprimant; c’est fantastique parce que c’est l’augure d’une série incessante d’hommages, c’est déprimant parce que c’est déjà le souvenir de ce qui ne reviendra plus jamais.

 

Je vous embrasse très fort toutes les deux.


14 novembre

 

Chère Elaine,

Je veux être de tes rêves sans eux tu t’étiolerais comme une plante qu’on ne soigne pas, sens mes mains qui se faufilent dans l’échancrure de ta chemise, se referment sur tes tétons, sens comme tes seins gonflent, ils deviennent lourds et ronds, pleins dans la main un bon sein qui emplit bien une bonne main d’homme, caresse-les comme tu savais me dire caresse-moi caresse-les, écrase ton ventre contre le mien, sens mon corps aussi brûlant que le tien, vois sur mon visage la montée du désir, car cela ne peut que se voir, mes doigts te disent que je ne pourrais supporter de te perdre, je te veux avec ma force et ma tendresse d’amour fou, je dénude ta poitrine, j’effleure la couronne foncée et granuleuse, je te tête, je te goûte, sens monter cette chaleur humide entre tes cuisses, sens ce frisson qui part des reins et éclate dans le ventre, je te déshabille, heureusement nous sommes seuls, les vagues d’écume arrivent à tes grandes lèvres, je me mets au-dessus de toi je bois à ta bouche je te reprends une pointe de sein dans les lèvres puis je me tourne et je bois à l’autre bouche je suis bien au dessus de toi les cuisses un peu écartées tendu sur les bras et les jambes pour ne pas t’écraser mon sexe se balance au-dessus de toi et mes petites couilles aussi, promène tes doigts où tu veux

Que fais-tu ce matin ? Et peut-être te poses-tu la même question à mon propos. Pour nous, pour moi, c’est tout simple. Je suis de quart avec le second, et je sais que personne n’y comprend rien parce que nous marins, nous ne parlons jamais comme les autres, le premier est capitaine mais le commandant l’est aussi et ainsi de suite, le quart donc, douze quatre cela veut dire que je travaille chaque jour de minuit à quatre heures et de midi à quatre heures.

Je dors le matin de quatre à huit et le soir de huit à douze.

 

Il est midi, reste à l’école pour le déjeuner, toi tu arrives de chez ton marchand et je t’attends en bas, viens, marche devant moi, je t’enlève ta jupe, voila, passe ainsi devant la loge du concierge, si elle ne sort pas, elle ne saura rien, tu as peur, peur de qui, elle n’est pas belle ta culotte, allons, avance où je te l’enlève ! bon, pousse la porte maintenant, hé là ! enlève tes chaussures pour marcher sur la moquette blanche je n’ai pas de bas mes pieds sont propres me dis-tu bien d’accord, je vais bien m’asseoir sur le grand canapé avec les coussins je veux que tu te déshabilles toute nue et je veux que tu me déshabilles ensuite aussi, j’aime les coussins tout doux, oui si tu veux mets un disque mets le et viens vite là voir ta petite marionnette, mange la ne la laisse pas seule une seconde.

Ce soir on ira au resto.

Et le soir on est allé au resto et c’est alors que Gwen est venue nous rejoindre, elle s’est assise à côté de moi sur la banquette.Comment ma main a-t-elle erré sur sa cuisse ? et mon pied jouait avec le tien, en face, et puis ton autre pied est venu se poser sur ma braguette, polissant un sexe déjà tout dur, et avec le dessert est venu comme un peu de spleen. La main de Gwen a caressé ton pied qui me caressait, puis elle a soulevé ton pied et s’est posée sur ma verge, au dessus du pantalon. Ton pied est revenu couvrir le tout, jeu de mains jeux de pieds, je pousse mon mocassin, mon pied nu remonte en face le long de ta cuisse, il percute le nylon de ta culotte qui crisse au contact de l’ongle, tu es mouillée, je sens maintenant Gwen qui remue, dis elle fait comme nous, elle place son pied contre le mien et nous sommes côte à côte au bord de ton sexe tout humide. Je pousse un gros orteil sous l’élastique qui crie grâce, mon gros orteil se faufile dans ta toison, celui de Gwen aussi, qu’est ce qui nous prend ? On s’est gavé de crème fraîche et de chocolat.

On est rentré à pied, tous les trois, bras dessus, bras dessous. Gwen est partie faire couler de l’eau dans la baignoire, et s’y est plongée, tu m’as dit : j’en fais autant et je vous ai vue toutes les deux barbotant comme des gamines, s’aspergeant d’eau et de mousse. Ton pubis est châtain foncé, celui de ta soeur doré. J’ai parfumé l’eau avec des blocs d’algues et prenant la grosse éponge sur le panier, je t’ai savonnée copieusement puis j’ai pressé l’éponge sur le dos de Gwen qui sortait s’essuyer.Je lui ai volé un baiser que tu lui as repris et m’as rendu.

C’était une bonne soirée, je t’aime bien et je trouve que vous êtes deux filles fantastiques.

Chaque heure que j’ai passée avec vous deux m’a réconcilié avec le genre humain.

Chaque minute où j’ai vécu dans ton ventre m’a fait comprendre qu’il n’y a pas de bonnes raisons de vivre autres que d’être dans le ventre de sa femme.

 

Cela doit être cela le retour aux sources !

 

Remets bien mon bonjour à Gwen et dis lui qu’il y a ici à bord un joli garçon qu’elle trouverait sûrement à sa mode. Il se fera tirer le portrait et hop, je vous enverrai sa photo, bien entendu, sous cache noir, c’est seulement à ouvrir par Gwen..

 

Bons baisers.


 

Le 15 novembre

 

Bon jour Elaine

 

Les lèvres coururent sur la main puis sur le poignet puis le biceps puis l'aisselle elle commençait a s'échauffer et ses petits seins durs se soulevèrent. Je quitte l'aisselle et m'agenouille au pied du lit.

Je te pose par derrière les mains sur les épaules, je m’agenouille derrière toi, ,je sentais ta chaleur pénétrer dans mes mains puis je laissai descendre celles-ci dans ton corsage de jeune fille et mes paumes se refermèrent sur les deux seins, je tirai légèrement et tu te renversa contre moi, sentant entre tes omoplates le sexe dur, je te voyais perdre le souffle comme si déjà tu étais prise.

 

Je t’embrasse sur les deux joues.

Le grand méchant loup,

celui qui dévore et le pot de beurre et la grand-mère et le chaperon rouge, et que dire de la petite soeur ?

La petite soeur à laquelle j’ai su tu rendais des sortes de comptes, me donnant des sortes de points ... elle se déguisait en institutrice anglaise et tu lui disais :

Aujourd’hui le coït a été parfait, l’éjaculation honorable, l’orgasme atteint. On n’a pas encore besoin de psycho ou de sexo mais je n’ai pas pu me laisser aller tout à fait. Et l’institutrice disait Bon, 8 sur 10, recommencerez vous ? Et comme tu disais oui, Gwen faisait la moue et disais : Et moi alors ?

 

Dis lui, dis lui que je l’embrasse aussi.


 

16 novembre

 

Je rosis tes joues de mille baisers. Je fourrage dans tes cheveux et détruis la belle ordonnance de la coiffure. Cheveux ?

Tiens, envoie-moi donc une petite mèche. En voici une de moi qui te porteras bonheur.

 

Tu rentres tard, tu es punie, je veux que tu me donnes ta bouche, je veux que sitôt à la maison tu t’agenouilles et que tu prennes ma bite au fond de ta gorge en me regardant bien dans les yeux je veux voir ta jolie bouche déformée par mon gros sexe et je veux qu’à la fin tu cesses et je me masturberai sur ton visage pendant que tu continueras à me lécher, je me viderai sur tes lèvres, sur ton front, sur tes joues je te barbouillerai, je t’inonderai je te peindrai de crème fraîche

Tu as porté les mains à ta poitrine puis tu as voulu tenir mes mains et, comme tu les lâcha, mes mains glissèrent jusqu'au ventre, je me collai à ta joue, il te semblait, Elaine,que tu n'étais plus qu'un cou qu'une oreille et que c'était par là qu'on te possédait.

Je glissai, m'agenouillai devant toi et enfonçai mon visage entre tes genoux qui résistent d'abord puis tu finis par ouvrir les jambes, j’ôte tes bas et le reste sans cesser de te caresser, je glisse les deux mains sous la jupe et m'efforce de t’enlever le slip, c'était un tout petit pantalon de soie blanche qui serrait fortement le ventre et à l'entrejambe ce fut difficile de le faire glisser, la main pénétra enfin entre tes deux cuisses et les doigts entrèrent en toi.

Nous demeurâmes longtemps moi, te léchant et te caressant le bas-ventre, toi immobile souffle à peine perceptible, une clé dans la serrure, c’est Gwen !

 


17 novembre

Ma Chère Claude,

Quelle formidable arrivée à Panama, on va passer le canal et en route vers Guam et autres îlots célèbres du Pacifique, Dès que le vaguemestre a pu monter à bord, il m’a surpris.. Je ne m’attendais pas vraiment à recevoir une jolie lettre de ta part puisque lorsque je t’avais donné les adresses courrier du voyage, tu m’avais laissé entendre que tu étais plutôt pas courrier du tout.

Aussi donc, merci mille fois pour ta très gentille lettre, quel grand plaisir de te lire maintenant.

Et merci à Gwen pour le gentil mot d’accompagnement.

Que tu veuilles te mettre quasi nue pour ressembler aux petites jaunes m’emplit de joie. Mais alors, comment ferais-je pour écrire ? Comment écrire, penses-tu, mais oui, souviens-toi de ce soir-là où je t’avais transformée en écritoire.

 Quel plaisir nous avons pris tout à l’heure.

Tu étais entrée à l’appartement avant moi et devant le secrétaire ouvert tu annotais un livre, était-ce Notre Dame de Paris ou Nana, je ne me souviens plus, seulement que la reliure est rouge et dorée. Je t’ai bousculée et ouvrant cette robe jaune paille aux boutons placés en long chapelet vertical, je t’ai soulevée et étendue sur le secrétaire. Attention, le rabat va se détraquer as-tu dit. J’ai pris ce crayon à bille quatre couleurs à la pointe épaisse qui devrait servir à biffer ou corriger les devoirs d’élèves dans les écoles et j’ai commencé à écrire des mots d’amour sur le devant de ton corps dénudé, ainsi exposé. J’ai tracé une marguerite autour de ton nombril, j’ai écrit mon nom entre tes seins puis je t’ai fait un collier de je t’aime partant de la nuque vers la poitrine, j’ai dessiné un bracelet antique grec ? sur le biceps gauche et une croix de Lorraine sur le droit. Te voila tatouée comme un lutteur turc. La mine chatouillante est descendue au creux du bras droit et y a dessiné un baiser et une goutte d’eau parce que c’est frais dis-tu souvent en passant les bras sous le robinet.

Les attouchement de la pointe ont couru sur les paumes et sur les seins Le crayon prenait du pouvoir et le désir devenait intense le contact était émoustillant et un peu douloureux, parfois cruel entre souffrance et plaisir, il vint au ventre barbouiller des graffitis obscènes suivis de fleurs et de flèches convergeant vers un point délicat puis soudain je t’ai retournée et tu as poussé un grand cri, je t’ai barbouillé le dos et les fesses, l’artiste descendait de la colonne vers les rondeurs jumelles s’insinuait entre elles et cheminait partout laissant des traces bleues rouges vertes et noires explicative d’une carte du tendre en direct et à l’échelle, un grand cercle fut dénommé ici le trésor et un dessin de perroquet pouvait faire croire que Robert Louis Stevenson ne l’aurait pas renié tu as fermé très fort ton petit cul sous l’agression littéraire. Je suis revenu rougir la pointe des seins puis écartant les cuisses j’ai peint un grand sexe masculin noir bandant sur ton ventre

 

La porte s’est ouverte en coup de vent sur Gwen qui arrivait avec une amie. Celle-ci a fait un petit oh! et Gwen a hurlé, on se maquille aussi ! Elle s’est faite chatte avec de grandes moustaches, elle a décoré de bleu les yeux de son amie, elle a basculé son pull pour que l’amie fasse sur elle deux montagnes brillantes couronnées de pointes rouge vif et elle a retiré jean et culotte de Louisa, pour faire un buisson ardent surmontant deux cuisses brunes brugon.

Je t’ai retournée pour qu’ils ne te voient plus que de dos, j’ouvre ta fleur avec d’infinie précaution et j’y goûte ma quotidienne ration de miel.

 


Le 20 novembre, d’un port de Colombie,

 

Bonsoir Elaine, liane, Éliane,

Ainsi donc vous allez passer un long week-end à Jacksonville, super ! je parie qu’il y fait encore grand soleil et lorsque tu sera toute brune tu sera encore plus belle, belle crème fraî dans le maillot que je t’ai offert, et que nous n’avons en définitive pas eu le loisir d’étrenner ensemble; j’aimerais être près de toi mais mes prochaines vacances sont encore loin, très loin.

Je suis un peu fatigué, un peu flappi et si tu étais ici tout contre, ce serait une simple caresse dans ton sexe, paresseusement, mais je t’aurais de la reconnaissance de m’avoir laisser venir en toi, alors j’y mettrais un peu de ferveur, et ton coeur et le mien se mettrais à tambouriner de vie et de tendresse et je durcirais vraiment au coeur de toi puis plus tard, tes doigts se serreraient en bracelet, en anneau sur ma verge tendue et on s’endormirait.

 

A demain bien sûr.


21 11 port de Colombie

 

J’ai bien reçu les photos que je me plaignais de n’avoir pas ... mais où sont elles tirées, qui les a prises ...Tu me jures que c’est Gwen et que c’est une amie à elle qui s’occupe du développement, bon ça me rassure un peu.

D’abord, comme du sable en dune avec un vent frais qui griffe les épaules, il ne devait pas faire trop chaud malgré une sorte de soleil, tu es allongée sur un peu d’herbe, est-ce un parc, un jardin ? Gros oeil rond, clin d’oeil, c’est dans la boîte dira Gwen, qui fait un gros plan sur les pieds nus.

Tu ôtes ton jean, Gwen mitraille le mouvement, un streap tease de premier choix, les jambes, le slip, le pull, tu es nue, on court de l’eau, un peu d’eau en fallait-il ? froide ! pour le grain du sein... pour le satiné de la peau, une photo à seize ans sur la plage pourtant pas banale nue protégée par des vagues oui mais nue tout de même  la vague s’écroule, l’eau dégouline de ta toison, et l’autre photo alors, deux filles, toutes les deux nues, alors qui est le photographe ? Ce n’est pas ta soeur puisque sur cette photo-là deux soeur , si je la reconnais bien, c’est ta soeur dans cette très jolie tenue d’Ève au premier jour de la création à coté de toi.

Avez-vous repris vos anciennes habitudes, maintenant que je suis partout pour un bien long voyage ?

Quel temps fait-il entre Brooklyn et Manhattan ?

C’est comme une journée de printemps ici tant il fait bon mais hier il pleuvait dru et la mer est froide

 

Pense à moi et mouille bien ma petite sirène que nous partions ensemble remonte les jambes accroche toi bien ça va filer.

Je t’embrasse, je fais la bise à tes photos, à Gwen et même sur vos deux petites fentes.

 


 

22 11 Petit port sur l’équateur.

 

J’ai trouvé la fermeture éclair de la robe et je la baisse d’un seul coup, les épaules sortent du corsage et tout de suite je détache le soutien-gorge pour libérer les seins.

Je pense à tout cela en relisant tes lettres, un peu trop sages, un peu banales, parfois.

J’ai les ai relu mille fois, elles sont très gentilles. Ah comme c’est un plaisir d’arriver dans un port.

Trop jeune ? On n’est jamais assez jeune, petit poussin.

On se maintient jeune, notamment en pratiquant des sports et nous, on peut dire qu’on pratique tout, non ? la course à pied, évidemment, de bas en haut dans la cage d’escalier, dans les couloirs, dans l’appartement et même c’est vrai en belle tenue décontractée au Central avec des stations baiser sur la bouche, baiser sur la nuque, seins saisis, claque sur le derrière, le saut en longueur entre les lits, par dessus les fauteuils, et le lancement du disque, classique de préférence, tiens attrape, c’est Caruso ou Gigli dans les pêcheurs de perles, l’équitation, cela va sa dire: tu as été une cavale racée et un pur sang mustang quand il a fallu, nous avons remporté le derby d’Epsom, Auteuil et les grandes courses du Tiercé, de la rythmique et de la sportive, de la suédoise et de la libre, la gymnastique n’a plus pour nous de secret, tu adorais être prise en levrette, le cul très haut et la tête dans les coussins mais pour le bonhomme qui entend gémir encore encore c’est fatiguant tu sais  mais bah quel plaisir de s’aimer partout,  dans le fauteuil, dans le corridor, dans un pas de porte, dans un buisson, contre le mur de la cage d’escalier, dans l’ascenseur et dans le salon dans la cuisine sur la table et sur le bord de l’évier, il y a eu le grand moment de la course cycliste et tu as pédalé très fort, le foot entre les chaises à donné lieu à de mémorables plongeon de goal keeper, un peu de golf ma chère avec une grande latte et des petites balles, mais comment c’est particulier chez vous, deux, dans une petite sacoche, ah bon ? bobsleigh sur les oreillers, patinage sur le carrelage de la salle de bains et même plongée et intromission spectaculaire du périscope dans la baignoire avec et sans eau, jeune et gymnique, elle est loin la petite prune brune timide de Long Island.

Quant à la soeur, de quel oeil a-t-elle vu tout cela, le saura-t-on, elle resta semble-t-il indifférente aux grandes olympiades.

Après la gym, le bain, tout cela est très sain. toute nue  et d’ailleurs, Gwen aussi, mais pas avec nous, et de la voir en tenue sport, ça vous la change, moi qui ne la connaît qu’en jean et pull.

Cet après-midi-là, Gwen est là, elle a entrepris de se déshabiller pour mettre sa tenue de gymnastique, elle a fait passer son pull par-dessus sa tignasse, nus sous la laine, les seins menus, mais ronds et importants, je veux dire gros par rapport à la charpente si tu vois  ce que je veux dire, bien sûr tu vois, c’est ta soeur! Ils bougent heureusement dans l‘envol du vêtement. Elle déboucle sa ceinture, dézipe le jean et le fait tomber à ses pieds, elle déroule avec lui la petite culotte blanche sans mettre aucun art aucune malice, une jeune fille simple se déshabille. Son corps est plus fluet que le tien, un corps presque impubère, très lisse, un ventre très plat, des hanches de garçonnet. Elle se penche offrant ainsi une croupe mignonne et un bas ventre enfantin charnu peu poilu. Elle passe un justaucorps brillant et élastique se regarde dans le miroir s’arrange un peu autour des deux seins tout arrondis et s’étonne, sans plus, de me voir assis là dans le fauteuil du coin living.

Salut.

Bonsoir et bons baisers.

 

 Le 23 à Guyaquil

Ma douce Elaine,

Le soir, nous avons déhalés vers le bout du warf puis ce sera la grande mer cette nuit,il y a un pilote particulier, je n’ai pourtant pas vu une annotation spéciale sur la carte. .

 

Je disais que tes lettres étaient trop sages, mais écrit-on ceci et cela, je parle de mes mots à moi, à une personne qui se dit ( ou à qui l’on répète ? ) bien jeune, suis-je ambigu, bien jeune ici pourtant pas trop jeune, laisse tomber ta jeunesse sociale et sois donc toi-même, parles-en à Gwen qui est tout mature pour ce genre de conversation.

 

Et pourquoi n’écrirait-on pas ce qu’on fait, bien.

Moi je t’ai aimée de toutes les manières, tiens, je me rappelle, dans les rayons du marché, tout au long de l'allée centrale tu poussais devant toi un chariot en sachant que les hommes et les femmes te regardaient et se demandaient si tu avais un soutien et une culotte. Tu portais des jeans ou des jupes si collants qu'on aurait dû voir la ligne de ta culotte si tu en avais une. On ne faisait rien de mal que de mettre des idées d’amour en tête, d’ailleurs, nous on en avait tout plein et on se rencontrait au tournant des petits pois ou derrière les fromages et l’autre là qui nous regarde, il rentrera heureux du spectacle, chez lui, il aura vu ma main grimper sous ton pull, puis l’autre tirer sur le zip de ma braguette et t’obliger à serrer bien fort ma verge puis tu t’en vas vers les caisses, je vais au rayon librairie. Et dans les têtes, le cinéma, c'est ce qu'il y a de meilleur pour que celui là oublie qu'il ne rentrera pas de paye chez lui ce soir, pour que celle-là se croie la copine de ce grand Rock Hudson.

 

 

Le 24 novembre.

 

 

Elle rejeta le drap et soupira. Entièrement nue, elle demeura allongée sur le dos les bras légèrement écartés du buste, ses seins petits et cependant un peu lourds montaient et descendaient au rythme de la respiration lente; son visage ovale encore juvénile se tourna vers la fenêtre, ses paupières battirent, elle chercha à deviner le temps qu'il faisait, ses doigts fins palpèrent la carnation délicate de son ventre, lorsque les ongles rampèrent vers le pubis, elle eut un frisson.

Elle me regarde et me sourit, je suis dans la salle de bains où je me rase, curieuse fille que ta soeur qui me regarde maintenant. Je suis nu comme à mon habitude quand je fais mes ablutions matinales. Tu es déjà partie et je n’en peux de cette gamine qui se lève nue, promène ainsi devant moi son petit potage et ses deux oeufs sur le plat, elle me demande si je veux un verre de lait puis dans combien de temps elle pourra disposer de la salle de bains, à quoi pense-t-elle cette Gwen qui n’a pas dit mot lorsque je me suis plus ou moins imposé ici. Quinze ans et déjà dirait-on toute l’expérience d’une longue vie.

Elle ne regarde pas vraiment les choses ou les gens, rien ni personne, perdue dans des rêves qu’on ne connaît pas, à quoi pense-t-elle plus spécialement là maintenant en trifouillant dans un tiroir, le derrière en l’air, je ne peux rester indifférent, elle se retourne, elle voit bien que je bande, que quelque chose d’imperceptible change dans la relation grand frère que j’essaye d’entretenir avec elle.

 

Toi et moi on court volontiers nus, j’en conviens, et j’en suis venu à me demander si en définitive, nous ne perturbions pas cette jeune adolescente. Tiens, n’a-t-elle pas de boy-friend ?

 

Je relis tes lettres depuis la première, chaque jour. Une lettre dans chaque port c’est merveilleux et ce soir je les connais par coeur, je les réécris les yeux fermés, et les relisant avec les bonnes nouvelles que tu me communiques et tout ce que tu me racontes, je peux penser que tout va bien et Gwen aussi qui n’a donc pas été choquée par ma présence chez vous durant ces semaines passées.

 

Elle a pourtant eu des gestes inattendus, non ?

Comme l’autre fois au restaurant lorsqu’elle a posé la main sur mon pantalon et puis son pied qui a caressé ta chatte ou comme lorsqu’elle est rentrée à l’improviste, me trouvant un des premiers jours, nu dans la baignoire et m’a gratifié d’un rapide et surprenant bisou ou encore quand elle s’est changée pour aller à son cours de gymnastique.

 

Quant à être belles, mes poussins, n’ayez aucunes craintes, vous l’êtes bien ! Vos deux silhouettes ne laissent aucun doute de votre beauté, votre élégance, votre féminité.

 

Je vous embrasse,

à bientôt.


 

 

 

 

 

Le 25 novembre

 

Je suis un peu fatigué, c’est exténuant ces solos de flûte et un peu embarrassant de constater qu’Aline et Tassis, Cécile, Claude, Mireille toi et Gwen laissez des traces humides sur mes draps.

Le soleil ici en pacifique est haut dans le ciel et c’est étonnant de constater à quelle latitude nous sommes.

Très gros bisous sur les deux joues.

 

 


 

 

 

 

 

26

Calao

 

J’ai malgré moi, en entrant au port, cherché le Pachacamac et regardé si des bateaux venaient de La Rochelle ou de Saint Nazaire.

 

Qu’est ce que la bière est chère et pas trop bonne, ici, en plus, elle est en mauvaise et chaude !

 

 


Pérou

27 novembre

 

 

Chère ma chérie,

Je me demande si Gwen n’a pas été un peu jalouse de nos relations sans entraves. Elle n’a jamais rien dit, c’est vrai, à moi en tous cas, mais à quinze ans peut-on comprendre ainsi la passion des autres ?

J’aimerais que tu lui dises que je t’adore, c’est vrai mais qu’elle je l’aime évidemment bien aussi, pas de la même manière, c’est entendu, j’en raffole même, mais qu’il s’agit d’un autre plan, toi, c’est toi et moi, moi en toi, elle c’est l’idée, le vent la présence, l’âme, cette gosse en jean arrondi sur le fessier, cette gosse en jupette de tennis, cette gosse en body de gym rythmique, c’est ta soeur, c’est ma soeur.

Je cherche l’emprise réelle morale et physique qu’elle avait sur toi, sur moi, sur nous, t’es tu rendue compte qu’en fait, c’est elle qui gouvernait notre petite république de trois personnes.

Le postulat est simple, tu aimes ta soeur, je t’aime, toi, tu lui passes caprices et idées bonnes ou mauvaises et moi de même, on est quasi à son service si j’entends bien.

Elle ne rentre pas, on angoisse, elle sort seule on s’énerve, elle ne mange pas bien ou pas tout on se pose des questions ...Tiens, savais tu, toi qu’elle ne portait quasiment jamais de culotte, depuis peu c’est vrai, pour ne pas dépareiller la courbe du jean paraît-il, elle dit que c’est la mode et que c’est comme ça dans son école, oui, je le sais car je lui ai posé la question, bien sûr... Eh oui, m’a t’elle répondu ce jour là : la lune toute nue sans culotte comme mes amies Alberta, Ramona et Pinkie que tu as rencontrées l’autre après-midi.

Nous sommes nature, elle est un peu scandale, voilà ce que je cherche à dire peut-être, une sorte de volonté de se démarquer tout de même malgré son uniforme pull-jean.

Doit-on tout le temps parler d’elle ? Et nous ?

Nous ?

Nous, j’ai du mal à ne pas y penser plutôt, sans cesse ton image me hante au point que de quart la nuit je crois presque te voir marcher sur les eaux. Je te revois partout et tout le temps et je me demande sans discontinuer ce que tu fais, ce que tu penses ce que tu manges, es-tu ce matin à ton bureau quelle tenue as-tu mise, et si le vent coquin ou une main leste soulève ta jupe que voit-on, un ventre emprisonné dans une culotte rose qui s’étire en triangle soyeux sur ton triangle de laine ?

Vous êtes allées au ciné, Gwen et toi depuis que je suis parti, on s’était bien plu l’autre fois, n’est-ce pas et on avait bien rit, curieusement bruyants, nous trois à la sortie de la salle obscure, comme ces gens étaient étrangement silencieux, dommage qu’il y ait tant de fumeurs, j’ai eu un peu mal aux yeux. Ah ! la dernière séance, les couloirs interminables et nous qui trainaillons, l’ouvreuse qui est déjà habillée pour renter chez elle et nous bouscule un peu nous traitant sans doute de trainards au fond d’elle-même, tu te rappelle qu’on lui a dit que nous étions des indiens et qu’on allait l’attacher au poteau de torture si elle continuait, puis on a abandonné l’idée parce qu’elle est rentrée à nouveau dans la salle, le tour et le coup d’oeil pour voir si personne n’a rien oublié entre les travée de siège et nous, nous avons regardé les images glacées épinglées dans les halls, plus suggestives dès qu’on a vu le film, allez-viens sinon c’est moi l’indien qui te torturerai, Gwen pousse la porte de verre du hall vers l’extérieur, elle est déjà dehors, je recueille la vitre et te la confie, nous sommes sous le grand porche... la nuit va commencer, nous sommes allé prendre un café, Gwen a mangé un hamburger avec des oignons et plein de cochonneries, nous avons déserté rapidement les néons et les chromes pour nous replonger dans la rue, encore bruyante et pourtant calme, nous sommes rentrés bras dessus bras dessous, Gwen est partie dans son coin, je t’ai amenée sur le bord du lit et sans plus attendre, impérieusement et en silence, j’ai relevé ta jupe et découvert ton ventre nu, j’avais ôté la culotte pendant la projection et t’avais obligée à regarder toute l’histoire avec trois de mes doigts enfoncés en toi, tu es toute humide, un peu geignante, je ne prends pas même la peine d’enlever correctement mon pantalon, j’enfonce ma verge tendue à l’extrême au plus profond de toi, je coulisse lentement entre les parois de chair rose éminemment douces. Tu ne peux imaginer la sensation merveilleuse, sublimale d’entrer tout doucement, pousser légèrement la tête du sexe entre tes lèvres, avancer un peu plus loin être chaque fois surpris par l’adaptation totale de tes chairs autour de la mienne. c’est fait, je suis dans mon petit terrier tout chaud, j’avance encore un peu et j’arrive au fond, ce fond curieux qui semble reculer toujours, quelle que soit la taille de ce qu’on y plonge, on arrive au fond, c’est Alice au pays des merveilles ton petit con que j’adore.

J’ai voyagé en aller-retour, en omnibus pour quelques instants puis l’express de Los Angelès est entré en gare et le sifflement des boggies nous a entraîné dans un mouvement de bielles d’une puissance rare.

Je transpire, tu fais non non de la tête parce que tu sens le rythme qui faiblit et que tu en veux encore, on s’enroule dans les couvertures, Gwen nous apporte des zakouskis et un peu de lait.

Allez, on en reparlera encore, je vous embrasse tout de même elle et toi, sur les lèvres, toutes les lèvres.

 

28 novembre.

 

Le ciel est bleu, la mer est verte.

Si tu ne te tiens pas tranquille m’écriai-je, je te donnerai une solide fessée !

Et ce disant, je m’aperçu qu’elle était assise sur mes genoux depuis dix minutes !

Qui reçois la fessée ? s’exclame une voix. Une clé dans la serrure, Gwen part vers la cuisine pour préparer le repas, sur le bahut le courrier du jour, relevé de banque, facture du téléphone, publicité pour le nouveau garagiste de la soixante-troisième.

— Bonsoir, dis-tu enjouée vraiment de nous retrouver et de savoir que le bonheur est d’être ensemble, toi et moi, toi et notre petite soeur. Elaine dans la salle de bains pour enlever la poussière de la journée demande pourquoi il n’y avait pas école aujourd’hui, je n’entends pas la réponse. Les concombres en rondelles sont sur la table, on prend place tandis qu’Elaine cherche des verres. La bouteille a déjà été ouverte par Gwen et moi tout à l’heure, c’est un bon cru, de temps en temps, il y a du bon vin malgré tout ici, et quelques bons fromages aussi.

Gwen dit qu’elle ne mérite pas, jamais, d’être fessée et je réponds qu’on est une époque de faiblards. En tant que chef de pirates, j’aurais bien agi autrement, moi. D’abord, hop tous les maris sont pendus devant leurs épouses et je reste seul avec elles, s’il y en a une qui bronche, je la livre aux matelots borgnes et manchots. On entend hurler dans l’escalier de l’immeuble. Tu vois dis-je en voici déjà une qui est la proie de Bill n’a qu’une jambe et il la trifouille avec son moignon de bois. et si des filles ne font pas ce qu’on leur demande paf, la pendaison, toutes nues, à l’envers par les pieds et les jambes écartées. Pas d’accord avec les ordres du chef, un coup de trique sur les fesses, toujours pas d’accord, dix centimètre du manche du poignard enfilés sans précaution dans le vagin, tiens salope, prends ça, encore en train de râler sur le chef, le sabre pourfend la fille en tranchant de la fente au crâne, le sang coule...

— Elle a ses règles dit Gwen.

Je sens que cette soirée va vraiment mal tourner avec cette dure tête dis-je à sa soeur. Il faut la faire écouter !

Je me précipite derrière Gwen qui s’encourt dans la cuisine, je la bouscule, nous rions aux éclats pendant que je lui retire son blouson de daim, tiens, pour une fois ce n’est pas un pull seul, ce n’est même pas un pull du tout, sous le daim, c’est bleu, d’habitude, sous le pull il n’y a rien, sous le daim il y a un chemisier bleu, je tiraille ce chemisier bleu pâle et remonte la chemisette par dessus les seins, dis donc elle est blindée aujourd’hui ta soeur, attend voir si on ne respecte pas le chef de la main noire, de l’ile de la tortue ici, attends un peu ma vieille. Et me voilà en train d’essayer de déboutonner le pantalon de laine pied de poule que je tâche d’enlever, je suis barbe noire corsaire rouge surcouf le malouin et je vais faire avouer à cette garce qu’elle a voulu couler mon navire elle ne veut pas avouer me voici au dessus d’elle qui se bat je la maintiens fermement et a califourchon sur sa poitrine, les genoux sur ses coudes, j’ouvre d’une main la fermeture éclair de mon jean. Gwen s’écrie qu’elle voit la tête d’un dinosaure et que mille pénis de pirates ne lui font pas peur, on s’écroule en bousculant la table, Elaine est un peu fâchée, eh vous autres, c’est qui qui va nettoyer toutes vos saletés ici puis on éclate tous de rire le temps des pirates est passé il y a comme un moment de silence oui verse nous encore un verre de vin merci

Gwen est partie dans sa chambrette pour rédiger je ne sais quel devoir d’école, nous avons ramassé, Elaine et moi les débris, rangé torchonné. Elaine est à quatre pattes pour reprendre un couteau qui a glissé sous le petit guéridon. La tête du dinosaure apparut devant elle avec soudaineté non si pas maintenant si et si elle revient zut on s’en fiche énorme la tête la fixe suivie de près par un buisson ardent et des peaux toutes fripées. Tu vois comme un bouquet de pines s’approcher de ta bouche  parce que je la fais aller dans tous les sens si près de tes yeux, de ton nez de tes joues de ta bouche, tu es le tunnel je suis la rame de métro et je m’enfonce entre tes lèvres, attention on fonce, stop, la porte s’ouvre et on débarque un peu,  je bouscule les plis de ton corsage léger, j’ouvre tes seins merveilleux apparaissent, tu es toujours à genoux, là, sur le carrelage de la cuisine, les seins nus, je suis devant toi, j’ai enlevé mon pantalon et mon caleçon, ma chemisette est sur le dossier de la chaise, je suis nu et je te lutine les seins, les pressant l'un contre l'autre, je glisse son sexe entre eux deux, tu ne bougeais plus,  tu regardais fascinée la pointe de ce sexe qui s'avançait vers ton visage et ensuite reculait par un curieux mouvement que je lui imprimais, tu étouffais à demi, tu rouvris la bouche et tu fermas les yeux et ne vis pas Gwen qui venait d’entrer pour se servir un verre d’eau. Elle mit son doigt sur ses lèvres et ne fit pas plus de bruit qu’une souris grise qui cherche à échapper à un gros matou, je te maintenais par la nuque serrée très fort contre mon bas ventre.

 

 

Bisous bisous.


 

Mer que d’eau vingt-neuf novembre.

 

 

Je suis heureux que tu aies reçu les belles cartes vues que je t’ai envoyées et celle avec l’inca et je suis content que lettres et cartes te font bien plaisir, je suis plus heureux encore de savoir que je te manque un petit peu, que mon absence est un vide et que Gwen devient insupportable, je ne veux pas dire que je suis heureux que Gwen soit insupportable, je veux dire que je comprends qu’elle le soit, brutalement deux fois en peu de temps la vie a changé pour elle.

Je suis heureux que tu te consoles un peu de ce vide par quelques petites traces dis tu que j’ai laissées c’est quoi je te regarde avec amour et tendresse tu sais sois en rassurée.

Franchir chaque fois comme la première fois le porche immense de ton immeuble, monter l’escalier ou prendre l’ascenseur selon les humeurs, entrer dans ce quatrième qui est un cinquième, quasi un rez de chaussée quand il y en a trente-deux encore au-dessus, Ray Charles en sourdine, tais-toi, ce n’est rien me dis-tu, c’est ma soeur.

Elle était là dès le premier jour.

Je la regarde sur cette photo affichée.

Je regarde tes photos encore et encore, tiens tu aurais dû demander à Gwen d’en faire une lorsque tu dormais, tu es désirable toute belle dans tes cheveux lorsque tu dors et cela me rappellerait la chaleur du lit et que j’aime te réveiller avec des caresses, et puis ainsi la journée commence bien, et si on ne doit pas se séparer, si tu ne dois pas aller au boulot c’est merveilleux, je t’attire contre moi et je t’écoute me dire que tu aimes les caresses, toutes les caresses et j’aime sentir tes reins se cambrer ton souffle devenir court et puis le grand désir, le grand pouvoir, le grand voyage de nos yeux  la mer la vague la lame le le soleil la course au rivage le fracas quel gâchis d’espace, la terre le lit suffit non ...

Toi et moi tout nu l’un contre l’autre l’un et l’autre. Nus nous nous sommes divertis de tout et de rien, l’herbe et les nuages, les fourmis féroces nous avons grimpés marché rampé glissé couru le bonheur est au bout du déplacement mes lèvres sur tes lèvres... du bonheur perpétuel et dans l’ombre de temps en temps une forme qui passe, un verre de lait à la main ou un cadeau pour nous un mot un geste des gestes brusques et parfois des gestes tendres, quinze ans et supporter un homme nu dans les bras de sa soeur nue, cela se vit comment y avons nous pensés, amants égoïstes nous ne voyons que nous je ne connais que ton petit con ton petit trou ton fourré ou je fouine du nez du doigt de la bitte.

Il y a eut toutes les audaces, tous les abandons.

Dors-tu déjà, il est tard aujourd’hui.

Je pense que j’ai attrapé un solide refroidissement

quasi sous l’équateur, est-ce possible ?

Oui, sans doute, cela dépend du vent de la température de l’air et de celle de la peau, j’ai travaillé en slip près du gaillard d’avant ce matin et déjà à midi j’ai éternué.

A la passerelle tout à l’heure je suis resté aussi dans le courant d’air avec les deux portes latérales ouvertes parce que le ventilo s’était arrêté.

Je tousse, j’ai mal de gorge.

Néanmoins, je pense à toi, je vais dormir avec toi qui m’enveloppe températur de fraîcheur partout, bonne nuit tendre Elaine

 

Bons baisers.

 

Passe une très bonne nuit en pensant beaucoup à moi.

 

1er décembre Galapagos

J’ai été surpris en flagrant délit de flirt, Monsieur disait Poppe, Poppe c’est le timonier de mon quart. Monsieur ...

et il a vraiment dû me sortir du rêve éveillé que je vivais, je rêvais de toi Elaine, pis, je regardais ta photo, celle où vous êtes ta soeur et toi dans les vagues, elle me rassure, elle me confirme que tu existes, que vous êtes vivantes en moi comme je suis vivant en vous. Ma paume conserve les plis et le parfum de tes seins, de tes cheveux, de tes traits, alors, je la respire de temps à autre, je suis enfermé dans une bulle dont toi seule pourras désormais me sortir. Une bulle fragile et résistante à la paroi lisse et mobile comme le centre de ton ventre où j’aime tant m’enfouir, m’enfuir ?

Il y a eu le premier soir puis le lendemain ... et le lendemain, je suis revenu, sonnant délicatement à la porte ce qui fit tout de même un bruit d’enfer avant que j’entende des pas, ceux de deux pieds nus qui accourent tandis que j’attendais le lever de rideau, les trois battements de mon coeur, la porte qui s’ouvre, je passe, la porte se referme sur la ville froide, grouillante.

Et tu m’as présenté ta soeur et nous avons dîner ce soir là puis on a écouté des disques.

Pas de lettres ? Mais si.

 

Mais oui, comme partout Poney express veille mais moins de joie, ...

Que se passe-t’il, quoi donc ?

Voici un mot long, il est vrai mais très buro’s style. En étais-tu presque à m’écrire : J’ai bien reçu votre honorée du ...

Ah ! ? Ta soeur a lu mes lettres et les trouve un peu, trop ceci et pas assez cela...elle dit que je devrais aussi penser à elle et lui écrire, qu’elle le mérite bien et qu’elle attendait des lettres de moi...

 

Tu sais, Gwen, je pense beaucoup à toi, tu es indissociable de ta soeur et je ne suis pas sûr que ce sont les mots qu’il faille écrire pour que tu sois heureuse.

Un soir que Elaine était dans la salle de bain à faire sa toilette, je t’ai observée et tu savais que je te regardais, alors tu as eu un air paisible, inhabituel sur tes traits toujours durs et nerveux, tu t’es permise une petite danse du bassin, genre mousmé et minaret, un geste un peu plus appuyé et crac la couture du jean ... oui, la couture du jean a fait crac, et j’ai souri, cela m’énerve ces trucs qui n’ont aucune solidité as-tu clamé. Alors tu as repoussé le tissu après avoir delacé la ceinture, et tu es apparue quasi nue, un seul petit triangle de soie blanche cachant à peine ton sexe. La douceur de la cuisse était charmante et tentante, j’ai failli tendre les doigts vers le pli de l’aine, ce petit sillon ou mourraient quelques poils blondissimes, j’ai regardé très tenté ton épicentre, un sexe charnu de petite adolescente mais j’ai pensé que deux, deux, c’est une de trop dans la comptabilité amoureuse traditionnelle.

 

Suis-je traditionaliste,

 

Ne soit pas triste, si tu lis les lettres que j’envoie à Elaine, tu sais bien que tu es présente, dès le premier jour, autrement, voilà tout. Je ne peux tout de même pas te dire de glisser tes deux mains dans ma ceinture je fais pareil et je suis contre tes hanches, alors, tu descends mon pantalon pour le voir tendu magnique vibrant pour toi oh! réveille toi

Un soir le pantalon s’est déchiré et tu t’es promenée en petite, très petite culotte devant moi, des petites fesses rondes qui se baladent assez librement devant vous, cela fait monter les idées, et tu le sais très bien puisque le lendemain matin ta chemise de nuit était plus courte que celle d’une fillette de dix ans, et tu avais perdu ta culotte, et les seins libres bougeaient à chaque geste vers le toaster ou le beurrier, le surlendemain, tu es sortie nue de la baignoire et le jour d’après tu es passée dans le salon lorsque Elaine et moi faisions l’amour. Le jeu s’est ainsi terminé lors d’une surprise partie chez ta copine Ramona.

A quelques encablures de notre grande ville, une maison très nouvelle Angleterre avec un sentier en opus incertum serpentant au milieu de la pelouse. Des fontaines, la serre du jardinier, la remise à outils, le sauna, le barbecue puis la piscine où évoluait dans une eau vert turquoise, il savait recevoir le père de Ramona, des ombres nues. Dans les allées, des très jeunes en short, une autre en maillot deux pièces et quelques toilettes sobres avec un rien de perversité, à eux de décider si je porte ou non un soutien-gorge. Alors, il y a eu les steaks et les coca, quelques whiskies et des bières. Les males ont le droit depuis des siècles d’être cyniques, vous les femmes, vous baissez les yeux en même temps que les jupes, on va changer tout cela, filles regardez-nous, regardez-vous, soyez vous-mêmes et celles qui n’étaient pas encore déshabillées ont été poussées à l’eau à grands coups de rire et de philosophie débordante de machisme.

Nous sommes rentrés au petit matin, ivrelets, pelotonnés sur la banquette arrière d’un taxi mauve.

 

Puis nous avons tous été très librement nus durant des jours et des jours d’un vrai bonheur à trois.

Il n’y en n’a pas que pour Gwen, toi, Elaine, je t’embrasse sur les deux joues. très chaud

 

Bouche à bouche; mon sexe plongé en toi.

 

 

5 décembre Marquises

 

 

Bonjour Elaine,

Bonjour Gwen,

 

Comment allez-vous toutes les deux ?

 

Je vous vois prenant un peu le soleil, lorsqu’il entre par la grande fenêtre de l’appartement, quelle chance qu’il n’y ait pas de bâtiment juste en face, toi Elaine en loup de mer rayé super moulant et toi Gwen toute nue, un quart d’heure côté pile, un quart d’heure côté face.

Allonge-toi as dit Gwen.

Elaine entreprend de me déshabiller, elle jette elle-même au loin son maillot de corps, elle s’agenouille près de moi qui suis resté debout un peu devant elles. Ton corps me plaît dit-elle, et elle se plie vers moi. Le short la dérange, elle se déboutonne, l’envoie promener à grands coups de pied, elle se dresse vers moi, nue, je la serre contre moi, l’enveloppe de caresses sans précision, sans but, juste pour sentir vivre le petit corps contre moi, j’effleure sa fourrure marron, je m’attarde au creux des reins. Nous sommes tous deux nus, debout, presque au-dessus de Gwen étendue à plat ventre, la tête entre les bras croisés, à qui nous volons des rayons de soleil.

 

Je te penche un peu, je te soulève un peu et nos sexes se retrouvent face à face, tu murmures non, pas ici à mon oreille, tout bas ... Mais ta soeur nous as déjà vus, à peu près dans toutes les positions, elle qui entre à l’improviste à tout moment à chaque instant.

Pour le plaisir je reconstruis dans ma tête tous ses instants bénis que nous avons vécu avec Gwen comme gardien de notre intimité, en somme et je lis dans tes lettres comme des questions, il n’y a pas de réponse, il n’y a pas de question, Gwen c’est ma soeur, c’est évident.

En alternant pressions et mollesse, rapidité et force, doigt et pulpe du pouce, la caresse devient torture délicieuse et les sexes palpitent face à face. Gwen, se retourne, a-t-elle les yeux fermés sur les deux corps nus qui la surplombent, je repousse un peu Elaine vers la fenêtre et ma bouche traçant un chemin anarchique passe des épaules aux lèvres au ventre à la hanche droite à la cuisse gauche, le soleil tourne vers l’autre côté de la ville. L’illusion va nous quitter et nous resterons trois peu vêtus dans notre trois pièces cuisine avec vue imprenable sur la pollution new-yorkaise.

Elaine et moi, allons doucement vers notre coin chambre, sa poitrine durcit, les pointes se dressent, elle a un peu froid, elle marche devant moi et Gwen et moi regardons la courbe gracieuse et potelée qui va de la hanche au mollet et la fesse qui vibre à chaque pas, pleins de fossettes qui se creusent et se comblent avec le mouvement.

Dans ses yeux, je vois que Gwen est aussi amoureuse de sa soeur que je ne le suis...

 

 

Gwen, Gwen, Ouh Ouh ? Tu écoutes !

N’ai-je pas raison ?

Elaine se tourne et donne un regard à son corps, elle est devant nous, nue très nue, sa déchirure marron foncé éclate sur fond d’ombres et Elaine prend conscience, pour la première fois, de sa nudité désirable qui la rend plus nue encore, différemment nue, de l’inhabituel d’être nue devant sa soeur et nue devant son amant. Elle s’assied dans le sofa.[3]

C’est après ce jour là que les choses ont changé, subrepticement, Elaine n’a plus été dévêtue en présence de Gwen et j’oserais dire qu’au contraire, Gwen n’a jamais tant affirmé sa nudité d’adolescente.

 

Ce jour là, Elaine, tu nous as regardé, puis tu t’es retournée, tu t’es allongée sur le divan et Gwen s’est mise dans le fauteuil. Face à ces deux femmes allongées, j’ai ressenti comme un coup de poing au ventre, une houle chaude et profonde qui monte en moi, il serait temps encore de prendre le chemin de la salle de bains, de s’y vêtir, d’aller à la cuisine, se passer un caleçon et boire une eau pétillante, d’aller vers le meuble bureau s’asseoir et lire un magazine ... respirer une autre bouffée d’air ... J’ai retrouvé mon Elaine sur le divan-lit qui a pris possession de nous. Je me suis étendu au-dessus d’elle arc-bouté sur les bras et je regardais Gwen qui ouvrait entre des jambes d’adolescente une fente terriblement attirante une vulve qui ne demandait qu’à avaler mon barreau d’homme[4], formidable bitte tendue que j’ai plongée dans le ventre chaud d’Elaine sous la double courbe des fesses disjointes à l’ordonnance un peu troublée par de la folle fourrure d’une couverture en mouton haute laine que nous allions inévitablement souiller. Sous sa légère mousse en fait presque invisible, la fente de Gwen s’est mise à pleurer, et une larme n’est-elle pas venue à ses yeux ?  Ma bitte fuse vers elle, tend vers elle et ma rage d’être en elle emplit Elaine d’une folle jouissance. Nos visages se caressent de leur souffle, Elaine a les yeux fermés, je ferme les miens. En bas, les ventres s’aiment doucement, lascivement victimes du plaisir qui vainc le temps.


 

Santa Klaus,

 

 

Elaine et Gwen c’était ambigu et involontaire, je ne vous veux pas de mal, petits poussins, oisillons chéris, je vous aime toutes les deux.

Une rondeur d’épaule, l’une très ronde l’autre un peu angulaire, je ne me lasse pas de la photo qui me rappelle tant de bonheur, tant de bonheurs, le bonheur n’appelle pas les larmes, Gwen chérie. Elaine t’aime, je t’aime, la vie est belle et quand Ramona passera te prendre pour une nouvelle surprise partie cours-y vite trouve un Bill un Bob un William qui te dira que tu es belle et ne lui dis pas : On me l’a déjà dit.

La photo est glacée qui ne rend pas la chaleur rayonnante d’un joue contre joue, odeur indéfinissable du papier qui jaunit un peu qui n’est ni musc ni odeur forte des coussinets intérieurs des cuisses de femmes... cuisses si douce, si bonne à bousculer pour arriver au centre de tout, ce sexe précieux d’où irradient les plaisirs du corps.

 

Peut-on aimer plusieurs fois ? Peut-on aimer plusieurs fois en même temps ? Faudra-t-il oublier l’une ou l’autre, l’une et l’autre ?

Et puis, décide-t-on seul, seules, et le Petit Prince alors ?

Qui donc des deux l’a nommé ainsi la première fois ?

Je pense que c’est quand vous aviez joué à la couverture du Vogue. C’était l’après-midi, on était tous les trois à regarder une chose et l’autre, un livre, une musique d’ambiance endormait un peu les rumeurs montantes de la rue, et on a décidé d’aller souper le soir, alors que mettre, comment se vêtir, en riant, j’ai dit à Gwen qu’avec sa ligne haricot vert elle n’aurait pas de difficulté à trouver un petit quelque chose à se mettre et vous voila toutes les deux à jouer les mannequins, les vedettes, les reines du cinéma, avec et sans grimaces, vous vous maquillez, la houppelande de pilou d’une grand’mère d’autre fois entoure le corps d’Elaine, une couverture devient une robe du soir, les vêtements deviennent moins et plus nombreux, les deux filles sont nues ou en culotte, elles sont de gris et de mauve puis nues à nouveau et toi, oui toi me dit Elaine, hop on t’essaye des vêtements aussi passe un jean doré qu’on voit, mais le jean était bien étroit pour mes hanche, c’est à cause du caleçon qui bouchonne dit Elaine, on retire le caleçon, ça ne passe toujours pas, c’est à cause du petit prince dit Gwen en saisissant ma queue qui n’en revient pas de tant de familiarité et se rebiffe aussitôt. Oh la là ça vit dit-elle, c’est très autonome, de la vraie aristocratie hautaine, attention qu’on ne lui coupe la tête, la guillotine existe encore, eh là dit Elaine, on ne coupe rien, ce petit prince est le mien et elle l’embrasse le cajole l’élève encore un peu, on ne parviendra jamais à lui enfiler ce jean annonce Gwen très pragmatique.

Mais moi à ce petit jeu ai-je dit, je ne peux pas tenir longtemps, alors, j’ai poussé Elaine contre l’armoire à glace, dans le coin du mur en fait et je lui ai soulevé la jupe qu’elle venait de passer « pour la couverture du Vogue », j’ai baissé la culotte m’étonnant qu’il y en ait une et je l’ai investie de mon sexe brûlant.

Gwen a fait oh ! Vous êtes deux dégoûtants, et cela ne nous a pas empêchés de continuer et j’ai dit à Gwen de se taire sinon, je te viole.

 

— Chiche !

 

Deux soeurs, ce n’est pas en effet raisonnable.

Raisonnables.

 

Mais la couverture de Vogue on l’a jouée ailleurs aussi, chez Sarti & Brown, une boutique où nous avons décidé de nous renipper. Je rentre avec Elaine, on nous a conduit à une vaste cabine d’essayage avec trois murs en miroir, et le plafond pareil, jamais vu ça, je lui dis attends, déshabille toi toujours et je sors chercher une vendeuse et après avoir fait une sélection de robes, nous revenons. La vendeuse et moi sommes accueilli par des milliers d’Elaine nue, la vendeuse admire une seconde puis dis que ce n’est pas l’usage d’essayer des vêtements sans porter de dessous, elle ajoute que ce n’est pas hygiénique. Ah ! dis-je c’est ainsi et pas autrement, on ne porte pas de dessous et on n’a pas envie d’en acheter. Bougonnant, elle nous donne cependant une vingtaine de robes à passer et aide Elaine à le faire puis a s’ajuster, se mirer. la vendeuse est un peu gênée de devoir faire des retouches, des gestes qui effleurent les seins, les hanches, la peau d’Elaine.

 

 


 

Sept décembre

 

Je m’efforce d’être un vilain satyre qui viole une petite fille et Elaine est attachée par les chevilles et les poignets, elle se débat et devrait succomber, je suis Dracula Frankenstein et l’ogre du petit poucet. Gwen lit dans sa chambre et de temps en temps elle vient mettre un disque.

Je lie les mains d’Elaine sur le ventre et Petit Prince se promène sur son visage. Non, non, jamais, crie-t-elle, Gwen apporte moi le sparadrap, on va la faire taire cette mijaurée. Elle se retourne et présente ses fesses, Gwen est repartie dans son coin, Petit Prince se balance devant ce qui excitait le plus Sade, un derrière de petite fille. Et que leur faisait-il, il les sodomisait ai-je crié dans l’oreille d’Elaine, non non non tente-t-elle de dire au travers de son bâillon. Petit Prince se présente à l’entrée, force un peu, tu vas vraiment lui faire mal dit Gwen, arrête dit-elle encore et elle se précipite sur Elaine en lui disant qu’elle la délivre d’un si mauvais prince, qu’elle la protégera, qu’elle lui coupera la tête comme elle l’avait déjà dit !  Heureusement Elaine prend ma défense et dit qu’un petit Prince même si c’est trop ambitieux, cela se chouchoutte, se cajole, se console, se caresse, s’aime. Il ne faut pas faire de mal à un Petit Prince répète-t-elle, surtout pas au mien dit-elle et elle l’embrasse.

Et Petit prince adore cela et aime Elaine et Gwen qui ne demandent rien d’affolant, pas sortir spécialement, pas danser anormalement, il ne faut ni boire ni manger autrement, ni trouver des habits coûteux, elles aiment seulement l’essentiel pour lui, elles aiment l’amour. Elaine aime l’amour, elle embrasse, elle câline, elle est nue, elle est au lit, elle est souple avec ses bras et ses jambes, chatte et liane à la fois.

Elaine est chaude, vivante, heureuse, elle est bouche et ventre, elle est dessous et dessus, prenante et prise, conquise et conquérante et son page est Gwen qui lui selle son cheval et fourbit ses armes.

Les draps sentent la sueur et le sperme, le sang bat au fond des yeux, on est main dans la main, côte à côte.

On pourrait dire je t’aime et s’endormir et ce n’est pas possible, parce que comment dire je t’aime à l’une sans dire je t’aime à l’autre et comment alors résister à l’appel des jambes, du cul rond, des épaules carrées, des tétons différents, du sexe blond de l’autre.

L’autre qui n’est pas précisément une perdue dans la foule une anonyme une qu’on ne voit pas non c’est une qui sait ce qu’elle veut, tiens, l’autre jour à Central park, elle a dit j’ai envie de faire pipi comme les garçons et devant les yeux ahuris des promeneurs, elle s’est placée près d’un arbre, elle a retiré son short qu’elle portait directement sur sa peau et écartant les jambes, elle a fait pipi debout. Ça, Elaine, tu ne le savais pas, on ne te l’avait pas dit.

Et nous ne t’avions pas dit non plus que ce jour-là nous avons Gwen et moi rejoué la couverture du Vogue, elle et moi, nous nous sommes présentés chez Sarti & Brown, une boutique où nous avions été toi et moi le jour avant. Je rentre avec Gwen qui est comme à l’accoutumée uniquement vêtue de son jean un peu sale et d’un pull. Pas de sous-vêtements ! La vendeuse principale nous a conduit à la même vaste cabine d’essayage avec ses trois murs et le plafond en miroir. Je lui dis attends, déshabille toi toujours et je sors chercher la même vendeuse et après avoir fait une sélection de robes, nous revenons. La vendeuse et moi sommes accueilli par des milliers de Gwen nue, la vendeuse fait une mimique ébahie en voyant Gwen, plus parce que ce n’est pas toi que parce qu’elle est nue, comme toi et elle redit le même couplet : ce n’est pas l’usage d’essayer des vêtements sans porter de dessous, elle ajoute que ce n’est pas hygiénique. Ah ! dis-je c’est ainsi et pas autrement, on ne porte pas de dessous et on n’a pas envie d’en acheter. Bougonnant, elle nous donne cependant une vingtaine de robes à passer et aide Gwen à le faire puis à s’ajuster, se mirer. la vendeuse est encore plus embarrassée qu’hier de devoir faire des retouches, des gestes qui effleurent les seins, les hanches, la peau d’une jeune adolescente nue. Elle n’a plus vraiment su où se mettre lorsque vêtue uniquement d’un short en lamé, buste nu, Gwen s’est approchée de moi et posant sa main sur ma braguette a dit : Et le Petit Prince, il n’achète pas un petit costume ?

 

Je me suis bien amusé lors de ces deux séances et ça n’a coûté que quelques sourires, un short en lamé argenté pour Gwen et une chemise de soie verte pour toi.

 

Chères deux, j’ai vraiment passé des jours merveilleux, du délice avec deux filles merveilleuses, hors du monde, exceptionnellement exceptionnelles et je vous en remercie mais je m’aperçois que je n’étais pas vraiment votre héros, le héros, c’était donc lui :

Petit Prince !

Petit chauve plissé qui joue de temps à autres les Hercule de foire, je suis jaloux de l’emprise que tu as sur mes bonnes femmes.

Ce sont les miennes, voyou, et non les tiennes.

Tiens,

je les embrasse, et même partout, derrière l’oreille et sur leur toison tendre, et je les retourne et je leur écarte les fesses et je les embrasse là aussi où tu n’es jamais allé.

 

 


 

Décembre, ici c’est l’été, huit.

 

 

 

Bonjour à Lovelove et à Lucrèce de la part de leur Petit Prince.

 

Et de tendres baisers de moi à toi et à toi.

 

 


 

 

9 décembre Malden

 

Pendant que tu admirais dans le lointain le building de Radio City, la pointe de l’église Saint Patrick et je ne sais quelle autre tour, en prenant l’air bien chargé d’oxyde de carbone, mes doigts avaient touché tes cuisses, je m’étais placé derrière toi et ils s’aventuraient sous tes vêtements. D’un doigt subtil, j’ai poussé l’élastique du slip vers le bas et de la main gauche j’ai relevé la jupe sur tes reins. Tu n’as pu que sentir Petit Prince chaud et dur à hauteur de tes fesses, il se frottait un peu contre toi, dans la raie soudain puis il a conquis Lovelove et tu l’as senti loin en toi.

Lovelove a joué la dévoreuse de sexe puis s’est rebiffée, Prince a affûté son épée et derechef en a profité pour s’immiscer en toi. Au bout d’un temps, il a prolongé sa vie et son séjour en toi, il est si vigoureux, il semble inépuisable.

 

Bonne nuit à vous deux.


 

19 décembre Mariannes

 

J’ai lu ta lettre, Gwen qui lutte de toutes tes armes pour obtenir un certificat, un diplôme et j’apprends aussi qu’il fait très froid chez vous pour le moment.

Ainsi donc, m’écris-tu : J’ai revêtu des jupes courtes et je me suis assise au premier rang.

C’est très bien et j’imagine les contorsions auxquelles se livrent prof de math et autres philosophes pour apercevoir un haut de cuisse, voire une clarté obscure, une culotte presque transparente.

Fais attention aux rhumes, mon poussin et étudie tout ce qu’il faut pour obtenir ces pelures sociales peut-être nécessaires.

 

Concentre-toi et aime Elaine, elle aussi a besoin de toi, ma grande, de ma part, dis bonjour à Lovelove et demande lui de faire un câlin à Lucrèce. Je t’aime beaucoup et en d’autres circonstances, c’est, tu le sais bien, maintenant, en toi que j’aurais été, souvent, très souvent, toujours.

Et si j’avais été toujours en toi, où seraient-on, que serions nous si tu m’avais donné le privilège d’entrer et sortir de toi, oui, je sais, je l’ai dit, il n’existe ni bien ni mal au bal de la fête charnelle mais nous ne pouvons pas non plus vivre complètement sans les trois milliards et quelques autres habitants de cette planète, et eux, eux ils ne comprendraient pas tout.

 

Un grand bonjour à ta grande soeur.

de

Petit Prince et moi.

 

 

 

20 décembre.

Mariannes

Ce ne sont pas deux jeunes et ravissantes filles, c’est un groupe d’îles qui forme un archipel par ici dont le premier nom est d’ailleurs assez surprenant : îles des larrons. Ces îlots furent sans doute français puis allemands, avant guerre, ils étaient japonais et il n’y a ici que 6 à 7.000 habitants en tout et pour tout.

 

Oh là ! Eh bien, Lovelove, on s’excite ... texte étonnant, inusité (je recopie)

J’ai les jambes écartées et le clitoris en érection, les poils dressés les genoux ronds avec leur petite fossette de chaque côté, les orteils en l’air, je suis un bonbon à sucer, un livre ouvert à feuilleter viens, mouille toi le pouce ou l’index et feuillette moi...

Ca, Gwen ne l’a pas lu ... alors comme j’ai recopié, que va-t-elle en dire ? Bisque bisque rage, tu n’as pas besoin de m’écrire des quasi-méchancetés, Lovelove, qu’est ce bien à dire ce que tu dis, en dehors de tes inspirations érotico-sentimentales, Gwen et moi ? Quoi, Gwen et moi ?

Gwen est comme nous, libre et fière de son corps. Elle est peu encline à dépenser beaucoup d’argent pour s’habiller, elle trouve que c’est un poste déjà assez onéreux comme ça, alors, elle m’a chipé une de ces chemises à col carré, de matelot et se promène le matin dès son réveil ou le soir dès qu’elle sait qu’elle ne devra plus ressortir, ainsi vêtue. Elle a un petit corps admirable poli et ambré comme une statue d'ivoire, des seins qu’on ne peut que difficilement qualifier, ils semblent quelquefois petits, d’autre fois, ils sont ronds et pleins comme ceux d’une jeune maman, presque gros mais accrochés très hauts, tendres et gonflés à bouts roses pointant douloureusement disait-elle parfois.

Pour le haut, c’est parfait, blanc virginal et très digne, pour le bas, c’est selon l’idée qu’on a de la vie, les pans de la chemise s’arrêtent à hauteur du bas-ventre de cette jolie jeune fille et ses jambes sont ainsi très bien mises en valeur. Je ne pouvais évidemment pas résister à la tentation bi-quotidienne de glisser la main sous cette chemise sans penser vraiment que cette caresse était une privauté, elle s’en défendait à sa manière d’ailleurs et c’est ainsi que j’ai surnommé Lucrèce son petit triangle blond. Lucrèce, pour ta gouverne, n’est pas que cette empoisonneuse de Borgia mais c’est aussi la dame romaine qui fut à la base de l’établissement de la république. En effet, cette Lucrèce se tua de désespoir après avoir été outragée, c’est le mot d’époque, par un des fils de Tarquin le Superbe. On dit donc que les Lucrèce sont des dames qui préfèrent la mort au déshonneur !

Tout de même de nus en caresses anodines, notre trio a glissé un peu vers une sorte de république à trois.

Les caresses sont devenues habitudes, et plus érotiques, une fois, sans y penser, j’ose le dire, deux doigts pénétrèrent la chair ouverte et se mirent à trembler avec une frénésie calculée dans la mince raie rose. Lucrèce ne s’est reculée qu’après une bonne minute !

Pour Petit Prince, c’est autre chose, il a moins de self-contrôle, il faut bien le dire. Un soir du lit où il venait de te faire l’amour à la salle de bains où il allait se baigner, il percuta dans l’obscurité ( nous n’avions pas allumé la lumière ) Gwen qui allait se chercher un verre d’eau.

Petit Prince tout neuf dégagé humide et tremblant  est encore fier, comment Gwen est-elle soudain à genoux, et Petit Prince s’est promené sur les seins nus offerts, sur les lèvres pour ainsi dire à portée de main et elle a prit mon sexe dans sa bouche et a bu le reste de tes sécrétions et des miennes et à même la verge comment distinguer sperme et salive, toi tu t’étais endormie mais aujourd’hui on te dit tout parce que tout cela c’est notre histoire à trois, crois le bien, une belle histoire.

Comment, nus tous les trois ne nous serions nous pas caressés, lutiner, aimer enfin...

Comment aurai-je pu, aurais-je dû vivre avec vous deux ?

On vous regarde on ne peut pas ne pas vous aimer  et ne l’ai-je pas déjà dit, comment aimer l’une sans aimer l’autre, j’en connais qui ramperais pour entrer dans le lit de Gwen sans doute aussi dans le tien, vous m’avez un peu épuisé les filles je suis un rien conditionné là physiquement ça va je crois, qu’en pense Prince petit vient mon Petit Prince dresse-toi pour dire bonjour aux dames qui me rendent fou elles m’épuisent les dames, je ne vis plus que par elles, pour elles, elles me sucent la moelle épinière, je repasse par la busette aurait dit Céline tout s’amenuise au profit du sexe je ne savais pas que cela était possible que cela existait.

En fait, pour Gwen, cela a été aussi important que pour toi, sinon plus ? Et si je découvrais un jour une machination, un enjeu inconnu aujourd’hui, Elaine, la belle vierge qui ouvre un soir ses cuisses toutes grandes pour permettre au mâle de venir en elle, et ça marche bien, la surprise est de taille, le mâle plaît le sexe devient centre de vie alors, transmission ou désir d’empêcher et le mâle et la petite femelle soeur de s’en aller, on ouvre délicatement les cuisses de l’autre, de la vestale, on avait bien vu que ces deux-là, à force de se fréquenter, à force d’être nus l’un à côté de l’autre, se touchaient, se reniflaient, respiraient déjà l’un sur l’autre comme un parfum d’amour ...

Gwen m’a dit que dès le premier soir elle m’avait adopté. Nous l’avions invitée, tu te rappelles ? J’ai dansé un ou deux slows avec elle. Elle sentait ses petits seins s'écraser contre ma poitrine puis ses jambes se trouvèrent emprisonnées par les miennes et, contre son ventre, à travers son vêtement léger, elle sentait quelque chose de dur qui par moments bougeait. Elle ne savait pas encore que c’était Petit Prince et qu’il t’apporterait tant de bonheur et qu’elle, Gwen, serait si heureuse de ton propre bonheur, de te voir t’épanouir, te voir devenir femme, autre femme que celle qu’elle avait peur que tu deviennes, fonctionnaire de la pizza !

 


 

 

 

 

 

 

25  Noël en mer

 

J’ai bu une coupe pleine de champagne puis deux à la santé de tes prunelles, je me suis saoulé de ta photographie. De toutes les photographies de toi que j’ai. comme tu es belle, Elaine, femme universelle, bien trop belle pour une femme de son âge doivent dire les commères de ta rue et du quartier, avec des passages salés et des coins pour enfants pervers, des tournants lyriques et sentimentaux et je bande pour toi, tu veux voir !

Petit Prince te salue.

Petit prince souhaite un joyeux Noël à Lucrèce et à Lovelove.


26 dec Philippines

Pas d’affolement ma chérie, oui Gwen à ma connaissance était une brave petite pucelle, une adolescente qui a vécu quelques semaines particulières et d’ailleurs, ce n’est pas toi qui devrais me demander insidieusement cela, pourquoi ne le lui as-tu pas demandé toi-même et pourquoi n’as-tu pas vérifié toi même ? Mais, cela se fait-il ?

Et de quel droit te mêles-tu de la virginité de ta soeur ... enfin, de cette manière, elle sera triste de savoir que ta confiance en elle, en moi, en nous a vacillé un instant, toi et moi, c’est toi et moi, nous et elle, c’est nous trois et le nous trois est devenu dans les jours qui ont précédé mon départ un vous deux, non ?

C’est vrai qu’elle a fait des gestes surprenants, mais pouvait-elle ne pas les faire et surtout comment lui refuser qu’elle les fasse.

Par exemple, quand elle a mangé Petit Prince tout mouillé de toi encore, n’était ce pas une immense envie d’amour de toi et moi ? Et une preuve d’amour énorme d’elle à moi, d’elle à toi, prendre un sexe d’homme dans sa bouche, je crois que nous garçons, nous ne nous rendons pas bien compte, mais, il est vrai que c’est à tout le moins la première fois une sorte d’héroïsme, une folie. Je crois que c’est une plus grande preuve d’amour que de se laisser investir par un sexe d’homme dans le petit con. Un sexe épais et dur et avoir tout à coup la bouche pleine de foutre ...

Être fille c’est parfois difficile, tu dois le savoir, être garçon aussi tu sais, et ne pas faire de la peine à ceux qu’on aime, cela aussi c’est difficile; moi rien ne m’y a vraiment préparé.

Avant vous deux, je me suis occupé d’être amoureux des fillettes avec qui j’avais grandi sur les bancs de l'école et de l'église, j’ai pédalé tout un été vers Denise et Renée ou Ginette et je ne rencontrai pas Renée  pour qui j’avais construit des paquebots d'immigrants, des chariots bâchés  placés en rond contre des attaques de peaux rouge, puis elles grandirent aussi et ne me convenaient plus, elles n'offraient pas d'imaginaire, on savait tout de leur sourire de ce qu'elles aimaient et détestaient, on pouvait bien leur voler des baisers essayer de tâter à la volée leurs seins qui naissaient, elles restaient des copines. Impossible de rêver d’elles en images de stars ou de châtelaines inaccessibles Vinca connaissait bien le problème, j’ai punaisé Cyd Charise et Gina Lollobrigida, Sophia Loren et Brigitte bien sûr, on ne punaise pas sa voisine, plus tard aux bals des après-midi de grande vertu on voyait entrer et sortir des filles qui ressemblaient à Sylvie ou à Agnès ou à Sheila petites mignonnes qui n'effraient pas les parents, les garçons portent des mocassins en daim un seul est venu en vélomoteur un vieux est là avec sa moto, la plupart des filles portaient escarpins noirs à talons plats, se coiffaient en casque et celles qui se voulaient bien ne voulaient plus ressembler à Brigitte. J’ai effacé les filles connues de mon rêve, j’ai laissé mon amour immense de la gent féminine se diluer dans la mer de l'oubli, les cartes postales donnant des rendez-vous curieux furent interceptées par les mères réciproques, des cosaques de la coalition Wellington Mechternich enlevèrent Renée et la placèrent dans un couvent, les soeurs de st Vincent  dans la cour desquelles tout se passe, on y rassemble les conscrits pour les envoyer mourir au chemin des dames on y rassemble des juifs pour les envoyer mourir à Dachau toujours pour le même motif : parce que la France est un pays d'honneur et qu'il faut que cela se sache. Alors, j’ai failli faire des études militaires, j’ai fréquenté des bâtiments taillés pour avec des vrais adjudants même si ça s’appelait école. Les bancs étaient bâtis pour empêcher les élèves de penser et d’écrire, ils faisaient mal aux genoux aux coudes et aux dos. Les corridors étaient lugubres on les avait tirés en longueur et l’architecte avait vraiment bien fait son boulot pour empêcher le soleil d’entrer dans cette prison. Cette caserne servait à oublier la liberté qui n’est plus qu’au  bout de l’horizon. Il y avait des lots de consolation, un camarade et quelques condisciples et deux arbres et l’ombre de l’église et l’ombre de l’hôpital. Sont tout de même apparus des copains copines qui étaient de braves futurs citoyens, con citoyens qui attendaient avec patience et prudence leur vingt et un ans plein de bonne volonté le mot avenir sur le front ici on fait de vous des hommes et des femmes de demain et vous allez voir ce que vous allez voir demain on rase gratis.

Quand on voulait aimer les filles, aimer, tu sais, pas l’amour de Marivaux, celui de la pomme et de Adam et Ève avant la terre, Adam et Ève au paradis terrestre, elles avaient peur; malgré qu’elles aient déjà deux seins, un bas-ventre et des fesses qui commençaient à s’arrondir joliment ici débordantes déjà ailleurs. Les démangeaisons des lycéennes sont-elles aussi horribles que celles des lycéens, je sais depuis, que oui, chère Gwen.

Adrienne avait mis sa robe sans manches une mèche sur l'oeil et des ballerines de danseuse, elle pensait que je voudrais voir de plus près si ses nichons sont aussi jolis qu’elle croit que je le pense et elle en a peur, peur de tout et de rien, la bombe atomique et le polichinelle dans le tiroir.

Et puis je fis des vraies études des vrais voyages et il y a eu vous deux.

Je n’ai jamais vu de corps plus superbe que le tien, Gwen, Elaine est plus désirable, plus excitante mais indiscutablement la palme de la beauté revient à Gwen. D’ailleurs, Elaine, tu le sais bien puisque tu t’es choisi Gwen comme amie. Es-tu devenue spécialiste es caresses féminines ?

 

Le 27 décembre aux Philippines

 

Quel joli petit paquet-cadeau, une Elaine toute belle sous un ruban rouge, merci pour l’attention, merci pour vos nouvelles photos, toi nue quatre splendides images et Gwen, toujours étonnante avec une jupe plissée, des couettes, un chemisier blanc impeccable, je la scotche contre la porte (de mon côté, bien sûr !)


28, toujours aux Philippines où nous allons passer la Saint Sylvestre probablement,

 

Je relis toutes tes lettres avec beaucoup d’attention et aussi les trois que j’ai reçues de Gwen.

Dis donc, tu me cherches des crosses ou quoi ?

Me voila avec une sorte d’ultimatum sur le dos l’enjeu un corps qui sait si bien me plaire et qui sait aussi me plaire au travers du regard des autres les hommes et les femmes et avec l’aide de sa soeurette, pas si bégueule en définitive, je t’ai raconté ou je te raconte une petite gueule trop jolie pour être honnête, les deux, les deux soeurs.

Tu ne te souviens plus que nous nous étions allongés, nus n’est-ce pas, elle est entrée et tu as dit comme elle est mignonne, n’est-ce pas, ma soeur j’ai dit oui, tu lui as dit viens.

Elle s’est déshabillée très pudiquement, j’oserais dire comme à l’habitude, c’est dans d’autres gestes, dans d’autres situations qu’elle est franchement impudique.

Elle est mignonne me glisses-tu à nouveau à l’oreille en parlant de Gwen qui achève de se déshabiller dans un coin sombre de la chambre comédie ou pudeur elle ne regarde pas vraiment le couple nu que nous sommes, au lit.

Puis elle vient s’allonger, elle me frôle, passe par dessus moi et s’installe entre nous deux, me repousse un peu se love contre toi et voilà que vous vous couvrez réciproquement le visage de petits baisers; les yeux se ferment et les corps se caressent, les mains restent sages, les miennes en définitives se posent sur les hanches de Gwen, je m’écarte un peu pour que mon vit ne l’effleure pas, il est trop autonome, celui-là ! une larme coule sur une joue, de qui vient-elle je l’ignorerai toujours, tu as un visage émouvant, elle remue le dos qui se creuse et des fossettes se dessinent sur ses reins cambrés, ses fesses rondes et proéminentes sont très jolies, notre nudité totale est image d’amour et d’innocence, j’aime te contempler et la regarder aussi et toi, tes yeux regardent quoi, les bouches que je trouve les plus attirantes du monde se rejoignent sans moi, et c’est comme s’il me manquait quelque chose, je mendie un baiser et Gwen se soulève, tu passes entre ses bras pour picorer mes lèvres, tu me murmures sois très gentil, très très mais les corps s’émeuvent, nos mains explorent des reliefs nouveaux entre nous, tes mains glissent sur elle et l’enchantent, mes lèvres, tes doigts s’attardent sur ses seins superbes et complices, sa bouche descend au plus intime de toi [5]pendant que ses mains devenues, on ne sait comment, savantes, caressent ton ventre et les longues cuisses de Gwen sont parcourues de nos mains qui s’y rencontrent, tracent des voies, contournent des rondeurs, se chassent se trouvent se perdent, vous êtes heureuses, Gwen est heureuse, tu es heureuse avec les doigts de Gwen au coeur de ton intimité, un plaisir neuf te submerge, tu t’abandonnes sans retenue, tes soupirs et l’ondulation de tes reins trahissent ton bonheur, ton corps réclame l’homme, l’assouvissement, qu’est ce que tu attends me jette méchamment Gwen et je prends possession de mon Elaine avec douceur d’abord, puis, je change de rythme, je brutalise, je viole. Elle ouvre les yeux et elle me voit, elle m’entoure de ses bras et se fait infiniment tendre, je regarde Gwen qui s’est poussée sur le côté à genoux et nous observe d’un regard brûlant, souffre-t-elle ? Elaine devient volcan violence je ne la ménage pas, je l’étreins pour elle et pour moi, pour nous. Gwen approche avide de prendre part à ce plaisir et Elaine va enfin nous conduire à sa victoire, ne me dis pas que ce n’est pas pour cet instant-ci que tu m’as laissé venir chez vous :

Tu me repousses doucement, tellement tendrement, hors de toi et tu te tournes sur le côté, appuyée sur un coude, tu regardes l’événement attendu, ai-je même cru sentir une main qui flattait Petit Prince pour qu’il reste très vigoureux malgré la prestation, intense, qu’il venait de fournir, non ?

Gwen s’allonge sur le dos, bras et jambes un peu écartés, je roule doucement contre elle, sur elle, je l’embrasse précieusement dans le cou, sur l’épaule, elle écarte légèrement les cuisses, je me soulève et je sens ta main, Elaine, qui s’empare de ma virilité et la guide précieusement vers l’orifice sacré de Gwen. Ce fut l’accord immédiat, une douce et lente pénétration, profonde, je plante ma vigueur renaissante au coeur de Gwen, ta soeur, c’est parfait de suite, un accord charnel total si profond que les formes classiques du missionnaire nous suffiraient s’il ne fallait compenser des heures et des heures de désirs et d’imagination.

Au creux d’elle, j’envoie une longue giclée de ma semence, jamais je n’ai connu un aussi intense, impérieux moment, une sensation de puissance d’homme, Adam, Tarzan, Superman, Néron, César, Alexandre, Robin des bois. Et je m’affale heureux, comblé, entre vous deux, me voici entre deux femmes mais est-ce vraiment gênant, notre microsociété se définit elle même de la vérité des coeurs et des corps en des lois simples de don du plaisir aux deux autres, la nuit s’estompe le sommeil nous atteint et l’oiseau chantera sur le rebord de la fenêtre entrouverte, nous trouvant au petit jour tous les trois enchevêtrés.

 

Je sens qu’on remue et je vois dans l’ombre du matin une sorte de fée ou de sorcière se permettant une diabolique ascension sur le phallus rigide que je m’octroie. Une fois encore, face à ma vigueur, l’orchidée perd un jus clair qu’une autre appelait miel et je crache mon venin de vipère, de dragon, de géant, déjà murmure une voix ensommeillée ... qui était-ce, je n’ai pas voulu ouvrir les yeux.

 


 

 

 

            29

 

 

 

 

Gwen est allée chercher de quoi préparer un bon petit déjeuner, j’ai rapidement retrouvé la vigueur qui semblait s’en être allée et je t’ai installée à plat dos avec les jambes sur mes épaules, l’appétit vient en mangeant, ai-je dit j’ai trop faim pour attendre.

Qu’est-ce que vous faites a dit Gwen en rentrant ? Tiens, elle est en jupe. Viens ici, on va t’expliquer ai-je répondu et je sais qu’après que je lui ai eut enlevé son slip elle s’est demandée : Dans combien de temps va-t-il me fourrer sa bitte dans mon petit con et comme c’est merveilleux qu’entre nous il n’ait pas fallu toutes ces fadaises dont se croient toujours redevables les adolescents mâles pour se glisser en une fille. Sous l’oeil attendri d’Elaine, ce fut expéditif, je l’ai embrochée comme un poulet en dix secondes et je lui ai montré que Petit Prince était un instrument de bonheur perpétuel. Nous avons tout de même mangé les gâteaux et les fromages qu’elle était allée acheter.

A bientôt.


Décembre                                Le trente.

Cocon est vulgaire, sale et pouilleuse, la mer n’est pas verte et le ciel n’est pas bleu, à moins que ce ne soit le contraire et yo-oh une bouteille de rhum, ils étaient quarante sur le coffre du mort et les rues sont sans charmes, les avenues très républicaines et les femmes divisées en trois groupes : Les putains, petites nanas d’une joliesse incroyable, ni blanches ni jaunes, peu mais bien vêtues, de cabaret ou de la haute société locale, les cathos, en noir comme des mamas italiennes, le gabarit en moins le babil en plus et ce n’est pas rien, et celles en longs rideaux, épousées d’Allah, en général des bronzées importées du sud-est Asiatique qui se trouve ici à l’Ouest, c’est une classique démonstration de la rotondité d la terre. Rotondité, venez-ici que je vous montre ce que j’en fais, Chères deux, des rotondités. Je les écarte et je les pourfends ! Demain soir, il y aura une petite fête dans un bistrot local, je ne suis pas de service et j’irai boire un pot. Et vous, comment avez-vous organisé votre Noël et comment organisez-vous ce passage d’une année vers l’autre ? Les fêtes, il faut que je me méfie des dames surtout, comme lors de la dernière, tu avais, Elaine, glissé tes deux mains dans mon pantalon à un moment donné, après m’avoir coincé derrière je ne sais plus quelle colonne et diablesse tu avais, je m’en souviens très bien délacé la ceinture et tiré le pont de pantalon vers le bas, un marin c’est pratique non, merci de m’avoir trouvé magnifique tout tendu vers toi tout vibrant et je suis heureux de savoir par tes dernières lettres qu’à cette distance je te fais autant d’effet que ce jour-là et que tu sors de tes nuits de rêveries avec moi mouillée et les reins brûlants, me retrouvant un peu dans le corps de Gwen qui dort maintenant dans ton lit, dis-tu.

 

 

31 dec

 

Saint Sylvestre sans toi ni toi ni toit

Bisous

 


 

 

Premier jour de l’an.

 

 

Je suis allé à cette petite fête dont je t’avais parlé et sur le coup de minuit, ce fut très spécial, tout le monde s’est déshabillé et a couru dans la mer, ils appellent cela le bain de minuit et tous tout nus, nous nous sommes embrassés à la gloire de l’an nouveau ou au décès de l’an vieux.

Des catholiques décontractés... et ça m’a émut, au coeur et au ventre. Au coeur, parce que les catholique, pour moi c’est Saint Pierre et les vierges, les soeurs, les béguines, le Pape et ses litanies auxquelles j’ai été initié en devenant enfant de choeur pour un petit pain chaud fourré de confiture de groseille mais les pensées impures continuèrent à me hanter malgré les hosties et le vin de messe, il y avait les terribles confessions du samedi après-midi garçons à droite filles à gauche, était-ce un signe politique, le curé admonestait puis le vicaire écoutait on avait les genoux cisaillés le dos qui s'arrondissait, le guichet s'ouvrait en sursaut on ne voyait que la lueur d'yeux et le souffle aigre du prêtre l'absolution du samedi effaçait les errements du jeudi après-midi, j’ai vécu ce milieu de siècle dans une civilisation ou le partage des corps se fait le plus tard possible, il ne s'enseigne pas, se refoule se stigmatise s'avilit.

Me regardant dans un miroir, je me suis comparé à Adam puis à Tarzan et j’ai alors décidé qu’il fallait que je sache à quoi ressemblaient les filles. Vous connaissez la suite, mes choutes fendues et mamelues, je vous adore.

 


 

 

 

 

 

Trois de l’an neuf

 

Le plus grand péril de l’heure a dit Pie XII, hé, cela veut dire douze petites ignares, est que les hommes ne se soucient pas du péché, comme il a raison.

 

A nous trois, avenir, caresses et baisers.

 

 


 

 

 

 

Le quatre janvier

 

 

Avais-je dit qu’il y a eu une sorte de partie au grand air pour fêter l’an neuf et que j’ai nagé dans la mer, aussi nu que vous deux lors de votre séance de photographies que j’ai encore regardées hier et ce matin, j’aime vous voir et cela m’ennuie un peu car sitôt, je bande et comme je travaille en slip, les autres rigolent, ici il fait très chaud.

De slip on n’en n’avait donc pas entre les deux années et je n’ai trouvé à la nudité des autres dans cette surprise partie ni désirs ni excitation ni plaisir ils étaient tous assez laids sauf quelques unes il est vrai qui se baignaient un peu à l’écart et que je suis allé rejoindre, très bien accepté avec ma peau blanche, américaine disaient-elles.

J’en aurais bien embauché l’une ou l’autre pour me donner un coup de main à bord mais, il n’y a pas de femmes sauf sur les grands paquebots, d’ailleurs des filles peuvent-elles faire cette sorte de métier.

Les filles n’ont pas le sens de la vocation puisqu’il leur suffit d’attendre le prince charmant, le bon petit diable ou l’immaculée conception, elles sont peu tracassées du lointain avenir, en cas de pépin, elles ouvrent les cuisses et un bon petit diable vient y déposer des dollars.

Sur la plage malgré l’obscurité ou à cause des ombres, c’était marrant de voir les petits robinets des garçons tressauter lorsqu’ils couraient ou dansaient car on a dansé nu et cela ce n’est pas simple, comment faire pour ne pas trop se frotter les fourrures, comment ne pas jouer éléphant, comment rester un peu correct surtout si la mignonne est ronde et dépose sa tête contre votre épaule, et que faire lorsque les pieds dérapent dans le sable et que la fille se retrouve à vos genoux, la tête quasi contre vos cuisses, la bouche, la bouche ,

Tu rigoles Gwen de mon sexe embarrassé, tu l’as pourtant toi aussi pris en bouche, sans penser à mal, je crois un soir ou était-ce un matin et tu étais pourtant une vraie jeune fille, comme on dit, tu étais vierge mais dis donc partout n’est ce pas ?

Les Américaines sont parfois étonnantes.

Du grand méchant loup tu savais bien des choses que les Européennes ignorent quelquefois toute leur vie durant.

J’attendais Elaine en prenant un bain, comme dans les films les plus fous, j’avais fait une mousse abondante qui débordait de partout, tiens, voila un périscope, pourquoi un homme bande-t-il, la bandaison, cela ne se commande pas et à cause de ça, de nombreux effets de jalousie existent qui sont des erreurs irrépressibles diraient vos avocats de la septième, tout à coup je n’y tiens plus, je me masturbe lentement avec un peu de mousse. Faire coulisser mes doigts serrés sur la peau tendre et presser ici et là et serrer encore et encore dans un va et vient lancinant, c’est bon, tout à coup, quelqu’un entre, j’ai le dos tourné à la porte et croyant que c’est Elaine, je me dresse, la verge tendue en main, et là sous le nez, une giclée de sperme ...

Sous le nez si peu confus d’une jeune fille de quinze ans qui regarde le bout rouge et le petit oeil qui l’observe, la main du garçon se pose sur l’épaule de l’arrivante et dit , ôte-toi, Shéhérazade, je suis Lancelot du lac, et Simbad le marin, je suis Tarzan et toi Jane, tu t’es encourue vers le living avec moi à tes trousses tout nu, la demoiselle est jeune elle court devant l’amour après l’amour, Lancelot ou le chef Apache sur sa monture la rattrape alors alors oui je t’aime crie celle qu’on va violer donne moi tout  donne donne envoie tout dans ma chatte hurle dans sa tête Carabosse, tout, la crème est pour moi, elle en veut maintenant, Frankenstein à rattrapé la pauvre Orpheline Annie et l’a couchée par terre et je suis venu sur elle impétueux rapide je brûle pour toi tu es la fée je suis la baguette magique Merlin mon cul oui ton cul, et te retournant comme on fait sauter une crêpe dans la poêle j’ai joui sur ton jean fermé, là, juste dans les raie de tes fesses.

Curieux, les hommes, et leur petit machin, as-tu dit en te relevant et en regardant ma petite bête toute flapie au bout de laquelle s’arrondissait une dernière goutte de liqueur séminale.

Il semble que Gwen comme moi ait besoin de rêve et de fantaisie pour supporter la vie, moi surtout qui ait toujours un peu froid si je ne cours pas après un petit cul rond, qu’importe d’attraper ici ou là, l’important est de courir, de n‘avoir pas froid, ce froid sec qui pénétrait tout suite et glaçait les os, dans les couloirs qui sentaient le prêtre et la nonette. On m’a volé ma jeunesse et des rêves, on me volait mes chaleurs, on m'envoya rejoindre des camarades qui n'en étaient pas condamnés reniés abandonnés il convenait donc de devenir embusqué renfrogné dédaigneux on me mit en rang en rangée en dortoir la routine le règlement les pensionnaires amis qu'on ne choisit pas qui sont voisins obligés de table de lit hasard alphanumérique selon l'humeur du surveillant chef car même chez les petits il y a des chefs il n'y a d'ailleurs que de petits chefs, au-dessus des draps, les mains, avant d'étouffer les plus belles années de rêve sous d'interminables kyrielles de leçons de devoirs de retenues d'études de chapelle de préau de déclinaisons de conjugaisons, je n’étais plus qu’un prisonnier dont le seul but est l'évasion, Chigachkook allait m’aider puis Pausole est venu avec sa règle universelle et je fis semblant d’y croire

 

 

 

 

Je confie la lettre au vaguemestre pour qu’il la dépose dans une boîte philippine, j’ai mis de très jolis timbres pour la collection de Gwen

 

Sur les joues d’Elaine, sur les lèvres de Gwen, sur le ventre d’Elaine, au coeur de Lucrèce et à l’intérieur de Lovelove : partout des bisous.

 


 

 

 

 

 

Quinze janvier

 

Chères petites fleurs,

 

Pourquoi n’aurai-je pas l’effronterie d’appeler un chat un chat, taisez-vous, la meilleure manière de faire taire une femme est de lui emplir la bouche.

J’ai caressé Gwen avec toi, Elaine, et ce n’est que le dernier jour, avant de vous quitter que je l’ai embrassée, une conquête à l’envers, celle qui avait dégusté ma virilité, avalé nos liqueurs, gardait une sorte de virginité des lèvres, en somme, il y eut don une première fois, nos langues se joignent se poussent s’escaladent de bout de la langue je lui caresse le palais du bout de la langue elle agace mes dents  ne me décoiffe pas me dit-elle et je me fais tout petit devant cette poupée et tu triches, Elaine qui au même instant dépose ta tête contre mon sexe puis le prend en bouche, mais vous voulez ma mort ? Ce n’est pas inépuisable ce petit objet mou qui durcit tant et tant sous vos yeux, sous vos attouchements et pour rien parfois. Et ne criez pas ensemble menteur.

 

 


Vingt-cinq janvier.

 

A vous deux,

qui me vengez de tout, des culs attirants que je n’ai pas investis, des femmes qui se sont refusées à moi, des coups de pied au ventre que je n’ai pas osé donner, des petites filles impubères que je regardais à la dérobée sur les plages, même lorsque mes mains étaient déjà dans les maillots des Claudine, Éliane, Mouche et Renée, Suzanne et Gisèle, Nicole et Nicole.

Je ne me décide pas à perdre l’une ou l’autre, il faut donc bien se résoudre à cette polygamie sentimentale semi-clandestine qui n’est ni lâcheté ni méchanceté, seulement peur de faire souffrir un petit oiseau une petite caille tremblante.

 


 

4 février

 

Gwen est en voyage pour deux jours, et dans quatre, je vous quitterai.

Nous sommes revenus au village, Greenwich où nous avions passé une nuit il y a trois siècles, comme le temps passe, étrangers aux touristes et nous avons regagné l’hôtel de la Best Western. C’était l’heure de dîner, celle du luxe et du raffinement que nous avions souhaités. Tu avais passé ta robe de velours ceinturée largement de cuir espagnol et tes épaules découvertes étaient royales sous une légère mousseline blanche J’avais mis un uniforme outremer et le cou ceint d’une écharpe de soie blanche, j’étais martial. Une femme rayonnante, un homme viril et entre nous, le rubis d’un grand bordeaux dans des verres en cristal.

J’ai caressé tes doigts et nous avons su tout ce que nous n’avions pas à nous dire... Tes yeux se sont emplis de buée et j’ai dit Tchin tchin...

 

 

Guérit on jamais d’un véritable amour, le temps peut le ronger n’en laisser que des lignes de souvenirs des images d’amours factices qui le recouvre.

 

Il y a mille manières de dire je t’aime je n’en connais qu’une à cet instant qui est de crier très fort combien tu me manqueras tout en toi me manque ta tendresse ta voix ton corps brûlant de vie et de soleil laisse moi me blottir au creux de toi un instant encore, il me faut, vous, vos appas et vos fentes subliminales.


6 février

 

Trois chemises en nylon, deux paires de socquettes et trois paires de bas, un mouchoir, une cravate, trois slips, je suis en train de faire ma petite valise. Je laisse mon kit-bag à bord, je réenrôle ici dans soixante jours.

La mer et les circuits d’autobus ont ceci de commun qu’on connaît plus ou moins les horaires à l’avance.

Je vous embrasse belles du monde entier.


                        7 février

 

Tout à l’heure, nous serons au Steen et la cathédrale resplendira avec le soleil juste derrière.

 

J’envelopperai de silence cette fille, cette femme, qui attend face au musée de la Marine, belle, mienne ou quasi et c’est ce quasi qui est espoir de vie, charme de l’instant présent, vie qui vaut d’être vécue, je l’aime plus qu’il n’est autorisé de dire, je sens que monte le meilleur sur terre, je suis à elle, les élingues se mettent en place, une aussière est tirée, sa robe rouge éclate dans le gris docker. Échelle de coupée, dix pas vingt mètres silence tacite pudique moment

Je dirai

Bonjour Minouche.

Bonjour.

Je poserai ma casquette sur sa tête et elle ressemblera à Dixie, non, comment s’appelait-elle encore ?

 

Un taxi est là qui attend, merci, tu es belle. Tu as lu mes lettres ?

 

 

 

Ah ! Vous n’êtes pas Minouche, vous êtes policier. Tiens, on recrute des femmes, maintenant dans la police ? Des parents ont porté plainte ? Quelle plainte ? Mineures ? Quelles mineures ? Quel âge avez-vous, rendez-moi ma casquette. Ce n’est pas facile n’est-ce pas de vivre sans signes extérieurs de reconnaissance du groupe, sans entrave, en liberté !


 

 

 

 

ANNEXES

 

 

 

 

 

1. Croquis

2. Annotations

 


 

 

CROQUIS

 

 


Miroir

 

 

 


 

Elaine prend conscience, pour la première fois, de sa nudité désirable qui la rend plus nue encore, différemment nue, de l’inhabituel d’être nue devant sa soeur et nue devant son amant. Elle s’assied dans le sofa.

 

 

 


 

 

 

 

 

Empruntés à Dany, Colombe et Olivier expriment bien mon désarroi face à la fille nue.

 

 

 

 

 

 

 

 

Je vous veux nue à mon déjeuner, toute nue, mais coiffée, soyons civilisés.

 

 

 


Ce Serge, de t’avoir vue nue, je ne lui pardonnerai pas, s’il passe devant ma route, hop ! écrasé ! comme une mouche, j’allais dire, comme une merde.

 

 

 


 

 

 

Je regardais Gwen qui ouvrait entre des jambes d’adolescente une fente terriblement attirante.

 

 

 

 


 

 

ANNOTATIONS

 

 


 

***



note        On trouve dans le texte des annotations, celles-ci renvoient à des notes personnelles qui sont publiées après les lettres.

  ainsi, on ira déjà voir  à Annexes : Réflexion  et à Annexes, croquis : Miroir.

[1]           page 214

[2]           et si on allait voir page 215

[3]           page 213

[4]           page 219

[5]           page 216



danse

                L’ai-je imaginé ?

 

J’ai serré Claudie très fort mais je n’ai pas su vraiment quoi faire, je n’avais dansé auparavant que dans des guinguettes de village, et si mal, était-ce danser. La courtoisie a voulu que j’invite aussi la maman, l’ai-je bien sentie, se placer bien près de moi, avoir sa poitrine qui touche parfois la mienne et poser une main sur mon épaule puis se rapprocher encore, j’ai dû m’écarter pour qu’elle ne sache pas l’ignominie.

 

 

seins

                C’est gai, c’est élastique, je les ai un peu touchés.

 

Peloter, sucer, oui sans doute mais il doit y avoir un truc ou autre chose, un mode d’emploi car je ne vois pas ce qui est tentant.

 

 

raide

                Mon sexe se raidit souvent depuis longtemps déjà et je le flatte en pensant à des images floues.

 

C’est une de ces filles à qui je ferai l’amour, je me pencherai sur elle, la faisant fondre d’un regard et s’ouvrir large à ma queue raidie qui trouvera le chemin de son petit con, je la baiserai, je la baiserai, je la baiserai jusqu’à ce qu’elle crie, ( elles crient à ce qu’on dit. ) qu’elle se torde supplie épouvantée par ma puissance et subjuguée par ma force, je veux qu’elle meure de volupté dans mes bras, elle Jane moi Tarzan.

C’est un songe de chaque nuit durant laquelle à plat ventre sur le traversin, la main convulsée sur ma verge raide, je me répands en mille femmes sosies de Gina, de Sophia, de Brigitte. Baiser, cela veut dire quoi, au juste ?

 

 

pollution

            Pourquoi ai-je cru avoir imaginé l’inimaginable et plus ? Il n’y a pas de certitude quant à ces images troubles qui traversent quelquefois l’esprit ...

 

Je la regarde dans l’ombre, elle est nue maintenant, enfin, presque, vêtue uniquement de ses souliers, belle comme ça blonde brunie par le soleil du midi, et nue, je ne sais pas vraiment ce que cela veut dire puisque de femme nue je n’en ai entrevu que des morceaux : les aisselles d’Adrienne, les jambes de Madame Dustin, un concours de décolletés, une nuque dégagée, le ventre de ma mère  - en regardant par le trou de la serrure de la salle de bains. Elle s’agenouille devant moi, elle dégrafe les boutons-pressions du short, elle prend mon sexe dans ses doigts, elle le porte à sa bouche et me suce longtemps. Un sexe d’homme dans la bouche d’une fille. Je sais que cela ce fait et j’imagine assez mal comment, j’ai relu Cécile à la ferme.

Bon, encore de la pollution.

 

 

fièvre

                Je suis rongé d’images de Claude nue.

 

Sens comme je suis fraîche dit-elle, en ouvrant le manteau d’astrakan qu’elle a chipé à sa mère. Dessous, elle n’a que des dessous comme dans les fardes Gina Sophia Brigitte. Je vais t’enlever ta fièvre dit-elle en se couchant sur moi. Et comme elle veut m’embrasser elle s’écrie : Ouh pas ces microbes-là et elle vire, gire, pose sa tête sur mon ventre, prend mon petit robinet chiffonné dans sa bouche en murmurant que ces microbes-ci sont très bons pour sa santé. J’ai trop relu Cécile à la ferme. L’escargot s’étire, monte à l’assaut, s’émeut, et bave entre les lèvres de Claude.

 

 

première i

                Première image en short et la fente si visible, je suis damné.

La fissure constatée et les dessous de bras d’Adrienne et puis le sexe qui durcit, qui grandit. La bandaison ça ne se commande pas. Ça commence au lit, en général, la nuit, le plus souvent ou encore dans le bain ou à vélo ou tout simplement sur le banc de la classe de géographie, en écoutant la remplaçante de Mademoiselle Coffe qui parle en agitant sa poitrine et faisant voltiger sa robe.

Une fille simplement nue, voire même, une fille, simplement.

 

 

étendu

                Et qui me voit étendu nu sur la couchette, quelle chaleur.

Elle est pied nu, en jupe très courte et petite chemise rose sans manches. On voit ses seins à travers.

                Sein du latin sinus pli : partie du corps humain, depuis la base du cou jusqu’au creux de l’estomac... Ce n’est pas avec le Larousse du bord que j’en saurai plus.

Encore que deux lignes plus loin il parle des mamelles de la femme. Ça fait un peu vache, non ?

 

 

fente

                Je n’en peux plus de bander en regardant cette fente si peu vêtue.

Je me suis masturbé à en attraper des crampes ou des biceps de lutteur de foire, j’ai répandu du foutre partout et voila des taches ennuyeuses sur la photographie où elle est avec sa mère.

 

 

dame

                Ce matin-là, j’avais à faire dans la coursive.

 

Elle se lève, comme tous les matins sans doute, il est déjà tard mais je sais aussi qu’elle se couche tard. On sait tout à bord de tous, elle a laissé tomber la couverture, elle dort nue, et nue elle s’approche du hublot, regarde le soleil déjà haut, regarde la berge qui défile car nous sommes dans un petit canal juste avant d’arriver à la petite écluse qui nous mettra à l’abri des paquets de mer, Un énorme château d’eau un pâturage vert roussi une route rapide un garage, un petit coin vert, sont-ce des palmiers ...elle s’est retournée, elle m’a regardé et m’a dit bonjour, peut-on encore déjeuner... Jamais encore une femme nue ne m’avait demandé cela, pas vraiment nue, parce qu’en se retournant elle avait passé une lingerie bleu ciel du plus bel effet. Je bande encore plus qu’avant !

 

 

lettre ouv

                Quelques lignes d’une écriture pincée, où il est question qu’il ne sera plus question de rencontrer Claude, qui d’ailleurs va partir dans un pensionnat suisse, les meilleurs, et d’autres lignes plus ouvertes... reprenant des détails d’un courrier qui ne la regarde pas vraiment ...

 

Plus ouverte, c’est le cas de le dire, je vais lui écrire une lettre que je ne peux que poster en Europe, il n’y aura plus d’escale avant. Écrivons-là tout de même.

 

C’est bien délicat, dès le début, dirai-je Madame, ou Christine, puisque Christine il y a.

Je n’ai jamais encore écrit à une femme de colonel, pas même à une femme mariée, et je me demande même si j’ai déjà écrit à une femme de votre âge canonique - et déjà le vouvoiement est difficile.

Je ne sais pas non plus qu’écrire qui soit clair sans être impertinent et logique, mais où est la logique alors que les rapports homme-femme sont déjà si compliqués qu’il faille y ajouter une femme de plus.

J’ai lu avec attention votre courte lettre qui me fâche, qui me contrarie même, surtout lorsque vous y affirmez être ouverte.

Oserai-je dire, que vous ayant tenue très serrée une fois au moins, je suis effectivement persuadé que vous pouvez être ouverte, très ouverte, les jambes larges écartées, même et le tableau doit être bien joli, je me base sur la photo-scandale. Si vous ne vouliez pas que des marins se masturbent en regardant vos jambes, il fallait les couvrir. C’est donc dit et ne tournez plus vos mots pour essayer de suggérer, les hommes sont vulgaires, n’est ce pas et emploient des mots crus.,oui, c’est bien ce qu’il fallait lire, quelques uns et moi-même avons ressentis bien des émotions en vous contemplant et j’ai eu l’avantage sur les autres de ne pas ignorer tout à fait que la réalité dépasse la fiction et que vous êtes plus belle que votre image, oui.

J’aime bien Mademoiselle Claude votre fille, et ne vous en déplaise, si vous l’enfermez dans une pension sordide ou dorée, je la rejoindrai tout de même de temps en temps, essayez donc d’empêcher un jeune gaillard dans la force de l’âge de rejoindre sa dulcinée; c’est combattre les moulins, chère Christine, et si vous essayez vraiment, je serai bandit, voyou, voleur chenapan, je vous coincerai dans votre logement de fonction face au Rhin,entre deux portes ou contre un mur entre deux fenêtres, ne ricanez pas ou je vous arrache cette robe que vous auriez passée en entendant le coup de sonnette, vous seriez face au fleuve, le spectacle de vos divines épaules, de votre dos bronzé que ne barre aucune bretelle, de vos fesses un peu rebondies, à peine voilée par une microscopique culotte me rendra furieux, croyez-vous donc rivaliser avec votre propre fille ? Le rein, bel endroit n’est-ce pas, surtout quand j’y collerai la lance de Hagen, et que des deux mains j’explorerai votre ventre chaud, des doigts je ferai coulisser la culotte, courbe-toi fière Sicambre, il y aura même des voisins qui vous auront vue à la fenêtre et le confesseur et le colonel seront cocus.

Un velouté de marin dans l’eau de Cologne.

Au revoir ma belle, nous sommes tous comme ça, une fois que nous vous avons eue, nous vous quittons, c’est bien connu, ta mère ne te l’a pas appris ?

Au revoir donc

et ce n’est pas une boutade.

 

 

danseur

J’ai serré Mireille très fort mais je n’ai pas su tout à fait quoi faire, je n’ai dansé auparavant que dans des bals de village, des cafés de carabins et des caves pour jeunes étudiants, et si mal, était-ce danser. La courtoisie a voulu que j’invite aussi sa maman, l’ai-je bien sentie, se coller fort contre de moi, avoir sa poitrine qui s’appuie sur mon thorax, puis gigoter un peu en souriant. Comment n’a-t-elle pas pu se rendre compte de l’érection phénoménale que j’avais ?

 

 

coca

                C’est fou ce que Wenny était belle, elle est morte d’un cancer, le savez-vous ?

Nues, femmes, je vous ai tant imaginées, j’attends Mireille et si vous saviez quelle est mon impatience !

Et si vous saviez comme j’écoute les bruits de pas et comme je fouille l’horizon de la rue pour savoir si elle vient.

Et puis tout à coup, elle vient, elle se hâte.

Un soir soudain ce sera l’ouragan, le père déboule de sa luxueuse Studebaker où était-ce la mère, qui sort de sa Floride, gifles, pleurs, larmes, mots, le scandale de la fille des rues, le bourgeois qui désespère, la fille qui se sent étrangère de ses parents, protégée par la chaude présence de son amant.

                — Quitte ce voyou et rentre à la maison ...

                — Va ma chérie, c’est sans importance, je t’aime.

 

 

noires

                Sur les photographies de la compagnie de navigation.

Nos braves missionnaires sont passés par ici et ont apporté avec eux le dynamisme commercial des marchands de soutiens-gorge, on ne peut qu’imaginer la bonne ou la mauvaise tenue des poitrines noires sous les boubous colorés.

 

 

pompier

                Pourquoi rêvé-je toujours à l’inimaginable ? Il n’y a pas de certitudes quant à ces images troubles qui me traversent quelquefois l’esprit, quelquefois cela veut dire toujours et tout le temps ...

 

Je la regarde dans l’ombre, elle est nue maintenant, penchée sur moi étendu sur le divan, elle continue à sucer, la première fois, est-ce que je me rappelle bien, a-cet-été dans ce taxi ?

Il n’y a pas eu de taxi, il n’y a pas eu de pipe, fais-moi un feu est resté du domaine de l’imaginaire.

 

 

Maria

                Mireille nue n’est pas une femme nue, c’est Mireille. L’ai je vue ? Je ne crois pas, je l’ai admirée, contemplée, dévorée, mais jamais elle n’a été une femme nue. Elle a quitté mon horizon et je ne sais pas ce qu’est la poitrine des femmes, je ne sais pas ce qu’est le sexe d’une femme, je ne sais rien des femmes nues, Mireille, c’est Mireille et puis voici Maria, la première femme nue de ma vie, et je ne l’ai pas vue, noire dans le noir, il n’y avait rien à voir.

Au trou de la serrure ou chez la kinésiste, aux rayons ultraviolets pour la bonne santé, je n’ai pas compris vraiment la nature du spectacle, des cuisses sombres, blanches, un ventre poli, mat, un buisson noir fascinant, buisson. Huguette était accroupie à contempler le spectacle devant elle, dans l’herbe, elle, elle faisait pipi et ne m’avait pas vu ou n’avait rien manifesté et tout à coup s’était relevée, on lisait sur son visage le commentaire que ses lèvres ne disaient pas, j’ai été surprise, il m’a vue, il a vu sous ma jupe, c’est honteux, pourvu qu’il n’ait pas vu que j’ai remis ma culotte si vite qu’elle est maintenant mouillée.

 

 

chaleur

                Je ne parviens pas à dormir, il fait chaud.

 

J’ai trop chaud et le sang qui me bat les tempes, je glisse les mains jusqu’au bas de mon ventre et oserais-je te l’écrire, je saisis mon sexe et le masturbe jusqu’à ce que vienne ma liqueur d’amour.

 

 

photograph

                Entre Vénus et une jeune nymphe, la lutte est-elle égale ?

 

La fissure constatée et les dessous de bras d’Adrienne, la chemisette bossue, la culotte difforme et puis le sexe qui durcit, qui grandit. La bandaison ça ne se commande pas. Ça commence au lit, en général, la nuit, le plus souvent ou encore dans le bain ou à vélo ou tout simplement sur le banc de la classe de français en regardant les cuisses serrées de Nicole.

Des détails d’une fille simplement nue, voire même, une fille, simplement.

A quoi servent les photos ?

 

 

femme prés

                Maria n’a eu d’initiatrice que le nom, encore que personne n’a su qu’elle était la première - sauf peut-être elle, l’entrée secrète était située quelque part dans le noir, entre les jambes, cela ne semblait même pas pareil à la petite bouche de Mireille.

 

Maintenant, elle est là, celle que je vais planter droit, sans détour, sans recherche géographique ou philosophique, je bande, j’ai une trique de bronze, d’acier, je suis Superman et debout sur ses seize ans, elle m’attend, la taille serrée par une large ceinture, sans timidité et je l’espère, sans culotte.

 

 

rencontre

                Je l’avais aperçue dans le quartier, lorsqu’avec Albert et Trudy nous étions allés une première fois au cinéma à Time Square.

 

Elle venait d’emménager par ici. J’ai porté son filet à provisions, j’ai obtenu un rendez-vous en compagnie d’Albert et de Trudy, au cinéma, un deuxième, un troisième, Trudy a seulement dit qu’elle faisait jeune lorsque la troisième fois je l’ai embrassée et je lui ai caressé les seins. Elle frémit puis nous sommes allés chez elle, je l’ai renversée sur son lit, l’étourdissant de baisers et de mains exploratrices et convaincantes, je lui ai enlevé sa culotte, une belle petite culotte rose festonnée et toute propre, je l’ai regardée un moment, survolant sa petite mousse blonde de mes lèvres, j’ai touché puis entrebâillé les siennes sur son monde secret, sur un monde secret, sur le centre du monde, sur la femme. Elle n’a dit que :

            — Sois délicat.

Et puis,

            — Merci.

 

 

en elle

                Je n’ai rien senti de particulier dans le corps de Maria, pas non plus dans celui d’Isabella.

 

Fabuleux et divin, j’ai plongé mon sexe dans le sexe chaud d’une fille. Je ne regarde plus le calendrier des postes avec le même regard et personne ne voit rien dans mes yeux. Et pour les filles, c’est pareil, elle marche dans la rue à votre rencontre, à quoi peut-on voir qu’elle a déjà dit à un monsieur : oui, monsieur, oui, avec votre bite bien droite, venez donc dans mon petit trou. Ainsi donc, cela ne se voit pas ! Quelles cachottières ! Mais alors, elles peuvent tricher comme elles veulent ? Oui mais nous aussi, match nul.

 

 

crème fraî

            Pourquoi ai-je cru avoir imaginé l’inimaginable et plus ? Il n’y a pas de certitude quant à ces images troubles qui traversent quelquefois l’esprit ...

 

Je les regarde dans le petit living-room, elles sont nues maintenant, enfin, presque, l’une vêtue uniquement de ses souliers, ses cheveux et un petit slip de nylon rose, l’autre belle uniquement parée d’un chemisier lui laissant le ventre nu, les fesses à l’air, les jambes bien dégagées, avec une touffe blonde, La plus âgée s’agenouille devant moi, elle dégrafe les boutons-pressions du short, elle prend mon sexe dans ses doigts, elle le porte à sa bouche et me suce longtemps. Un sexe d’homme dans la bouche d’une fille. Je sais tout le bien que cela me fait et je vois le regard de l’autre sur la bouche déformée de sa soeur. C’est revitalisant

Bon, encore de la pollution.

 

 

deux soeur

                Première image de filles nues, pas des actrices, pas des stars de papier, des copines à moi, je suis damné.

 

Les sexes sont bien visibles enfin, c’est tout comme, on voit ce que l’on a envie de voir n’est ce pas et puis le mien de sexe qui durcit, qui grandit. La bandaison ça ne se commande pas. Ça commence au lit, en général, la nuit, le plus souvent ou encore dans le bain ou n’importe ou n’importe quand.

Une fille simplement nue, voire même, une fille, simplement.

 

 

toute nue

                Sans vêtements du tout, sans robe, sans combinaison, sans chemise, sans jupon, sans soutien-gorge, sans culotte  ? Nue, les femmes ne sont belles que nues.

 

Trop jeune, trop jeune ? Elles ne se gênent pas l’une et l’autre pour se montrer là-bas au flat et ici dans mes rêves même les plus sages et en très petites tenues et sans tenues du tout, spectacles émouvants de paires de fesses qui s’encourent vers la salle de bains à mon arrivée, ou vers la chambre. On ne peut pas interdire aux garçons de rêver aux filles et d’y rêver nus, lui nu elle nue elles nues. L’autre nuit, elle est entrée dans la cabine, Albert était de quart, Max et Négrolli dormaient (ou faisaient semblant), elle avait revêtu une de mes chemises de marin à col carré qui lui descendait sur le haut de la cuisse et lorsqu’elle s’est approchée, l’autre est arrivée toute nue, la première alors a grimpé dans la couchette et m’a chevauché.

J’ai lu l’amant de Lady Chatterley, il parle d’un certain John Thomas, non ?

 

 

température

                Je suis rongé d’images de mes deux amantes toutes nues.

Sens comme je suis fraîche dit-elle, arrivant de la salle de bains enroulée dans un essuie éponge gigantesque tandis que sa soeur arrive de chez le pharmacien, elle entrouvre son imper et dessous, elle n’a que des dessous. Je vais t’enlever ta fièvre dit l’une en se couchant sur moi. Et comme elle veut m’embrasser l’autre s’écrie : On va lui faire cracher tous ses microbes ! elle prend ma verge endormie qui s’énerve tout de suite et secoué comme un prunier par la tempête, la voila qui se met à envoyer sa liqueur au quatre cent mille diables.

 

 

très chaud

                Je ne parviens pas à dormir, il fait chaud.

 

J’ai trop chaud et le sang qui me bat les tempes, je glisse les mains jusqu’au bas de mon ventre et je les pose sur mon sexe qui devient instantanément dur comme de l’acier. Attend, garçon, on va te faire reprendre des proportions normales !

Hop, encore de la pollution !

 

***

 

 

 

FIN

15:46 Écrit par Provisoirement personne dans Amour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

23.10.2006

Tintin et le centenaire " Hergé"

    Les amis de Tintin annoncent ...

Centenaire de la naissance de Hergé oblige, l'activité éditoriale sera particulièrement importante en 2007 dans le monde de Tintin.

Les Éditions Moulinsart annoncent:

Catalogue de l'exposition Hergé au Centre Pompidou

Tchang et Hergé : publication liée à l'exposition au Centre Pompidou

Une heure avec Hergé : album DVD du best of des meilleures séquences audiovisuelles

Biographie littéraire par Philippe Goddin

Biographie illustrée par Philippe Goddin

Catalogue de l'exposition Hergé et l'Art au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles

Guide complet sur Hergé et son œuvre par Philippe Melot et Jean-Marc Embs

Biographie internationale par Michael Farr

Tintin et Compagnie (les 12 personnages principaux, de Tintin à Müller) par Michael Farr

Début de Chronologie d'une œuvre en version internationale

Tome VI de Chronologie d'une œuvre par Philippe Goddin

Les Éditions Casterman ne seront pas en reste avec :

La suite et la fin de la collection complète des aventures de Tintin en version fac-similé des premières éditions couleur.

Un programme dialectal particulièrement étoffé avec, pour la Belgique, des sorties prévues en flamand d'Ostende, en wallon de Charleroi et en bruxellois francophone. Dans le reste de la francophonie sortiront deux traductions régionales en France (alsacien et picard du sud), une traduction en Suisse romande (région de Gruyère), une traduction franco-suisse (arpitan) et enfin une première traduction en québécois.

Le troisième volume des Dossiers Tintin, coédités avec Moulinsart, clôturera le programme de l'année 2007 : après L'Île Noire et les deux albums de la Licorne, c'est à la paire du Temple du Soleil que ces dossiers seront consacrés.

10:43 Écrit par Provisoirement personne dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : tintin, herge |  Facebook |

07.10.2006

Ecrivains

Beaucoup d'entre vous se demandent si Ecrits...Vains? vit toujours après
près de trois mois de silence.
Non, le serveur n'est pas en rade... mais la webmestre et rédactrice en chef
l'a été un bon moment.
Je m'en excuse auprès de vous lecteurs et auteurs comme je m'en suis excusée
auprès de mes inestimables et si indulgents chroniqueurs.
Ces jours prochains devraient mettre fin à votre attente avec un nouveau
numéro tout beau tout gras.
Je vous demande donc encore quelques grammes de patience avant de vous
laisser à nouveau emporter par les mots de nos auteurs et de mes
collaborateurs.

A tout bientôt

Anita Beldiman-Moore
Ecrits...Vains?
http://www.ecrits-vains.com
Revue littéraire et site éditeur

05:07 Écrit par Provisoirement personne dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

05.10.2006

Tintin n'est pas celui que l'on croit ...

mais ne peut se défaire facilement de sa bonne éducation ...

 

vig

 

08:10 Écrit par Provisoirement personne dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rue du lombard |  Facebook |

25.09.2006

Oublication ...

Publication reportée du Musée, à l'an prochain ...

Lectures anciennes :

(publications signées Xian)

LES NERVIENS

HALTE AU FEU

SUD NORD SUD

BRIGITTE

LETTRES DE MER

EROS ENFERME

DE LA DENTELLE AU BORD DE LA CULOTTE

USAGE ET PRATIQUE DU BOUTEUR ET DE LA CHARGEUSE

INADAPTATION SOCIALE

EQUIPE 610 EVOLUTION DU MARCHE ET DE NOS ACTIVITES

START UP

GRAND CONCOURS

C’EST LOIN L’AMERIQUE

ILS LISENT TOUS NOTRE JOURNAL

ERASME-MAGAZINE NOEL

SPECIAL SAINT VALENTIN

POM’ D’AMERIQUE

ERASME-MAGAZINE

AGE TENDRE ET CREDULITE

ET SI PAPA AVAIT RAISON ?

LES FILLES DE PAPIER

VACANCES

LA RENTREE

QUE PENSEZ-VOUS DE LA PUBLICITE ?

TOUT CE QU’ON N’A JAMAIS OSE VOUS MONTRER

JOYEUX NOEL

ASSURANCES

RAPPORT D’ACTIVITES

L’AME DES POETES

N’ABIMEZ PAS LES FEUILLETS

CECI EST VOTRE MAGAZINE

LES PTT

LA CLE DE VOTRE REUSSITE

LES CAJUNS

LES GRANDES VACANCES

TILLEUX

POURQUOI L’EJJT A L’ETSE

VOUS ETES REFLECHI

ON EST RENTRE

HUMIDITE

LES DANS EN JUJUTSU

KING GEORGE ANDRE ET CHRISTIAN

LE STAGE DE LYON

VA MON BATEAU

IL YA TRENTE ANS LE 1ER CLUB DE JUDO EN BELGIQUE

SUPERWOMAN

DISPARITION D'ANTIROUILLE

SACRIFICES ET BATONS

LE SALUT DU BUDOKA

AMIDAM 80

DEGAGEMENTS DE POIGNETS

LES DIPLOMES DE LA KOGOR

KATAS FORMES MERES

COLLEGE NATIONAL DES CEINTURES NOIRES

LE GOSHINDO

MON JUDO   (aide-mémoire)

VINGT ANNEES DE PRATIQUE

MOSCOU 80

AIDE MEMOIRE JUJUTSU

SECOUSSE SISMIQUE A L'AMIDAM

EURO GOSHINDO

ILGI

MARGINAL

LE JOURNAL

VALERA

SAINT VALENTIN 81

WELCOME TO DUST

L'ENSEIGNEMENT DE L'IGNORANCE

CEUX QUI SAVAIENT MOURIR

CHANOYU

JUJITSU FEMININ

VERS LA SAISON 81-82

LA REUNION DU 31 EST SUPPRIMEE

DISSOLUTION AMIDAM

VOYAGE AU JAPON

TRAVAILLONS EN COMMUN

DANGER HAUTE TENSION

AUTO-DEFENSE CHEZ SOI

UN GRAND MAITRE N'EST PLUS

BUDOKI GOSHIN JITSU

KOBUDO

LE PETITE DETENTE NOUVEAU

UN ENNEMI A VAINCRE

LE SOUFFLE DE L'AEROBIC

OUVRIR SON CLUB

NOUVELLES DES FILLES DE PAPIER

MAIGRIR SANS SE PRIVER

DES SEINS PLUS FERMES ET MIEUX GALBES

HARD CORE

ARRETEZ DE JUGER

DEVELOPPEZ LE CHARME DE VOS SEINS

WENDO

LES MAINS

L'EAU, UN PRODUIT DE LUXE

ARMES DES ARTS MARTIAUX

LE NARCISSISME

JEUNESSE ETERNELLE

NOUVEAU MOI

NOUVELLE SAISON

QUI M'AIME ME SUIVE

UN TAS DE MOT DANS UN FORMAT DE POCHE

MAITE

PASSEPORT SANTE

BEAUTE - SANTE

UN SUPPLEMENT D'AME

JOY DOBSON

KUNG FU COMBAT

ABC BUDO AIKOKAI

LE PETIT LOUP

SUPERTRIM

TAI SABAKI (SAVOIR SE DEPLACER)

LA PRISE DE CONSCIENCE DU CORPS

GUIDE DE L'EMPLOI

MAITRISE DU CORPS

UKEMI (SAVOIR TOMBER)

TAIKYOKU-NO-KATA

HANCHES ET TAILLES FINES

PACHINKO

LE JUDO

MONT SAINT GUIBERT

LA GYM SANS LA FRIME

LA STAR BEBE

L'ETE DURE DOUZE MOIS

POEMES A NAUSICAA

SELF DEFENSE PRATIQUE

LE VOYAGE INFORMATIQUE

RESTER SVELTE

NOUVELLES STRUCTURES 1985

LE GOSHINKAI DE FRANCE

TADASHI ABE

LIBERTE DES STYLES

BONHEUR SEXUEL

BUDO CULTURE

ENERGIE DISSIMULEE

MUSCULATION EPAULES BRAS

KUATSU ET SHIATSU

DE JOLIES POUPEES

ROLLOTRON

DE BELLES JAMBES

MUSCULATION JAMBES CUISSES

VIDEO BUDO CLUB

GYM SOUPLESSE

ANNONCES PHOTOS CONTACTS

ANNUAIRE DE MODELES

MAGNETO  X

CINE CLUB CHEZ SOI

WENDO - TROISIEME

BUDOKI ET INFORMATIQUE

 AU FUTUR

INITIATION AU KOBUDO TROISIEME

LES COUPS FRAPPES

ELOGE DE L EROTISME

TEENAGE SEX

ANNUAIRE DE MODELES MANNEQUINS FIGURANTES

DE JOLIES POUPEES DEVETUES

NOUS VENDONS NOS PHOTOS

EDUCATING JULIE

COPAINS, COPINES A L’IMPRIMERIE

DEMAIN LES VACANCES

TECHNIQUES D'ATEMIS

LE COURAGE

RENCONTRES DANS LA COMMUNAUTE

TARIF DES SERVICES DU BUDO AIKOKAI

COPAINS, COPINES CHEZ MAITE

FINIES LES VACANCES

LES SEPT SECRETS CHINOIS

LA MAITRISE DU SUBCONSCIENT

CINQ SENS POUR QUOI FAIRE

COMMENT ACQUERIR DU COURAGE

SURMONTER SES COMPLEXES

ANNUAIRE DES MANNEQUINS

LES AVENTURIERS DE L EROTISME PERDU

BUDORIENT

FILLETTE VICELARDE POUR CHIEN EN RUT

LE DECLENCHEUR

COMPLEMENTS AUX ARTS MARTIAUX

FORMES DE RELAXATION

DIGITOPRESSURE

EQUILIBRE ALIMENTAIRE

CADEAUX ET BONNES AFFAIRES

LATEX SADO MASO

LE COMBAT DU YN ET DU YANG

DE LA TECHNIQUE A LA VOIE

TECHNIQUES DE JAMBES

ANNONCES PARTICULIERES

LE DOJO

CUIRS

 LE COURRIER EST TRAITE

RENCONTRES

MIAMI PLAYA

DESSOUS FRIVOLES

LA CASSETTE AUDIO

RETOUR DE L EMMERDEUSE

MARS 87

LA PETITE DEBUTANTE

APHRODISIAQUES

BOOKSHOP

LE PETIT MENSONGE ILLUSTRE

LE RAYON DE SOLEIL

ANNONCES COQUINES

EROTIQUES ET SATANIQUES

AIDE MEMOIRE AIKIDO

KATAS DE JUJUTSU

SPORT ET SEXUALITE

HOLD-UP A LA GENERALE

WILSON ET LES FILLES

LA COLO

ECRIS-MOI DES ILES

REINE DE PAPIER

NOUVELLES DE FILLES (FILLES NOUVELLES)

UN AMOUR DE POMME

L’INSPECTIREUR DE POLICE

JU JITSU TECHNIQUES ET ENTRAINEMENT

LES RUINES DU PASSE

BONJOUR SOPHIE

MADEMOISELLE BUSTE

BOURSE ET INFORMATIQUE

PRINCIPALES ASSURANCES

KUMI  KATA

UNE CEINTURE JAUNE DE PLUS

ECRIS-MOI

ECHO DE SCHNEIDER

MARIA ou les neuf terriers

AUTODEFENSE JUDO

TENDANCES 93

LA VIE A ERNAGE

DYNEWS

LE DOIGT SUR LA PETITE DETENTE

TOURNOI

UN REVE AVEC JACQUES BERGIER

 GREEN PARK ADIEU JEANNE

INVESTOR

HYDROSTOP

ALCHIMIE DU MOUTON

CENT

BIEN DANS SA TETE

INTER GEMBLOUX WAVRE

LES TERRASSES DE SAINT HONORAT

JUDO A MARANSART

HISTOIRE JUDO KODOKAN (PRESENTATION)

HISTOIRE JUDO KODOKAN (OFFRE)

PLUME ALERTE

JU JITSU MODERNE EN LIVRET DOUBLE

LE SANG QUI TUE

WASSEIGES + l'île

LE SABLE

TARIF

L’ECOLE DE SOPHIE

ARMLOCKS

LA CROISIERE NOIRE

NADINE

LA FETE CHARNELLE

SABLE 95

TARIF VEMAT 1995 (édition néerlandaise publiée le 17/03)

BLANCHE NEIGE

LA RAVISSANTE

GRAFITTI

EXPO 58

CHRISTINE MALODO

LE GROS CUBE

UNE GESTUELLE CONTRE L'ALIENATION SOCIALE

ETE 95

OLERON ET LOIRE

CATALOGUE MANU

KISS

MANNEQUINS

PERSONNAGES

DESSOUS FRIVOLES

AKPALLUS + DYN DIARYBOOK

HIVER 95-96

LA SECRETAIRE

LA COLERE DE DIEU

REGARDS SUR ISA

PILOU

DYN FORMATION

SOUVENIRS DE BRIGITTE

UN MOIS DE JUILLET

LES TECHNIQUES DE MINORU MOCHIZUKI

HALTE AU FEU, MON LEUTENANT

CONVERSION

IPSO FACTO

RIEN D’EXCEPTIONNEL

COMMENT NE PAS ETRE PESSIMISTE

MOINS TRENTE-SIX

REALITY SHOW

MILLE JOURS

LES NEUF BOULES

FETE DES PERES

BOULEVARD DES STARS

LE CASSE-TETE DE LA DROGUE

MANGA

L'AVENTURE ONIRIQUE D'UN MANGEUR DE FRITES AU PAYS D'HYPOCRISIE

A GAUCHE SUR COUR

LYDIA LA ROMAINE

SHEILA

CUIRS ET PEAUX

DU RIRE AU FOND DES YEUX

LA RIVIERE

LE REFUGE DU REQUIN

NEWPOM

LA GUERRE DU GOLFE

LE KATANA

DEFENSE CONTRE ARMES A FEU

AUTOUR DE CHEZ MOI

ACTION DIRECTE

LADY X

PRINTEMPS VIVANT

AVRIL NE TE DECOUVRE PAS D UN FIL

VIVANT

VIVRE VIVANT

HISTOIRE JUDO KODOKAN

TECHNIQUES JU JUTSU DEBUTANTS

LA LAME DU COUTEAU

LA FIN DU MILLENAIRE

DEUX MILLE

IMMOBILISATIONS DE JUDO ET DE JU-JUTSU

BATIBOUW

LE NOUVEAU TINTIN EST ARRIVE

CITYBULLE

CHOCOLAT

VACANCES D'UN AUTRE SIECLE

QUARANTE ANNEES DE SERVICE

ILS L ONT FAIT AVANT MOI

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C'EST LE PRINTEMPS

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HENRI EN VACANCES

MILLE ET UNE NUITS DE HENRI

 

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11.07.2006

Le 25 aout prochain ...

18:56 Écrit par Provisoirement personne dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

05.07.2006

Mille et une nuits d'héroïnes de papier ...

Vue sur une ville flamande ...

 

05:30 Écrit par Provisoirement personne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

22.06.2006

Quel con ! Je vais aller tchatter avec mes copines...

16:20 Écrit par Provisoirement personne | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note |  Facebook |

15.06.2006

Le média qui "écrase" et fait peur...

TROIS MILLIONS D'INTERNAUTES ONT CREE UN BLOG AU 1ER TRIMESTRE

Plus de trois millions d'internautes, soit 12% des utilisateurs du web en France, ont créé un blog au 1er trimestre, selon une étude publiée jeudi par Mediametrie. Plus de sept millions d'internautes consultent chaque mois un blog et quatre millions d'entre eux laissent leurs impressions aux auteurs de ces journaux intimes électroniques ou chacun peut s'exprimer à sa guise par l'écrit ou par des enregistrements audios et videos.

15:36 Écrit par Provisoirement personne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

14.06.2006

Redite ...

Sleon une édtue de l'Uvinertisé de Cmabrigde, l'odrre des ltteers>dnas un mtos n'a pas d'ipmrotncae, la suele coshe ipmrotnate est>que la pmeirère et la drenèire soit à la bnnoe pclae. Le rsete peut>êrte dnas un dsérorde ttoal et vuos puoevz tujoruos lrie snas>porlblème. C'est prace que le creaveu hmauin ne lit pas chuaqe>ltetre elle-mmêe, mias le mot cmome un tuot.

 

Ce ne sont pas seulement les mots qui diffèrent d'une langue à l'autre, ce sont aussi les idées qu'ils traduisent, les façons de penser et de dire.

 

07:03 Écrit par Provisoirement personne | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note |  Facebook |

10.06.2006

Les pensées de Sylvette

 

Tu vois, le samedi, terrible, c’est chaque samedi.

Terrible, tu comprends, samedi, parfois, il y en a qui disent sabbat.

Les pensées terribles de Sylvette chez : Je m’appelle Henri

 

 

08:28 Écrit par Provisoirement personne | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note |  Facebook |

08.06.2006

Dernière pensée ...

16:24 Écrit par Provisoirement personne | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note |  Facebook |

07.06.2006

Pensées, voire réflexions ...

 

18:23 Écrit par Provisoirement personne | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note |  Facebook |